Soros vs Bolloré

SOROS, LA FRANCE ET LA GUERRE CONTRE L’AFRIQUE : LA NOUVELLE RUÉE VERS L’AFRIQUE (PREMIÈRE PARTIE)

Soros, la France et la guerre contre l’Afrique : la nouvelle ruée vers l’Afrique (première partie)

PAR WILL SUMMER LE 7 FÉVRIER 2019 3 )

Première partie d’une série de six articles

Par Gearóid Ó Colmáin, le 5 février 2019

Le Vice-Premier Ministre italien Luigi Di Maio a récemment accusé la France de profiter de l’exploitation de l’Afrique, tout en négligeant de contribuer à l’économie du continent – une perception négative de la politique étrangère française largement partagée parmi les Africains.

Cependant, s’exprimant en 2017 à propos d’allégations de corruption visant le candidat à l’élection présidentielle française François Fillon, l’ancien président de l’ONG « Transparency International » Daniel Lebègue affirmait qu’il s’opérait alors en France un « changement de culture ». Dès lors, plaidait-il, les citoyens ne toléreraient plus la corruption quelque forme que ce soit. Il en donnait le crédit à son organisation.

L’histoire de l’engagement français en Afrique depuis l’indépendance de celle-ci est une véritable fosse septique de corruption. Au cours de la Guerre Froide, les dirigeants qui favorisaient le développement national plutôt que les intérêts corporatistes des élites parisiennes se voyaient régulièrement dénoncés comme agents soviétiques, pour ensuite être renversés. De nos jours, les agences internationales anti-corruption opèrent aux plus hauts niveaux de la gouvernance mondiale.

Mais qu’en est-il, si ces agences anti-corruption sont elles-mêmes à la racine d’une corruption beaucoup plus profonde en ce monde ? Dans les termes de Juvénal, « quis custodiet ipsos custodies » – « qui garde les gardiens ? »

Le 26 janvier, un mandat d’arrêt international fut émis par le gouvernement de la Guinée Équatoriale à l’encontre de Daniel Lebègue et de l’Avocat français William Bourdon. Les deux hommes sont accusés de terrorisme. Dans toute démocratie fonctionnelle, ce mandat d’arrêt aurait atteint les gros titres, eu égard à la gravité des accusations. Hélas, hors un bref commentaire de Radio France Internationale, la nouvelle a été largement ignorée par les médias français.

Daniel Lebègue – Image PRODURABLE/YouTube

De quoi donc le gouvernement de Guinée Équatoriale accuse-t-il ces hommes ? Existe-t-il des preuves pour étayer leurs allégations ? Se peut-il qu’il existe une conspiration du gouvernement français et d’agences internationales, visant à déstabiliser certains gouvernements africains ? Quelles seraient les implications géopolitiques et culturelles d’une telle conspiration ?

Tandis que des accusations de terrorisme sont proférées contre des magistrats et des politiciens français de premier plan, Vincent Bolloré, le « tout-puissant » capitaine d’industrie français qui contrôle la majeure partie de l’Afrique, fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour corruption. Au contraire des mandats d’arrêt extrêmement sérieux et à peine rapportés dans les médias pour terrorisme contre Bourdon et Lebègue, les accusations dirigées contre Bolloré pour avoir corrompu des officiels africains reçoivent une couverture médiatique exhaustive. Y a-t-il un lien entre les deux histoires ? Je vais démontrer que c’est bien le cas, et la compréhension des raisons derrière ce fait nous permettra de projeter le développement probable de la politique africaine de la France dans le proche avenir.

Le nom de Vincent Bolloré est devenu un synonyme de la « Françafrique », un terme péjoratif employé pour désigner les relations incestueuses des élites africaines corrompues avec leurs homologues français. C’est une situation qui a perduré depuis la décolonisation des années ’60. L’industriel français est propriétaire de la plupart des ports d’Afrique de l’Ouest et a lourdement investi dans les transports, les nouvelles technologies, les médias et la production cinématographique.

Vincent Bolloré – Image Wikimedia

Mais ces dernières années, l’empire africain de Bolloré a commencé à décliner, et nombreux sont ceux qui prédisent désormais le début de la fin pour le prodigieux milliardaire français. Les rapports médiatiques accusent la magnat de « corruption » dans l’obtention de concessions portuaires africaines, et des manifestations à Paris contre la « Françafrique » se sont muées en manifestations contre Vincent Bolloré. Il est accusé de soutenir des dictateurs africains qui volent et oppriment leurs peuples. Bolloré a même été placé en résidence surveillée.

Vincent Bolloré est-il réellement responsable de tous les maux de l’Afrique ? C’est certainement un capitaliste impitoyable dont l’influence sur des politiciens français a promu ses intérêts africains. Vu son rôle pré-éminenten Afrique au long de nombreuses interventions françaises sur place, son dossier à charge pour corruption est peut-être beaucoup plus sérieux que les accusations auxquelles il est à présent confronté. Mais je vais plaider qu’il existe un autre réseau de milliardaires qui veulent détruire Bolloré et que leur agenda social, politique et culturel est plus néfaste pour l’avenir de l’Afrique que l’est celui de Bolloré. Ces milliardaires sont en train de fomenter l’opprobre public contre Bolloré tout en se servant d’une vaste galaxie bien organisée d’ONGs et de réseaux de la société civile dans le but de démanteler l’empire africain de l’oligarque français – des manœuvres à même de plonger plusieurs états africains dans le chaos. À la tête de cette entreprise internationale se trouve le milliardaire des fonds de pension, le « philanthrope » George Soros.

Afin de comprendre les raisons de ces événements, nous avons besoin de prendre en compte l’importance économique et géopolitique de l’Afrique pour les grandes puissances et, ce qui est encore plus important, pour les oligarques mondialistes qui les contrôlent. Nous examinerons ensuite trois pays africains en particulier, nommément la Guinée Équatoriale, la Guinée et le Togo, où les élites mondialistes mènent une guerre hybride employant des outils juridiques, idéologiques, médiatiques et militaires avec comme objectif de déstabiliser ces gouvernements. En réalité, toutefois, presque toutes les nations d’Afrique sont la cible de ces élites. Si leurs efforts réussissent, le chaos ne se limitera pas à l’Afrique ; il traversera la Méditerranée jusqu’au cœur de l’Europe, aggravant une crise migratoire qui est déjà hors de contrôle.

Les états africains n’ont aucune légitimité

Le récent commentaire du Ministre des Affaires Étrangères français Jean-Yves Le Drian, prêtant un caractère frauduleux à l’élection du Président Félix Tshisekedi en République Démocratique du Congo (RDC) est un autre exemple poignant du refus par la France et par l’UE de respecter la souveraineté des états africains. Dans la période précédant les élections en RDC, les médias européens avaient clairement favorisé Martin Fayulu et, par conséquent, il n’était guère surprenant d’entendre parler d’allégations de fraude dans le sillage de l’élection de Tshisekedi.

Seules des agences internationales approuvées par les élites occidentales disposent de l’autorité pour annoncer le vainqueur d’une élection en Afrique. L’objectivité de ces agences n’est jamais remise en doute. La souveraineté des états africains est invariablement ignorée, à charge que les pays d’Afrique sont incorrigiblement corrompus et donc incapables de se gouverner eux-mêmes. Cette attitude profondément raciste et condescendante envers l’Afrique transpire à travers tous les médias mainstream. L’attitude néocoloniale de l’UE et des USA contraste radicalement avec le respect de la souveraineté et du droit international observé par la Russie et par la Chine. Il ne faut donc pas s’étonner qu’en conséquence, ces pays accroissent leur influence en Afrique.

Tous les experts s’accordent que l’Afrique figurera parmi les grandes puissances du 21ème siècle. Il est par conséquent inévitable que les grandes puissances se battent pour le contrôle des abondantes ressources du continent. Les USA, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, le Brésil et la Turquie sont en compétition pour l’obtention de contrats dans ce que beaucoup appellent désormais la « nouvelle ruée vers l’Afrique ». Mais quel est le rôle joué par la France dans la nouvelle lutte géopolitique sur le continent ?

Tandis que la Chine et les USA approfondissent leur engagement en Afrique, le statut futur de la France en tant que « Grande Puissance » dépendra de sa capacité à poursuivre une politique africaine indépendante des USA ; une politique qui ferait la promotion de la stabilité et de la continuité des gouvernements, de prêts favorables pour la construction d’infrastructures et pour le développement technologique ; ainsi que la promotion de la Francophonie comme espace culturel et civilisationnel bénéfique à la fois pour la « Métropole » et pour les pays francophones. Mais par-dessus tout, une politique dotée du respect de la souveraineté des états africains et promouvant la culture permettrait à la France d’acquérir du « soft-power » en Afrique – au bénéfice des entreprises françaises comme africaines.

La cauchemar mondialiste de la France

Hélas, le contrôle de l’économie française aux mains de financiers internationaux empêche le gouvernement de développer des politiques domestiques et étrangères cohérentes à même de servir l’intérêt à long terme du public. Les créanciers et détenteurs de titres de l’économie française encouragent une immigration de masse en provenance d’Afrique afin de réduire le coût du travail en Europe et pour diluer le désir de la population de ses pays pour une gouvernance patriotique ; tout en arrachant le pouvoir politique à la France pour le donner à l’Union Européenne, aux États-Unis d’Amérique et aux Nations-Unies. De façon à susciter une immigration massive, les pays africains doivent être maintenus en état de soumission aux intérêts de l’élite mondialiste internationale. Le résultat de cette politique est l’appauvrissement de la France et des pays francophones d’Afrique.

Dans ses livres « The Pentagon’s New Map » [« la nouvelle carte du Pentagone », NdT] et « Blueprint for Action » [« schéma pour l’action », NdT], l’ancien stratège du Pentagone Thomas Barnett plaide que la politique étrangère US consiste à garantir un flux constant de migrants en provenance des pays d’Afrique vers l’Europe, où ils doivent être encouragés à mélanger leurs gènes avec ceux des Européens. De plus, Barnett avance que les diasporas venant des pays d’Afrique vers l’Europe peuvent facilement être manipulées par le biais d’un soutien en faveur d’aventures militaires dans ces pays, au nom des droits de l’homme et de la démocratie.

Tout ceci fait partie de la théorie des « cinq flux de la mondialisation » : le libre flux de l’argent, des êtres humains, de la sécurité, de l’énergie et de l’alimentation. Selon le dogme néolibéral, tous ces flux doivent favoriser les intérêts du capitalisme monopolistique.

Depuis la chute du Mur de Berlin, l’un des principaux aspects de la mondialisation a été la prolifération d’ONGs internationales. Des milliers d’ONGs opèrent en Afrique et sont souvent employées comme couverture pour des opérations militaires secrètes. Au cours de la Guerre Civile Nigériane (1967-1970), la France soutenait l’état sécessionniste du Biafra tandis que les USA, le Royaume-Uni et l’URSS soutenaient le gouvernement nigérian. Un jeune médecin français nommé Bernard Kouchner fut accusé d’instrumentaliser les ONGs humanitaires à des fins de propagande de guerre. La géopolitique complexe et l’engagement militaire français dans ce conflit furent ignorés par les médias français ; en lieu et place, des cris dénonçant le « génocide » furent utilisés pour justifier le soutien français en faveur des séparatistes biafrais.

L’aile gauche de la Loge Franc-Maçonnique du Grand-Orient de France fut accessoire dans l’appel à l’intervention humanitaire française, tandis que des rabbins évoquaient au public français les périls d’un autre holocauste. Une nouvelle forme de guerre venait d’être inventée, où les droits de l’homme et les thèmes humanitaires allaient fournir une couverture aux intérêts militaires et géopolitiques, le tout relayé par des médias soumis.

Depuis 2010 la France a mené une série d’interventions militaires en Afrique : en Côte d’Ivoire en 2010, en Libye en 2011, au Mali en 2012 et en République Centrafricaine en 2013. Pour chacune de ces interventions, les agences de renseignement de l’OTAN et des forces spéciales furent accessoires dans la provocation de troubles internes devant servir de prétexte à une intervention et à un changement de régime.

L’éviction du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a laissé ce qui était le plus riche pays d’Afrique dans le chaos, 8 ans après la guerre. Des ONGs comme la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont joué un rôle-clé dans la justification de la campagne de bombardement de l’OTAN en Libye. L’organisation a fourni de fausses informations concernant le massacre de civils par des mercenaires travaillant pour le Colonel Kadhafi et le bombardement de civils par l’armée de l’air libyenne ; de fausses informations qui furent utilisées comme prétexte pour justifier une zone d’exclusion aérienne.

Des ONGs « respectables » telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch ont également été complices dans la création d’un consensus médiatique selon lequel le Colonel Kadhafi « tuait son propre peuple ». L’ancien Ambassadeur de France en Libye Christian Graeff informa France Culture en octobre 2011 que les mensonges et la désinformation des médias français pendant la guerre étaient si graves qu’ils en étaient devenus une « sinistre et méprisable farce ».

Les interventions françaises ont provoqué une énorme vague d’immigration vers l’Europe. Des pays comme la République Centrafricaine restent sous le contrôle de milices, pendant que la Libye demeure dans le chaos.

De nombreux politologues pensent que les puissances occidentales ne déstabilisent pas les pays en voie de développement car les investisseurs ont besoin de paix et de stabilité. Il est vrai que la plupart des industriels désirent la stabilité. Par exemple, l’industriel français Vincent Bolloré a profité de la stabilité relative des pays d’Afrique de l’Ouest où ses entreprises sont actuellement en activité. L’un des hommes les plus riches du monde, Bolloré contrôle la majorité des ports d’Afrique de l’Ouest. La stabilité est d’une importance cruciale pour un investisseur dans le domaine des transports et de la logistique. Le réseau d’entreprises et de contrats commerciaux qui dépendent du Groupe Bolloré est aussi un facteur de stabilité pour l’économie française souffrante. Mais la France, comme les USA, est un complexe militaire, industriel, médiatique et du renseignement. Quand la puissante aile militaire du système a opté pour la guerre, les industriels avisés savent préserver leurs intérêts dans les pays ciblés par le lobby guerrier. Jusqu’ici, Bolloré n’a pas été affecté outre-mesure par les interventions françaises en Afrique, mais cette situation est peut-être sur le point de changer.

L’une des principales faiblesses de la politique étrangère française est l’absence de vision à long terme : les politiques ont tendance à changer en fonction des divers réseaux ou syndicats d’intérêts au pouvoir. Nous avons déjà mentionné que le Groupe Bolloré, qui semblait jusqu’alors invincible, a commencé à perdre des contrats importants en Afrique Occidentale et Centrale. En effet, nombreux sont ceux qui prédisent la fin de l’empire Bolloré. Vincent Bolloré vient de plus en plus sous les feux de l’actualité pour des allégations de corruption concernant l’obtention de concessions portuaires. La proche relation de Bolloré avec l’ancien président Nicolas Sarkozy ne fait pas pencher la balance en faveur du magnat français. Sarkozy devrait être jugé pour crimes de guerre et pour crimes contre l’humanité, en particulier à cause de son rôle dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, de la Libye et de la Syrie.

Mais à l’insu du public, des forces géopolitiques et idéologiques significatives agissent afin d’abattre le Groupe Bolloré. Un autre réseau d’intérêts commerciaux, financiers et géopolitiques s’efforce d’évincer Bolloré d’Afrique. Il s’agit d’un réseau lié à l’un des plus notoires et riches oligarques du monde : George Soros.

Nous en viendrons à Soros dans un instant. Mais tout d’abord, regardons Bolloré de plus près.

Qui est Vincent Bolloré ?

L’entreprise Bolloré démarra comme firme de manufacture de papier en 1822 près de Quimper en Bretagne, fondée par Nicolas Le Mairie. L’entreprise connue sous le nom de « Papeteries d’Odet » changea de mains pour arriver dans celles du neveu par mariage de Le Mairie, Jean-René Bolloré (1818-1881). L’oncle de Vincent, Gwen-Ael Bolloré, fut vice-président de l’entreprise de 1952 à 1974. Patriote français, Gwen-Aelavait fait partie des premières troupes françaises à prendre part à la libération de la France en 1945. Il était également poète, romancier, océanographe et cinéaste.

L’entreprise fabriquait du papier à cigarettes et du papier pour les Bibles, les dictionnaires et les encyclopédies. Il se dit de Vincent Bolloré qu’il est un fervent Catholique.

Ancien co-directeur de la compagnie Rothschild, Bolloré prit les commandes de l’affaire familiale en 1981, et il incarne la sixième génération à la tête de l’entreprise. Bolloré est devenu le protégé de l’un des plus importants banquiers de France, Antoine Bernheim, et il est proche de l’entrepreneur influent Claude Bébéar.

Le Groupe Bolloré est désormais un énorme conglomérat de plantations, de production papier et d’énergie ainsi que de logistique, employant 81 000 personnes à travers le monde. En 2014, Bolloré est devenu le président de Vivendi, le conglomérat français de mass-médias. L’entreprise contrôle le Groupe Canal Plus, Universal Music, Havas, Flavors, Gameloft, Dailymotion (90%), Mediaset (28,8%), Banjay Group (28,4%) et Telecom Italia (23,94%). Les acquisitions de Bolloré dans le domaine des médias ont fait de lui un magnat de la presse. Nous verrons plus loin comment le contrôle croissant de Bolloré sur les médias de masse est un problème pour des élites de conviction philosophique radicalement différente.

L’engagement de Bolloré en Afrique remonte à la fin des années ’80 quand il prit le contrôle de la compagnie maritime française Delmas. Il est également prêté aux vieux réseaux coloniaux français associés à la Banque Rivaud d’avoir aidé Bolloré à prendre pied sur le continent africain.

Longtemps considéré comme la banque du parti de droite UMP, la Banque Rivaud figure parmi les entreprises les plus secrètes de France. Fondée par Édouard de Ribes et Jean de Beaumont pendant la Troisième République, la banque est proche de l’aristocratie française et de la bourgeoisie rentière, et fut le principal moteur derrière le colonialisme français en Afrique. Vincent Bolloré est actuellement un actionnaire principal de cette banque.

L’entreprise Bolloré Africa Logistics contrôle 14 ports maritimes et 23 ports intérieurs en Afrique. Du fait des réformes structurelles imposées aux pays africains par le Fonds Monétaire International pendant les années ’80, les pays africains lourdement endettés ont dû privatiser leurs ports. Connu pour ses tactiques commerciales agressives, Bolloré avait réussi à obtenir des concessions dans de nombreux ports stratégiques d’Afrique de l’Ouest et du Golfe de Guinée.

Il est important de considérer les informations qui précèdent dans l’évaluation de l’agenda caché derrière les accusations de corruption dirigées contre le magnat français, que les médias français qualifient régulièrement d’ « autoritaire ». La politique étrangère actuelle en Afrique repose sur l’opposition à toute forme d’ « autoritarisme » et sur le soutien à toutes formes de mouvements « révolutionnaires ». C’est une nouvelle forme de guerre qui se cache derrière le politiquement correct. le Président Macron a récemment dit en Algérie que le colonialisme est un crime contre l’humanité. Les commentaires de Macron sont profondément malhonnêtes au regard de son soutien pour les guerres néocoloniales en cours au Moyen-Orient et en Afrique. Macron est proche de la Loge Maçonnique du Grand-Orient de France. Ce segment « à gauche » de  la bourgeoisie française est le promoteur le plus forcené des guerres humanitaires et des changements de régime, tout en militant dans le même temps pour l’annihilation du peu qu’il reste de la vieille France Catholique au nom des droits de l’homme, de la bien-pensance et de la gouvernance mondiale. Macron a même dit que la culture française n’existe pas. Il n’y a rien qui réjouisse davantage les médias libéraux que de voir un Catholique Romain pratiquant comme Bolloré se faire poursuivre pour corruption. Car, comme le révèle le titre de son dernier livre, Macron est un défenseur des révolutions « sorosites ». Et le temps est venu d’installer une nouvelle génération de dirigeants africains.

Qui est George Soros ?

Le nom de George Soros est devenu un synonyme de la mondialisation. Né Geörgy Schwartz en 1930 en Hongrie, son père gagnait sa vie en confisquant les biens des Juifs avant qu’ils ne soient envoyés vers les camps de concentration. Soros a déclaré qu’il n’a aucun regret à propos de sa collaboration avec les Nazis – ce qui peut nous éclairer quelque peu sur la façon dont réfléchit cet homme !

Après la guerre, Soros a étudié à la London School of Economics où il a suivi les cours du philosophe autrichien Karl Popper, auteur du livre ayant fait date « The Open Society and its Enemies » [« la société ouverte et ses ennemis », NdT]. Popper insistait que seule une économie de marché libre pouvait garantir les droits et les libertés des individus. Popper plaidait que la philosophie de Georg Friedrich Hegel avait mené à la formation des états totalitaires modernes. Le travail du philosophe autrichien devint célèbre pendant la Guerre froide en tant qu’outil idéologique contre l’Union Soviétique et contre la Chine. L’interprétation de Hegel par Soros forme le socle d’une partie significative de la politique néolibérale et « libertaire de gauche » contemporaine.

Soros s’est servi des travaux de Popper pour poursuivre ses propres intérêts financiers : où que se trouvent des états empêchant l’accès libre et total de leurs marchés aux investisseurs internationaux, Soros finance des organisations vouées à affaiblir et à détruire ces états : ils se voient étiquetés comme étant des « états fermés » et « autoritaires ». Les organisations de Soros œuvrent à en faire des « sociétés ouvertes ».

Il s’est aussi aperçu que financer des mouvements sociaux peut lui faire gagner du « soft-power » en tant que « milliardaire philanthrope ». En investissant dans des fondations philanthropiques, Soros serait exempté d’impôts ; ainsi, plus il dépense d’argent dans des organisations de la société civile, plus d’argent il gagne au travers de transformations politiques révolutionnaires. Les fondations de l’Open Society de Soros se sont vite répandues à travers le monde. Elles ont été accessoires dans la chute de l’Union Soviétique et des démocraties populaires d’Europe de l’Est – ouvrant ces sociétés au capitalisme prédateur et à la l’économie politique néolibérale.

Depuis les années 1990, Soros a été décisif dans le financement d’une galaxie d’ONGs internationales depuis Human Rights Watch à Reporters Sans Frontières, qui s’efforcent d’abattre des dirigeants « autoritaires » hostiles au pouvoir croissant de George Soros. Dans la plupart des cas, les intérêts de Soroscoïncident avec ceux du US Council on ForeignRelations et d’autres think-tanks mondialistes US. Le plus souvent, l’empire Soros opère au travers de l’establishment US de politique étrangère et du complexe militaire-industriel-médiatique. Mais ces derniers temps, il s’est mis à cibler l’administration Trump.

Financier important pour Obama en 2008 et Hillary Clinton en 2016, George Soros est un Mécène des causes libérales de gauche. Il finance des « anti-néolibéraux » radicaux comme Naomi Klein et Amy Goodman, tout en sponsorisant le travail de néolibéraux comme Jeffrey Sachs. Son influence s’étend jusqu’au Vatican. En fait, certains auteurs Catholiques estiment que Soros et l’administration Obama aient pu être impliqués dans ce qui a poussé le Pape Benoît XVI à démissionner.

Dans la deuxième partie nous exposerons les trois principaux outils employés par Soros et par les mondialistes pour déstabiliser l’Afrique : juridique, militaire et la société civile. Ce qui en émergera sont les contours d’un réseau international complexe d’intérêts s’acharnant à déstabiliser les états d’Afrique de l’Ouest qui se rapprochent de la Russie et de la Chine. L’empire africain de Bolloré est une cible essentielle de cette déstabilisation. Notre enquête démontrera que Vincent Bolloré, bien qu’il n’est pas un ange, devient le bouc émissaire d’un syndicat international de mondialistes dont la corruption est cachée par les officines médiatiques qu’ils contrôlent.

ACCUEIL  FRANCE  SOROS, LA FRANCE ET LA GUERRE CONTRE L’AFRIQUE : L’IMPÉRIALISME TRANSPARENT [DEUXIÈME PARTIE]

Soros, la France et la guerre contre l’Afrique : l’impérialisme transparent [deuxième partie]

PAR WILL SUMMER LE 14 FÉVRIER 2019 ( 0 )

Me. William Bourdon

Par Gearóid Ó Colmáin, le 13 février 2019

C’est peut-être l’avocat le plus célèbre de France. Connu du public pour être un avocat « de gauche » et « engagé », William Bourdon a pris la défense d’une flopée de clients « de haut vol » : Edward Snowden, Julian Assange et le Colonel Kadhafi, parmi d’autres. Il a été Secrétaire-Général de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), est conseiller auprès de Transparency International et fondateur de Sherpa, une association à but non lucratif qui prétend exposer les fraudes corporatistes à travers le monde.

Ces dernières années, Bourdon a été le fer-de-lance d’une campagne dirigée contre plusieurs dirigeants africains qui sont soupçonnés d’avoir acquis des biens immobiliers en France par le biais d’abus de biens sociaux dans leurs pays respectifs. Denis Sassou-Nguesso, Président du Congo-Brazzaville ; le Président du Gabon Ali Bongo Ondimba et le Président de la Guinée Équatoriale Théodore Obiang NguemaMbasogo, ainsi que son fils, ont tous été accusés d’avoir acheté des propriétés en France de façon illégale. Dans le pays, on en parle comme de « l’affaire des biens mal acquis« .

Néanmoins, aucune preuve n’a encore été présentée pour démontrer la moindre de ces allégations. En outre, même si les accusés avaient bel et bien fait illégalement l’acquisition de ces propriétés, l’état français ne dispose d’aucune autorité pour interférer dans les affaires internes d’autres états souverains.

En dépit de cela, ce principe de base du droit international est outrageusement ignoré par les médias grand public qui présentent régulièrement William Bourdon comme un grand défenseur de la probité morale et de la justice sociale. Mais qu’en est-il vraiment, si « l’affaire des biens mal acquis » fait en réalité partie d’une opération de changement de régime méticuleusement orchestrée ?

Bourdon sous investigation pour corruption

Selon un article du Canard Enchaîné et des documents visionnés par cet auteur, le 29 juin 2015, la Direction Nationale d’Enquêtes Fiscales (DNEF) a révélé que Me. Bourdon avait ouvert un compte bancaire à la Standard Chartered Bank de Bruneï le 10 octobre 2011, sous le nom d’Amendis Group Stand.

Il existe une entreprise dénommée Amendis au Maroc et c’est une filiale de Veolia Environnement S.A., conglomérat transnational français spécialisé dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie. La relation entre cette entreprise et le compte Amendis en Asie n’a pas encore été éclaircie.

Le 4 avril 2016, la somme de 865 841 USD fut créditée sur ce compte par HKI Infrastructure, une firme basée à La Barbade. La transaction fut réalisée par la First Caribbean International Bank. Zuaiter Abbas Farouq est le nom de l’homme qui effectua cette opération. Farouqétait un homme d’affaires palestinien disposant d’un siège au Conseil d’Administration de Soros FundManagement. Farouq était l’un des plus importants oligarques de l’économie palestinienne, et il aurait également géré plusieurs « œuvres caritatives ». HKI Infrastructure est très certainement la Hellen Keller International Fund, qui opère à travers le Tiers-Monde pour soigner la cécité. Pourquoi une organisation caritative gérée par un agent de Soros financerait-elle le compte offshore d’une vedette du barreau français ?

Le 15 décembre 2011, M. Farouq ajouta 3 547 157 USD au compte de Bourdon, depuis le même fonds HKI.

Le 21 mai 2013, le compte Amendis Group Stand de Bourdon reçut 50 000 USD de Cairo Poultry [litt. « volaille du Caire », NdT], par le biais de la China Merchants Bank de Shanghaï. Le nom du dépositaire est Ahmed Kadhafi Eddam, un cousin de l’ancien dirigeant libyen.

Me. Bourdon ouvrit un autre compte à Hangzhou en Chine le 20 septembre 2014, où 6 792 102 USD furent déposés.

Les agents de la DNEF pensent que les comptes bancaires à l’étranger de Me. Bourdon peuvent faire partie d’une conspiration internationale visant à déstabiliser certains états d’Afrique et du Golfe Persique.

Le journal Libération a fait de son mieux pour rassurer ses lecteurs, affirmant que les investigations de la DNEF sont ridicules, et que de tels comptes bancaires ne sont qu’une fantaisie. Lorsque parut l’article du Canard Enchaîné, Me. Bourdon exclama qu’il allait les attaquer pour diffamation. Mais il s’en est abstenu jusqu’à maintenant. En lieu et place, l’avocat français semble s’être bien davantage inquiété d’apprendre comment la DNEF avait pu obtenir ses informations.

Bourdon balaie régulièrement les rumeurs sur ses comptes à l’étranger d’un revers de la main, disant qu’il s’agit d’une conséquence de l’hostilité du gouvernement US à son encontre, du fait de sa défense de Julian Assange et d’Edward Snowden. Mais WikiLeaks a rarement, ou jamais, mis en lumière les activités illégales du puissant lobby israélien aux USA, ou des agences de renseignement israéliennes opérant aux États-Unis à des niveaux « terrifiants », selon des officiels US. Webster Tarpley avait peut-être raison quand il décrivait WikiLeaks et les affaires entourant Edward Snowden comme des « contre-feux » – des opérations des renseignements qui cachent davantage qu’elles ne révèlent. WikiLeaks est un outil utile et indispensable. Mais ce n’est pas une boussole morale ; il faut s’en approcher avec précaution.

C’est bien connu que George Soros et les agences US de changement de régime comme la National Endowmentfor Democracy (NED) sont actives à travers toute l’Afrique. Depuis Y-en-a-Marre au Sénégal à Lucha en République Démocratique du Congo, Soros et les organisations de la société civile de la NED captivent la frustration des déshérités d’Afrique et de sa jeunesse au chômage pour s’en servir comme béliers pour abattre ces états qui refusent de se plier totalement aux objectifs de la politique étrangère US.

Mais qui sont les principaux acteurs impliqués dans les réseaux de Bourdon ? Quels sont les régimes ciblés, et pourquoi ?

Les clients de Bourdon sont les ennemis de Bolloré

En 2013, Médiapart publia un article qui affirmait que l’ancien Président français Nicolas Sarkozy avait reçu des fonds de la part du Colonel Kadhafi pour financer sa campagne électorale de 2007. À la même époque, l’homme d’affaires français Jacques Dupuydauby avait entamé des poursuites judiciaires au Tribunal de Paris contre Vincent Bolloré qu’il accusait d’avoir corrompu des officiels de nombreux ports africains, y compris à Misrata en Libye d’où l’entreprise de Dupuydauby, Progosa, avait été évincée en faveur de Bolloré AfricaLogistics.

Désormais, les ennemis de Bolloré entendent établir un lien entre les crimes de Sarkozy en Libye et les activités du Groupe Bolloré. Médiapart s’est montré très favorable à l’égard de Dupuydauby dans cette affaire, tout en négligeant des informations basiques mais importantes concernant son passé judiciaire.

Guinée

En 2011, le gouvernement guinéen sous la direction d’Alpha Condé, fraîchement élu, ordonna que GetmaInternational, une filiale de NCT Necotrans, quitte le port de Conakry. Le gouvernement de Guinée avait donné le contrat à Getma en 2008, à condition que l’entreprise investisse dans l’agrandissement des équipements du port. Ils étaient censés avoir complété le ,projet en deux années. cependant, deux ans après la signature du contrat avec le gouvernement, aucune construction n’avait eu lieu. Comme l’entreprise n’avait pas respecté l’accord, le gouvernement évinça Getma et offrit le contrat à l’entreprise qui était arrivée deuxième lors de l’appel d’offres original : Bolloré AfricaLogistics (BAL).

Pour un pays en développement comme la Guinée, un délai de deux ans dans le développement de son port est totalement inacceptable. Tout le plan de développement de l’économie dépendait de l’investissement pour le port. Ils avaient besoin d’agir vite, et c’est ce qu’ils firent ; il eut été irresponsable de la part du gouvernement guinéen d’émettre un nouvel appel d’offres. Bolloré n’était arrivé deuxième que pour la concession concernant le port de containers, pas pour l’ensemble du port. Quand le directeur du port de Conakry Sory Camera informa le Président Alpha Condé qu’ils allaient donner tout le port à Bolloré, il devint furieux. Il appela Bolloré et le somma de développer le port rapidement.

Le gouvernement guinéen développe son industrie manufacturière locale et le commerce inter-africain, et la filiale Camrail de Bolloré construit également des voies ferrées. Alors pourquoi Bolloré est-il accusé de corruption ?

Durant l’élection présidentielle de 2010, la filiale des médias de Bolloré, Havas, avait pour contrat de couvrir la campagne électorale du candidat présidentiel guinéen Alpha Condé. Mais la firme ne lui factura que €100 000 plutôt que €800 000, Vincent Bolloré payant lui-même la différence. C’est une pratique qui était légale en Europe jusqu’à récemment, et cela reste la norme en Afrique. Si ce n’était l’influence prépondérante des financements occultes dans l’orientation de l’agenda politique français, toute l’affaire serait restée sans conséquences.

Vincent Bolloré a plaidé que son entreprise a besoin de stabilité et de continuité si elle doit être en mesure d’investir lourdement en Afrique. Un problème majeur pour le développement du continent a été celui de réunir des investisseurs fiables. C’est la raison pour laquelle les Chinois l’emportent face à tous leurs rivaux. Si la France entend occuper une place significative au 21ème siècle, une Francophonie fertile est essentielle. Bolloré est l’un des rares oligarques français à l’avoir compris, et il est confronté à des ennemis puissants en Europe comme aux États-Unis.

Depuis sa prise de concession du port, BAL a investi dans une technologie et une infrastructure dernier-cri, augmentant considérablement le volume d’échanges dans l’économie guinéenne. Le partenariat avec BAL a été très bénéfique à l’économie locale. Les entrepreneurs locaux disent que BAL a amené les normes internationales dans la gestion du port, y réduisant la corruption. L’entreprise entretient également une politique de mixité ethnique au travail, encourageant ainsi l’harmonie sociale.

En lisant la presse française, on en tire l’impression que Bolloré ne contrôle pas seulement le port mais l’ensemble du pays. En réalité, il s’y trouve une féroce compétition entre la Chine et la Turquie. En 2016, l’entreprise turque Albayrak remporta une concession de 25 ans pour la gestion du port. Le Président turc Recep Tayyip Erdogan visita le pays pour signer un éventail de nouveaux accords commerciaux et de sécurité. Une nouvelle voie aérienne reliant Conakry à Istanbul a été ouverte. Le Président Condé a déclaré qu’il voit la Turquie comme un modèle à suivre pour son pays. Le gouvernement turc a fait don de 50 autobus à la ville de Conakry. Les Turcs espèrent augmenter leur commerce avec la Guinée de $64 millions à $500 millions.

Les accords de défense avec la Turquie vont inquiéter Paris et Wasgington. C’est peut-être l’une des raisons expliquant le fait que la candidat de l’opposition soutenu par l’Occident, Cellou Dalein Diallo, a dénoncé l’accroissement de l’influence turque et chinoise dans le pays.

Le développement de la partie orientale du port de Conakry a échu à l’entreprise chinoise Chian HabrourEngineering Company en 2016. Comme je l’ai déjà avancé, la Turquie est un empire en émergence doté d’une présence en rapide expansion sur le continent africain. Bien que régime-client des USA et membre de l’OTAN, la Turquie s’est rapprochée de la sphère géopolitique eurasienneces dernières années, et Ankara est en désaccord avec Washington et avec Paris à cause de leur politique pro-kurde en Syrie.

Avec une armée réputée plus forte que celles de la France et de l’Allemagne réunies, la présence de la Turquie en Afrique de l’Ouest est une menace stratégique majeure pour les intérêts français.

Alpha Condé est peut-être un « ami » de Vincent Bolloré, mais ses amis orientaux sont autrement pus importants. À mesure que les Français et les Étasuniens s’effacent devant leurs rivaux, la carte de la « corruption » est utilisée contre un capitaine africain devenant de plus en plus indépendant. Bolloré pourrait devenir un « dommage collatéral » dans la nouvelle ruée vers l’Afrique.

Togo

BAL est également présent dans le port de Lomé au Togo, et ce depuis 2001. En 2009, après la réélection du président Faure Gnassingbé, la concession du port fut donnée à Bolloré aux dépens de Progosa, une entreprise espagnole dont le PDG était Jacques Dupuydauby. Bolloré est soupçonné d’avoir utilisé sa filiale de communications Havas pour gagner la faveur de Gnassingbé en ne lui facturant qu’une fraction du prix habituel. Toutefois, le Groupe Bolloré affirme avoir été présent dans le port depuis des années, avant son acquisition de Havas.

La firme d’avocats de Dupuydauby, Progosa, s’occupait d’une bonne partie des affaires de BAL dans le port de Lomé. En 2011, il fut arrêté pour le détournement de fonds de BAL et condamné à 20 ans de prison.

Le jour suivant une audition judiciaire à Lomé en 2009, Dupuydauby affréta un avion et balança tous ses dossiers à la mer. Il s’échappa jusqu’en Espagne mais fut condamné par un Tribunal espagnol à trois ans et neuf mois d’emprisonnement pour fraude.

Malgré fait que Dupuydauby soit un repris de justice, il est présenté dans les médias français comme un « rival » de Bolloré. La chronique de son volumineux dossier de corruption, et de sa condamnation méritée à Lomé ne sont jamais mentionnées. À la place Médiapart, l’ennemi « à gauche » de Bolloré, fait la promotion de Dupuydauby comme victime des pratiques « corrompues » de Vincent Bolloré.

Afin d’écarter le passé criminel de Dupuydauby au Togo, un article de Grogne Afrique republié par Médiapart affirme qu’il est bien connu que la séparation des pouvoirs est une illusion au Togo, que les Juges y sont corrompus et que ce sont les services secrets qui gèrent tout. Mais la même affirmation a été faite à propos du système judiciaire français par le Juge Bernard Méry. Cela signifie-t-il que nous devrions rejeter l’ensemble du système judiciaire français ?

Tout aussi ignoré par les médias français, est le fait que Dupuydauby a créé en 2008 une fondation dénommée Progosa Foundation for Africa, qui devait fournir un financement pour la réduction de la pauvreté. Le gouvernement togolais a révélé que la majeure partie de l’argent a disparu. L’ancienne Ministre de l’Outre-Mer française Brigitte Girardin a été nommée directrice de la fondation. La réduction de la pauvreté s’est avérée être une affaire juteuse. Selon le journal togolais L’Union, Mme. Girardin s’est empoché 45 millions FCFA, soit €68 000 en seulement cinq mois ! Mme. Girardin est une proche collaboratrice de l’ancien Ministre des Affaires Étrangères français, Dominique de Villepin.

Les fonds de Progosa International sont apparemment gérés par Destra International, un fonds US de gestion d’actifs. La fondation Progosa n’existe apparemment plus.

Il est étrange que Médiapart, qui se gorge d’être une publication de gauche anti-système, n’ait pas témoigné le moindre intérêt pour enquêter sur la « philanthropie » africaine de Dupuydauby. William Bourdon est actuellement l’avocat de Dupuydauby.

Le mouton noir de la République

Un autre acteur français important dans les affaires togolaises et d’Afrique de l’Ouest est Loïc Le Floch-Prigent, l’ancien directeur de l’entreprise pétrolière ELF. Le Floch-Prigent fut emprisonné pendant six ans en 1996 pour fraude et détournement de fonds publics dans ce qui est devenu connu comme « l’affaire ELF ». Il a été incarcéré à de nombreuses reprises pour fraude depuis sa libération. En 2012 il fut arrêté à Abidjan en Côte d’Ivoire et transféré à Lomé au Togo, où il fut condamné à cinq ans d’emprisonnement pour fraude. Il fut ensuite relâché, apparemment pour raisons médicales. Le gouvernement français est intervenu pour faciliter sa libération. L’avocat de Le Floch-Prigent s’appelle William Bourdon.

Le 10 mars 2008 Abbas Yousef, un entrepreneur émirati, fut approché dans les toilettes d’un hôtel de luxe de Dubaï par un Nigérian dénommé Mamadou Keita. Keita présenta Yousef à sa mère Mounira Awa, qu’il introduisit comme étant la veuve de l’ancien Président de Côte d’Ivoire Robert Guéï. Mme. Awa expliqua à l’homme d’affaire émirati que $275 millions, appartenant à son défunt mari avaient été bloqués sur un compte à la Banque Centrale Togolaise, et qu’elle désirait son aide pour opérer le transfert de l’argent sur son compte personnel au Ghana. Yousef contacta son consultant Loïc Le Floch-Prigent, qui confirma la véracité de l’histoire de Mme. Awa. Yousef accepta de faire une avance de $1,25 million pour couvrir les frais de l’opération.

Le Floch-Prigent organisa une réunion à Lomé entre Yousef et Sow Bertin Agba, un homme d’affaires togolais prétendant être mandaté pour la fortune de Robert Guéï, et être lui-même Ministre de l’Intérieur togolais. Afin de convaincre Yousef qu’il était Ministre de l’Intérieur, il conduisit l’Émirati jusqu’au bureau de Pascal Bodjona, directeur de cabinet du Président Faure Gnassingbé. Quelques mois plus tard, Bertin Sow Agbainforma Yousef qu’il avait démissionné du poste de Ministre de l’Intérieur pour être remplacé par Pascal Bodjona. Bodjona transféra alors les fonds vers le Ghana via l’ambassadeur togolais dans ce pays, Jean-Pierre Gbikpi Benissan.

Plusieurs mois plus tard, Abbas Yousef s’aperçut qu’il avait été escroqué, en tout, de $47 millions.

Il attaqua immédiatement en justice Le Floch-Prigent, Pascal Bodjona, Bertin Sow Agba et Jean-Pierre GbikpiBenissan pour escroquerie. Bertin Sow Agba avait déjà un lourd passé criminel. Il avait été arrêté en 1990 transportant un bébé mort dans une valise, et  a été impliqué dans de nombreuses affaires de blanchiment d’argent et de trafic de stupéfiants.

Le 8 juillet 2014, Bodjona fit un virement de $75 212 depuis le compte du Groupe PAB à la Nanyang Commercial Bank à Hong Kong, vers le compte chinois de William Bourdon.

Bodjona sortit de prison le 6 février 2016, après n’avoir fait que 533 jours de détention. Une dépêche de Radio France Internationale (RFI) a affirmé que l’organisation de Saint Egidio avait joué un rôle crucial dans sa mise en liberté. La communauté de Saint Egidio est une organisation catholique laïque fondée en 1968 dans le sillage des réformes de Vatican II. Son directeur est Andrea Ricardi, ancien Ministre pour la Coopération Internationale italien sous la présidence de Mario Monti. Il est également membre du conseil d’administration de la Fondation Chirac. Proche collaborateur du Pape François, une grande partie du travail de Riccardi consiste à promouvoir les hérésies de Vatican II. Il a contribué à des conférences qui accusent l’Église Catholique antérieure à Vatican II de racisme – une accusation absurde. Le Cardinal Sarah de Guinée, un ferme opposant du Pape, ne saurait en convenir.

L’Église « Conciliaire » politiquement correcte provoque des ravages en Afrique. Derrière la profession d’une fausse théorie de la libération, l’Église Conciliaire vient au secours des criminels les plus impitoyables.

En tant qu’ancien Ambassadeur du Togo aux USA, Bodjona a de bonnes relations à Washington. En fait, sa page Wikipedia en anglais ne mentionne même pas son casier judiciaire !

Loïc Le Floch-Prigent et l’avocat Norbert Tricaudétaient tous deux impliqués dans la déstabilisation de la République du Congo-Brazzaville en 2016. Tricaud est lié à la National Endowment for Democracy, l’organisation US de changement de régime qui agit pour le compte de la CIA. Les gouvernements de France et des USA ont été accessoires dans la provocation d’une guerre civile dans la région du Pool, au centre-sud du pays.

Malgré son casier judiciaire et un long passif de kleptomane, Le Floch-Prigent est toujours un acteur important de la politique étrangère française en Afrique. Dans son livre, « Le Mouton Noir – 40 ans dans les coulisses de la République« , il plaide pour une nouvelle politique étrangère française en Afrique reposant sur le soutien à l’éducation. Au cours de la déstabilisation de la République du Congo, le rôle de ce client de Bourdon était d’accuser Paris de soutenir Sassou contre la volonté démocratique du peuple, alors que les Français soutenaient plutôt la rébellion. Personne n’accusa jamais le Floch-Prigent d’être stupide.

il est dit de Bertin Sow Agba qu’il a des liens étroits avec le Ghana, et qu’il dispose apparemment d’un passeport ghanéen. Bien que le Président ghanéen Nana Akouf-Addo soit salué comme un champion de l’indépendance africaine, il est en fait un acteur-clé de l’avancement des intérêts US en Afrique de l’Ouest, et reçoit les encouragements des élites mondialistes pour faire pression sur le Président Gnassingbé du Togo, afin que celui-ci accepte un compromis avec l’opposition togolaise criminelle appuyée par les USA.

La stabilité politique a permis au Togo de diversifier ses partenariats géopolitiques. Les investissements de l’Égypte dans l’agriculture du pays présentent un exemple cohérent de la manière dont les puissances émergentes entrent en compétition pour les marchés africains dans un monde multipolaire. La diversification des partenaires économiques et de défense est essentielle au développement de la capacité des pays à se défendre tous seuls. L’Égypte se remet elle-même d’une opération de changement de régime en 2011 qui a échoué. Quand le gouvernement US lança l’Initiative sur le Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en 2004, l’objectif était non seulement de remplacer les régimes nord-africains de la Guerre Froide pour installer des régimes néolibéraux proches des Frères Musulmans, mais aussi d’entraver l’intégration croissante de l’Afrique qui avait culminé lors du second sommet afro-arabe de Syrte, en Libye en 2010. Les mondialistes voulaient conserver l’Afrique dans un état de sous-développement chronique pour avoir accès à des ressources et une main d’œuvre à bas prix. L’indépendance croissante du Togo et ses alliances avec des puissances émergentes sont un problème pour l’impérialisme des « droits de l’homme ».

La tentative de coup d’état de 2018 en Guinée Équatoriale

Seul pays hispanophone d’Afrique, la Guinée Équatoriale a connu une croissance économique spectaculaire au cours de la dernière décennie, avec une moyenne de 17%. Depuis la découverte de pétrole en 1995, le gouvernement de Guinée Équatoriale a employé l’argent pour construire des infrastructures modernes. Plus de 30% du budget national est dévolu au logement social. Le pays possède un faible taux d’illettrisme et développe rapidement son secteur de santé publique avec une aide en provenance de Cuba ; il a quasiment éradiqué la malaria. Le Président TeodoroObiang Nguema Mbasogo y détient le pouvoir depuis 1979. Ce fait est probablement le seul en rapport avec ce pays que vous pourrez trouver dans les médias internationaux – « le dictateur le plus ancien d’Afrique » etc.

Mais tous les analystes politiques sérieux savent que la continuité, la stabilité et le développement économique sont des priorités pour les pays en voie de développement. Les travailleurs ordinaires ne veulent pas la démocratie ; ils désirent l’espoir social. La Guinée Équatoriale est passée, sous la direction d’Obiang, du statut de « coin perdu » du « Tiers-Monde » à ce que beaucoup prédisent comme pouvant devenir le Singapour de l’Afrique. Si le Président Obiang est perpétuellement réélu avec plus de 95% des votes, c’est parce que l’écrasante majorité de la population de la Guinée Équatoriale est suffisamment intelligente pour comprendre que son leadership est pour quelque chose dans la réussite du pays. Singapour a effectué la transition de pays du « Tiers-Monde » à pays du « Premier Monde » en trois décennies, sous la direction de Lee Kuan Yew.

La Guinée Équatoriale souffre toujours de la pauvreté et ses élites politiques gaspillent beaucoup trop d’argent en voitures de luxe et dans l’opulence, mais c’est parce que c’est un pays capitaliste. En fait, si Obiang avait été un socialiste comme Mouammar Kadhafi – dont le pays possédait le plus haut niveau d’égalité d’Afrique – il serait mort et le pays serait la proie d’escadrons de la mort appuyés par l’Occident.

Le Vice-Président du pays, Teodorin Nguema Obiang, a été accusé par Bourdon d’avoir détourné des fonds publics, mais pas le moindre fétu de preuve n’a jamais été présenté pour étayer ces allégations. Obiang est un homme d’affaires en pleine réussite, et qui profite de vacances de luxe en Europe. Mais ce que dédaignent les médias, c’est qu’il voyage également à travers son pays pour distribuer des cadeaux à son peuple, y compris des matériaux pour la construction de logements dans les villages les plus pauvres. À Noël, il a personnellement livré des jouets à des milliers d’enfants nécessiteux du pays. Un effort cynique pour s’attirer du soutien, dites-vous ? Peut-être. Mais c’est beaucoup plus que ce que Bourdon et sa bande de potes « pleins aux as » ont jamais fait pour qui que ce soit.

La Guinée Équatoriale a décidé de rendre la langue française ainsi que la langue portugaise officielle au niveau national, au même titre que l’espagnol. Avec une nouvelle capitale ultra-moderne à Oyala, le pays possède l’un des meilleurs réseaux routiers d’Afrique et la Guinée Équatoriale connaît l’espoir social. Elle possède aussi beaucoup d’ennemis dans le monde du capitalisme financier.

En 2004 Mark Thatcher, fils de l’ancienne Premier Ministre britannique, a fait partie d’une conspiration internationale visant à renverser le gouvernement de la Guinée Équatoriale par un putsch militaire. Les conjurés disposaient de l’appui des USA et de l’UE. Le putsch était organisé par Simon Mann, un citoyen britannique vivant en Afrique du Sud. Mais la Guinée Équatoriale avait été informée des plans par le renseignement sud-africain et les mercenaires ont été arrêtés et emprisonnés au Zimbabwe, où ils purgent des peines à perpétuité.

En janvier 2018, une autre tentative de coup d’état a eu lieu mais les mercenaires furent arrêtés au Tchad. Le Président Idriss Déby du Tchad est l’un des rares dirigeants de longue date à être resté resté parmi les plus fidèles à l’impérialisme français. Comme le démontrent de récentes frappes françaises contre des rebelles pour protéger le régime de N’Djamena, Idriss Déby est un élément-clé dans la gestion franco-étasunienne de la région du Sahel et du Sahara. Mais le Tchad est aussi la source des opérations de déstabilisation en Afrique de l’Ouest. Après le putsch de 2018, le gouvernement de la Guinée Équatoriale a accusé la France et le Tchad d’avoir collaboré dans l’organisation de la conspiration. Pour l’instant, Déby jouit encore des louanges des médias français, mais si jamais il s’écarte du chemin qui lui est dicté, il sera lui aussi traité de « dictaeur brutal ».

En janvier 2019, le gouvernement de la Guinée Équatoriale a émis un mandat d’arrêt international contre William Bourdon et Daniel Lebègue pour des faits de terrorisme. Selon les avocats de l’état de la Guinée Équatoriale, Daniel Lebègue possède des entreprises dans le pays.

Le 27 mars 2014, $226 307 furent transférés de Transafrica Capital au compte offshore de William Bourdon. Transafrica Capital appartient au marchand d’armes sud-africain Ivor Ichikowitz, qui est également le président de Paramount Group, le plus gros fabriquant d’armes d’Afrique.

Ichikowitz affirme que son entreprise ne négocie qu’avec des états souverains, pas avec des « identités douteuses ».

Le gouvernement de la Guinée Équatoriale a déclaré posséder des preuves de l’implication de Bourdon et de Lébègue dans le financement de la tentative de putsch. L’histoire aurait pu atteindre les gros titres, étant donné le profil médiatique de Bourdon et le fait que le Canard Enchaîné avait déjà révélé que les autorités fiscales françaises enquêtaient sur ses comptes offshore alimentés par Soros.

Bourdon s’est servi du système judiciaire français pour affirmer que des biens immobiliers détenus par TeodorObiang et par son fils à Paris avaient été acquis avec de l’argent siphonné depuis les caisses du gouvernement de la Guinée Équatoriale. Ainsi que nous l’avons déjà démontré, le président et son fils ont toujours nié les allégations et nulle preuve n’a été produite pour étayer les dires de Bourdon. Même si ces allégations sont fondées, le système judiciaire français n’a pas pasautorité pour s’ingérer dans les affaires d’autres états souverains.

Toutefois, nous devrions garder à l’esprit qu’en termes de pratique impériale actuelle, l’implication présumée de Bourdon dans des faits de terrorisme n’a rien de particulièrement choquant. En 2002, le diplomate de haut rang Robert Cooper écrivait :

Le défi qui se présente au monde post-moderne est de s’habituer à la notion de deux poids et deux mesures. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois, et d’une sécurité ouverte et coopérative. Mais quand il s’agit d’états moins avancés et extérieurs au continent post-moderne de l’Europe, nous avons besoin de recourir aux méthodes plus brutales d’une ère plus ancienne – la force, l’attaque préventive, la tromperie, tous les moyens nécessaires pour gérer ceux qui vivent encore dans un monde du dix-neuvième siècle, et ce dans tous ces états. Entre nous, nous observons la loi mais quand nous opérons dans la jungle, nous devons nous aussi employer les lois de la jungle.

C’est une nouvelle forme d’impérialisme « transparent » dont les hérauts sont ces ONGs qui ont comme cri de ralliement la cause des droits de l’homme et de la démocratie. En France, le principal moteur de l’agression dirigée contre la Guinée Équatoriale est alimenté par les trotskistes associés à Jean-Luc Mélenchon.

Comme le disait Lénine : « Trotsky rassemble tous ceux qui ont à cœur le pourrissement idéologique ; tous ceux qui ne sont pas concernés par la défense du Marxisme. »

Ainsi que nous n’avons jamais manqué de le rappeler Mélenchon avait soutenu le bombardement massif de la Libye, et si Bourdon et ses sbires parviennent jamais à organiser un « soulèvement spontané » contre un « dictateur qui massacre son propre peuple », le gauchiste préféré de Serge Dassault n’hésitera pas à les applaudir.

Plusieurs avocats français de premier plan ont affirmé que les activités de Bourdon constituent une violation du droit international flagrante et honteuse. Bourdon, Le Floch-Prigent, Dupuydauby, Bodjona et les officines médiatiques qui couvrent leurs activités font tous partie des « entités suspectes » de la mondialisation où les ONGs, le financement occulte et les faux médias de gauche s’associent pour promouvoir les intérêts d’une super-classe dénuée de pitié.

Bourdon ne peut aucunement prétendre être la cible de l’hostilité du FBI à cause de sa défense de Julian Assange, car :

1. Assange n’est pas une menace et

2. la plupart des clients de Bourdon représentent des actifs US en Afrique.

En lieu et place, l’attention des médias français s’est focalisée sur la présumée corruption de leur adversaire, Vincent Bolloré. Dans la prochaine partie, nous examinerons quelques controverses entourant l’empire médiatique de Bolloré, ainsi que leurs implications pour l’avenir de l’Afrique.

Lien vers la première partie : https://globalepresse.net/2019/02/07/soros-la-france-et-la-ruee-vers-lafrique-1/

Source: https://ahtribune.com/world/africa/2870-transparent-imperialism.html

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