Sale temps pour les maintenantistes

Si en 2012 à Gauche, la messe était dite quant aux capacités de la Sociale Démocratie à combattre la finance, beaucoup à gauche étaient encore prêts «à faire comme si» Le Bourget pouvait être un prémisse tangible, à un compromis acceptable. Cette fois-ci la messe est écrite et c’est bel et bien une croisade qui se dessine, laissant apparaitre ainsi les cases à cocher pour que s’accomplisse le dessein des apôtres les mieux disposés.

En cela, lorsque l’on aurait attendu Thomas Piketty nous voyons surgir Denis Kessler, lorsque l’on se préparait à soutenir Gérard Filoche on se résigne à sous-peser l’enthousiasme de Pierre Gattaz. Lorsque l’on aurait pu voir siéger Edwy Plenel et Frédéric Lordon à C dans l’air, on se ramasse Christophe Barbier et Nicolas Bouzou. Finalement, les choses deviennent beaucoup plus simples, plus besoins de tourner autour du pot ou de jouer la fine gueule.

RE PO SEZ VOUS ! Tel est le message subliminal que nous adresse notre «mais si». Nous allons nous sentir enfin soulager des pesanteurs inutiles, de notre fardeau social. Tant d’acquis ! Pour quoi faire ? Goûtez enfin à cette liberté non faussée, qui vous mènera à la paix éternellement reconnaissante du CAC 40.  Les actionnaires ne veulent que votre bien, n’en doutez jamais.

Alors oui, la promesse du Bourget n’était pas un leurre, FH s’attaque de front à la finance, seulement, comme il n’avait pas préciser la quelle, c’est bien à la finance publique qu’il livre sa bataille. Et pourquoi pas ? Des finances publiques mieux tenues ne sauraient nuire. Sauf que lorsque l’on prête attention au choix des armes, c’est bien un sabre qu’il brandit ! D’aucun diront qu’il manie tout aussi bien le couteau Suisse mais en privé seulement et dans le plus grand secret.  

Le temps est venu, mes biens chers frères, mes biens peu chères sœurs, d’accepter le changement, tel qu’il est et de voir enfin le bon côté des choses : profitons du présent, le pire est devant nous !

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