STRONG et SCHMIDHEINY les voyous climatiques créateurs des COP
Le dernier enfumage climatique vient de se tenir à Bakou, en Azerbaïdjan. Je ne reviendrai pas sur le sentiment de dégoût provoqué par le choix qui a été fait de faire organiser la COP29 par ceux-là même qui tirent leurs gigantesques revenus de la destruction de la planète.
Avant de parler de STRONG et SCHMIDHEINY, qui ont été il y a quelques années les instigateurs de ce genre de réunion, je voudrais rendre hommage à ceux qui ont ouvert la voie il y a fort longtemps aux mouvements écologistes, car tout a été fait pour qu’il tombent dans l’oubli. En premier lieu, Georges Perkins Marsh, né en 1801. C’est incontestablement le précurseur de ce qu’on nommera plus tard le mouvement écologiste. En 1864, en pleine guerre de Sécession et conquête de l’Ouest, il publie Man and Nature. Il s’attaque aux grands travaux des humains, qui les rendent si fiers de leurs destructions : canal de Suez, ravages de l’activité minière. Un siècle plus tard, Fairfield Osborn publie en 1948 La Planète au pillage . On est à la sortie de la 2nde guerre mondiale ; l’Amérique déferle sur l’Europe au travers du plan Marshall. En cinq mots, tout est dit : tracteur, pesticides, bagnole, béton, acier. Il alerte sur l’appauvrissement continu des sols, la disparition des forêts, la poussée démographique, le mortel appétit du profit. Un autre acteur qui n’a pas été entendu, c’est Roger Heim, né en 1900, ingénieur chimiste issu de Centrale. il publie en 1952,alors qu’il est directeur du Muséum d’Histoire Naturelle « Destruction et protection de la nature » Il dénonce l’effet délétère du DDT, alors utilisé partout. Il décide même d’écrire la préface du livre de Rachel Carson, « Le Printemps silencieux » paru en français en 1963. Dans cette préface, il écrit : « On arrête les « gangsters », on tire sur les auteurs des hold-up, on guillotine les assassins, on fusille les despotes – ou prétendus tels –, mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences ? » Darmanin le qualifierait aujourd’hui d’écoterroriste, et le traduirait en justice.
On arrive à 1968 ; le monde flambe : Che Guevara vient d’être exécuté par l’armée bolivienne et la CIA ; aux Etats-Unis, on manifeste contre la guerre au Vietnam, alors que le vietcong lance l’offensive du Têt, les étudiants manifestent en Mai 68 en France, en Italie, en Allemagne ; les staliniens de Moscou envahissent la Tchécoslovaquie, le régime franquiste commence à trembler, au Mexique, 300 étudiants sont abattus par l’armée sur la place Tlatelolco début octobre et 10 jours plus tard, aux Jeux Olympiques de Mexico, sur le podium du 200 mètres , Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté de noir. Le vieux monde serait-il en ,train de vaciller ?
On s’inquiète ; c’est pourquoi du 4 au 13 décembre 1968, au siège parisien de l’UNESCO, se tient une conférence consacrée à « l’utilisation rationnelle et la conservation des ressources de la biosphère ». Et le 7 décembre 1970, l’Assemblée Générale des Nations Unies décide l’organisation d’une « Conférence des Nations Unies sur l’environnement ». C’est le canadien Maurice Strong qui est chargé de l’évènement. Dans le rapport introductif, il est écrit que le tiers-monde a besoin de se « développer » et pour cela il lui faut miser sur « une modernisation très rapide de leur agriculture et une expansion de leur industrie et de leur urbanisation ». Traduction : agriculture industrielle, pesticides, engrais de synthèse, bidonvilles et cheminées d’usines les plus polluantes. Cette conférence de 1972 débouche sur la création du Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) et des Sommets de la Terre.
Les catastrophes se succèdent : Thalidomide, Torrey Canyon, il faut donc dire (sinon faire) quelque chose. Voilà ce que l’on trouve dans l’édition 1987 : « Deux des conséquences du réchauffement climatique pourraient être une fonte de la banquise dérivante dans l’Océan Arctique et de la calotte glaciaire de l’Antarctique.(…)
En 1972, est organisé à Stockholm le 1er sommet de la terre ; ce sera le début de rencontres décennales. Ce sera ensuite Nairobi (1982), Rio (1992), Johannesbourg (2002), Rio(+20) en 2012, puis de nouveau Stockholm en 2022. Le sommet de 1972 a donné naissance au PNUE (Programme des Nations Unies sur l’Environnement) et celui de 1992 a lancé la CCNUCC, la Convention-Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique. Pour bien comprendre l’inutilité et la perversité de ces institutions, il nous suffira d’examiner qui en sont les responsables successifs.
Le PNUE est dirigé de 1972 à1975 par Maurice Strong, dont on parlera ensuite. De 1975 à 1992, c’est Mostafa Kamal Tolba qui prend sa suite. Après Tolba, c’est Elisabth Dowdeswell qui prend la direction du PNUE de 1992 à 1998. Elle retournera à la fin de son mandat dans l’anonymat, en tant que PDG d’une entreprise chargée de trouver et faire accepter des lieux d’enfouissement de déchets contaminés. Après elle, ce sera Klaus Töpfer jusqu’en 2006 ; Membre du parti conservateur allemand, la CDU, il deviendra après son mandat conseiller d’un lobby germano-russe financé par Gazprom. En 2006, il passe le relais à Achim Steiner. Il a bien conscience de la gravité de la situation, mais il est pense que la technologie va tout résoudre. Puis vint Erik Stolheim ; à l’origine politicien norvégien de gauche, il se retrouve à la tête du Comité d’Aide au Développement de l’OCDE, née en 1961 à la suite du plan Marshall et qui a pour but de « réaliser la plus forte expansion possible de l'économie… », « contribuer à une saine expansion économique …», « contribuer à l'expansion du commerce mondial.. » Erik Solheim a mis au rencart ses engagements de gauche pour devenir un lobbiste de la mondialisation. Il installe le PNUE à Nairobi (Kenya). Il dépense à tout va les fonds du PNUE, fait embaucher son épouse à un poste important, et signe un accord stratégique avec la Chine et applaudit à la création de « la route de la soie » qui est, avec les gigantesques barrages hydro-«électriques, un élément du massacre de la planète. La présidente actuellement en poste, Inger Andersen, qui a travaillé pendant 15 ans pour la Banque Mondiale, est, comme Steiner, vice-présidente du Conseil chinois de coopération internationale en environnement et développement.
Comme on l’a vu plus haut, c’est le Sommet de la Terre de Rio en 1992 qui a lancé la CCNUCC d’où sortiront les Conférences des Parties, les fameuses COP annuelles, dont la 1ère se tient en 1995 à Berlin. On a compris depuis la COP 21 de Paris et surtout la dernière la COP 29 de Bakou que ces réunions tapageuses ne sont qu’un immense écran de fumée, dont il ne sort que quelques recommandations non contraignantes, à la grande satisfaction des multinationales de tout poil qui ont œuvré pour qu’il en soit ainsi.
A l’origine de ce sommet de Rio, on trouve un certain Maurice Strong et celui qu’il s’est choisi comme adjoint, Stephan Schmidheiny.
Qui sont ces deux personnages ?
MAURICE STRONG :
C’est avant tout le fondateur du PNUE dont nous avons suivi les divers présidents et présidentes ; sous-secrétaire général de l’ONU, il est l’organisateur du Sommet de la Terre de Rio en 1992 d’où naîtront les COP. Comme tout bon politique, il invoque une enfance difficile, dont, en fait, on ne sait rien, jusqu’à l’äge de 18 ans. Parallèlement à une pseudo-activité de trappeur, il se lie avec Bill Richardson qui prospecte chez les Inuits d’éventuels gisements de minerai. L’épouse de Richardson est issue d’une famille possédant une compagnie pétrolière qui va employer Strong et qui sera absorbée ensuite par TEXACO, multinationale du pétrole (qui travaillera avec Franco et Hitler). Richarson lui permet de trouver un petit emploi à l’ONU et de faire ainsi la connaissance de David Rockefeller. De retour au Canada, à 21 ans, il devient vice-président de la Dome Pétroleum, société pétrolière canadienne de 1er ordre. Puis il part en Afrique, travailler pour Caltex, joint-venture de Texaco, et de Chevron. En 1961, à 42 ans, il devient président de l’énorme conglomérat Power Corporation qui fabrique les 1ers ministres canadiens (Jean Chrétien & Pierre Trudeau). Surprise, en 1966, il quitte son poste pour la politique, comme secrétaire d’Etat de l’aide publique au développement. N 1968, il se lance dans les affaires immobilières puis entre en 1971 au Conseil d’administration de la Fondation Rockefeller. En 1972, il repart vers l’industrie pétrolière devenant le patron de Petro-Canada, puis AZL Resources, spécialisé dans la recherche du pétrole en Australie, Congo, etc…Ce groupe, fusionné avec Tosco Corporation, possède 40000 ha dans le Colorado, qui recouvre une immense nappe phréatique
En 1988, il est un des initiateurs du GIEC et il supervise le Forum de Davos créé en 1987 par Klaus SCHWAB dont le père fut un des piliers de l’industrie de guerre nazie, utilisant dans ses usines d’armement une main-d’œuvre d’esclaves. Un Sud-Coréen, Tonsung Park, au service de Saddam Hussein, officiant dans le programme « Pétrole contre nourriture » signe un chèque de 988.885 dollars pour Maurice Strong qui démissionne de ses fonctions onusiennes et s’exile à Pékin où il possède un appartement. Il meurt le 28 novembre 3015 à Ottawa.
Stephan SCHMIDHEINY :
Dans les années 1970, les 2 frères Schmidheiny, Thomas et Stéphane, se partagent l’héritage familial. Thomas hérite de Holcim, une multinationale du ciment qui après divers montages, absorbera définitivement en 2021 le n°1 mondial Lafarge. Stephan, quant à lui, héritera de Eternit, fabricant d’amiante-ciment. Les dangers de l’amiante ont été signalés dès 1898 par l’inspectrice du travail britannique Lucy Deane, puis de nouveau en 1906 par le français Denis Auribault : « les poussières vont éroder et déchirer le tissus pulmonaire, provoquant pr leur action pernicieuse une phtisie spéciale… » ….Il s’ensuivra des millions de morts dans le monde entier. Il existe pourtant un procédé de substitution, non toxique, inventé par les frères Blandin ; mais ils ne sont pas de taille à lutter ….Les usines Eternit se multiplient et les bénéfices s’accumulent. A Casale Monferrato, en Piémont, les malades, puis les morts, se multiplient à partir du début des années 1950. On parle « del tumore di Casale ». A partir de 1980, le syndicaliste Bruno Pesce et l’ouvrier Nicola Pondrano décident d’engager la lutte pour que le voile se déchire enfin. Les morts se comptent par milliers. L’affaire est portée devant le procureur de Turin en 2004 et le procès a lieu en 2009. Le 13 février 2012 Stephan Schmidheiny est condamné à 16 ans d’emprisonnement. Il fait appel et en appel, sa sentence est alourdie à 18 ans de prison. Le 19 novembre 2014, la Cour de Cassation annule la condamnation pour prescription, tout en reconnaissant sa culpabilité. Dans un autre procès en juin 2021, dans un procès où il est accusé de la mort de 392 personnes, il est condamné à 12 années de prison, qu’il ne fera pas non plus. C’est cet individu que Maurice Strong choisit en 1992 comme son bras droit pour préparer le sommet de la Terre de Rio en 1992, et qui en présentera les travaux le 5 juin 1992. A partir de 1982, il commence à acheter des terres au Chili, sous Pinochet, spoliant les autochtones mapuches ; en 2000, il possède 120000 ha. Il fait de même au Venezuela, Brésil, Argentine, brûlant allègrement des milliers d’hectare de forêts anciennes. En 1995, il crée le Conseil Mondial des Affaires pour le Développement Durable dont la mission est « d’accélérer la transition vers un monde durable en rendant les entreprises à la fois plus durables et plus performantes » Y figurent Bayer, BP, Philip Morris, General Motors, Amazon, BASF, Chevron, Holcim, MacDonald’s, Shell, Syngenta. Il sera de nouveau au centre du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002.
En 2022, sa fortune est estimée à 2,3 milliards de dollars.
Conclusion
Le système sait bien se protéger. Face aux dangers d’une prise de conscience, Les Nations Unies utilisent leur image pour endormir le public : ces sommets, que nous qualifierons de « grandes messes » pourraient donner l’impression que les problèmes de la planète sont pris en compte, de plus par une institution « sérieuse ».
Sur le fond, nous constatons qu’aucun résultat concret ne sort de ces sommets : les engagements ne sont pas contraignants, il ne s’agit que de vagues promesses sans suivi des objectifs à atteindre. Nous découvrons que les responsables successifs du PNUE et leurs adjoints ont plutôt des profils d’industriels que scientifiques spécialistes de la biodiversité. Leur cynisme va jusqu ‘à s ‘approprier des territoires préservés sous couvert de développement durable avec le soutien de multinationales ; un bel exemple de « greenwashing ».
On voit bien à partir de là que toutes les marches pour le climat satisfont pleinement tous ces seigneurs. Les grèves des lycéens du vendredi initiées par Greta Thunberg sont symptomatiques à cet égard.
Le 21 juillet 2019, elle reçoit le prix Liberté des mains de Hervé Morin, ex-ministre UDI des Armées. Le 23 juillet, elle a été invitée à l’assemblée nationale par un groupe de députés LREM, UDI, socialistes, autour de Matthieu Orphelin et Nicolas Hulot, mais le 17 janvier dernier elle a été arrêtée en Allemagne lors d’une manifestation et mise en garde à vue. En clair, tant qu’on se borne à marcher ou discourir, tout va bien, mais il ne faudrait pas aller trop loin dans la contestation