Université ? En marche pour la privatisation !

Une privatisation on ne peut plus dangereuse pour la recherche, la création, la pensée...

Une privatisation, en effet, qui conduit au bachotage pour entrer dans les critères permettant de passer au filtre de l'examen d'entrée, à une mise sur des rails excluant ces rêves et vagabondages dont Bachelard montrait l'importance dans la construction de la connaissance...

Ce qui n'est pas "vocation",  mais désir et part de rêve ancrés dans le passé, la part de rêve de chacun et sa, ou ses, projection(s) dans l'avenir...

Quand celui ou celle qui rêve d'être peintre risque d'être corseté(e) dans un rôle étriqué de professeur de dessin contraint d'enseigner des normes pouvant ouvrir à quelques débouchés professionnels, mais fermant la porte à la création...

Où celui et/ou celle qui se passionnent pour les mathématiques et la poésie, risque d'être contraint à un travail étriqué, à l'opposé de cette poétique des mathématiques soulignée par Isidore Ducasse et appréciée par maints lecteurs de Lautréamont, ou tant d'autres...

Comme si le rêve et les rêveries, la découverte personnelle  d'approches artistiques, le vécu de vagabondages intellectuels n'étaient essentiels à l'envie d'apprendre? Qui n'a rêvé devant le tableau de Mendeleiev? Le savoir d'Averoès ?    Comment créer  sans développement  d'un imaginaire  indispensable à tout recherche, y compris scientifique ?

Plus grave, à quoi bon le "Et pourtant elle tourne!" de Galilée ? Le sacrifice d'un Giordanno Bruno ? Quelle place pour un travail sur les masques africains comme celui de Picasso? 

Quand le désir de concevoir et construire des films risque d'être anéanti en enfermement techniciste annexe ?

Où les études supérieures peuvent formater et enfermer, au nom de l'utilitarisme et d'une douteuse rentabilité, au lieu de donner des ailes à la pensée et la création! Un énorme gâchis des potentialités, des ressources, des intérêts, de la culture personnelle! Voilà qui renforce l'idée assez répandue que le théâtre à l'école, hors fêtes de fin d'année, ne serait  que temps perdu ! 

Ne laisser de telles idées se répandre comme cadavre qui grandit en pièce de Ionesco...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.