JULIAN ASSANGE - Reste 330 heures !

Le droit à être informé est-il encore une préoccupation de la part de celles et ceux dont c'est le métier d'informer ?

A 2 semaines de la décision de la justice britannique sur la possibilité ou non de l'extradition de Julian Assange vers les USA, une grande majorité des syndicats de journalistes de par le monde, apportent leur soutien à Julian Assange. Formidable ! Sans doute mais, les journalistes, eux, que font-ils pour leur confrère incarcéré et torturé dans une prison de haute sécurité à Londres depuis 610 jours !?

Quelle que soit la décision qui sera rendue par Londres le 04 janvier prochain à 11h00, on ne pourra pas dire que la profession aura brillé par sa détermination à faire valoir le droit à l'information, au travers du cas de leur confrère Julian Assange et de son organe de presse Wikileaks.

C'est pourtant en cœur qu'elle clame à l'envie et à raison, son attachement à la liberté de la presse, à la protection des "lanceurs d'alertes" et à toutes ces causes qui vernissent son blason, symbole d'indépendance, d'intégrité et de contre-pouvoir... Peut-être bien, cependant, il semblerait qu'il y ait des limites à ces vertus, défendues avec plus ou moins de panache.

Avec Assange, on touche à un tabou que la profession n'est manifestement pas prête à lever : on ne touche pas à l'Oncle Sam ! Enfin, pas trop... Dit autrement, dans le meilleur des cas, on résiste le moins possible aux pressions de l'Administration US, de ses Agences et de ses relais à travers le monde. Sachez-le, citoyens et citoyennes du "monde libre"; votre droit à l'information est à jamais (?) amputé, du seul fait de cette forme de corruption intellectuelle, intrinsèque à cette domination mondiale que fait peser la puissance US sur tous les rouages de nos démocraties.

A cette heure, il est peu probable que Julian Assange, parvienne à sauver sa peau, au sens propre comme au figuré. Sa santé psychique et physique est gravement altérée par ses conditions d'incarcération, qui plus est, à cause de l'épidémie de Covid 19 qui sévit à l'intérieur même de la prison. Or, une infection à ce virus lui serait sans doute fatal, du fait de la maladie pulmonaire dont il souffre. La justice britannique reste sourde à toutes demandes de mesures sanitaires le concernant... Et oui, cela se passe comme ça, dans un pays démocratique, encore membre de l'Union Européenne !

Rappelons à toutes fins utiles, qu'aucune condamnation judiciaire ne vient justifier le fait que Julian Assange soit privé de sa liberté. Il n'est emprisonné qu'à titre préventif, dans l'attente du rendu de la justice britannique. Alors que dans le pire des cas, du moins dans une démocratie occidentale digne de ce nom, il devrait être placé en résidence surveillée avec une prise en charge sanitaire.

Il fut un temps où, la presse française et les médias audiovisuels, affichaient en Une, le nombre de jours qui s'écoulaient pour leurs confrères détenus en otage par des pays hostiles... Le cas de Julian Assange est certes différent, pour autant, rien ne justifie un tel silence médiatique sur le sort de ce journaliste, sacré "Homme de l'année" en 2010 par "Le Monde", et qualifié "D'homme le plus influent" en 2016 (devant Trump) par le Time magazine et son lectorat...

Voilà, voilà... Ami-e-s journalistes, je vous souhaite de bons matins sifflotants devant votre glace !

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