MEDIAPART et PARTI PRIS

C'est lassant et étrange de lire dans tous les journaux mais également dans Médiapart des gros titres et des articles qui n'ont qu'un but, semer le doute sur la campagne de F. Hollande, sur sa nature ou son style. Ce serait compréhensible d'entendre de tels propos au comptoir du café du commerce, ou de les lire sur des blogs de militants de l'UMP ou de journalistes amateurs, mais ce n'est pas admissible de touver ces jugements sous la plume de journalistes professionnels sauf s'ils ont un parti pris.

Un parti pris qu'ils dissimulent sous des allusions, des jugements non étayés et surtout une mauvaise foi crasse ! Pourquoi qualifier de "drôle de campagne" l'absence de campagne de F. Hollande ? Les journalistes poltiques de Médiapart comme ceux des autres journaux savent bien que la maitrise du "temps", du rythme de la campagne électorale est nécessaire et que face à un candidat qui peut faire campagne, parce qu'il est président, sans mettre son programme sur la table, il ne fallait surtout pas que celle de Hollande commence trop tôt.

Ces journalistes, dont c'est le métier d'analyser les stratégies des candidats, le savent bien. Et si je peux comprendre que ceux du Figaro ou de l'Express, jouent les oies blanches, je suis tout de même surpris que ceux de MEDIAPART ou de LIBERATION fassent semblant d'avoir un QI d'un niveau aussi faible. Ils devraient être les premiers à expliquer les raisons de cette absence de campagne à leurs lecteurs et bien au contraire ils font passer le presque "silence " du candidat socialiste et les quelques échos qui s'échappent des débats internes à l'équipe de campagne pour des faiblesses ou des ratées. Comme il serait stupide d'interpréter cela comme un parti pris en faveur de l'UMP, j'en conclus que certains journalistes de ces deux journaux, insatisfaits (comme moi) du positionnement "droitier" du candidat socialiste, sont prêts à prendre le risque de favoriser la candidature de Jean Luc Mélenchon.

Ce parti pris est une erreur car une diminution des intentions de vote en faveur de Hollande au profit de Mélenchon ne ferait qu'accroitre le risque de ne plus avoir de candidat de gauche au second tour. Quant à ceux, optimistes pour cent, qui imaginent que le candidat du Parti de Gauche pourrait représenter la Gauche au second tour, je crains que leur raisonnement ne les conduise dans une impasse. Combien (malheureusement) d'électeurs socialitses seraient capables de voter Mélenchon au second tour ?

Bien évidemment, il doit y avoir certains de ces journalistes qui en biaisant leurs analyses au profit de la candidature de Mélenchon, pensent qu'ils contraindront F. Hollande à "gauchir" son discours et sa future politique. Malheureusement, non seulement cette stratégie est dangereuse pour le risque qu'elle fait courir à toute la gauche, mais de plus, le positionnement de F. Hollande (orientations mais pas de promesse) ne bougera pas car il est persuadé que c'est celui qui lui permettra d'être largement élu au second tour sans prendre des engagements qu'il considère comme hazardeux dans la situation économique actuelle.

Et puis à coté de ceux qui veulent favoriser ou instrumentaliser la candidature de Mélenchon, il y a les journalistes qui "déglinguent" également cette candidature ! Je ne leur ferai pas l'injure de croire que leurs critiques de le campagne de Hollande et du programme de Mélenchon ont pour objectif d'aider la candidate des Verts à remonter dans les sondages.

Alors ? Autant l'analyse critique est justifiée quand la position prise par une femme ou un homme politique, y compris de gauche, est ...criticable autant elle est stupide quand cette position est explicable.

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