Je suis allé voir « J’accuse » de Polanski et j’y suis retourné deux jours plus tard pour mieux l’apprécier, c’est un film remarquable. Certes, ce n’est plus son fameux « Chinatown », ce n’est plus du Hollywood, nous avons tous 50 ans de plus, mais c’est quand même un Polanski remarquable. Il s’empare de ce sujet grave, qu’est la haine, la haine bête et méchante, la haine humaine, la haine de toujours.

Et voilà qu’en même temps son histoire personnelle le rattrape, l’histoire des conneries d’il y a un demi-siècle, des crimes dont seule La Justice, et encore, est apte à mesurer les responsabilités, et il assiste impuissant au mouvement actuel de l’opinion publique hostile.

Il aurait dû accepter le jugement, mais a-t-il eu tort de se méfier du tribunal populiste américain et de la prison ?

L’ironie du sort veut que la lâcheté que l’opinion lui reproche est la même que celle que, dans son film, il reproche aux antidreyfusards !

 

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