Benoit Hamon, comme Denis Kessler, veut clairement enterrer la Sécurité Sociale

Comment un homme se prétendant de gauche, peut-il ainsi jeter le bébé (Sécu) avec l'eau du bain (lutte de classe) aussi tranquillement qu'il l'a fait au micro de Marc Fauvelle, ce matin sur France Inter !? "Le revenu universel sera la sécurité sociale du 21è siècle" par cette phrase, Hamon se pose en synthèse de Sarkozy, Hollande et Macron réunis...

Benoit Hamon le 23/10/17 :  "Le revenu universel sera la Sécurité Sociale du 21è siècle !"

 

Benoît Hamon répond aux questions de Marc Fauvelle © France Inter

Sacré Benoit ! Tu n'as pas été ministre de Hollande et Valls pour rien.

Mais après tout, quoi d'étonnant, de la part d'un disciple de Rocard, que de vouloir tordre le cou à ce Régime Général de la Sécurité Sociale, l'institution anticapitaliste par excellence, au cœur de notre modèle social ?

C'est en portant cette mesure au cœur de ses propositions, que le mouvement M1717, pourra, le cas échéant, trouver l'appui de la classe dirigeante et des intérêts capitalistes les plus voraces. Pensez-vous ! Une conquête de la classe ouvrière, issue du Programme du Conseil National de la Résistance, soyons moderne, du passé faisons table raz...

Denis Kessler1 a dû tâcher son pyjama Dior, en entendant Hamon ce matin.

Décidément, vous êtes un sale bonhomme M. Hamon, soutenir la thèse que le travail se raréfie, pour justifier votre proposition, est une foutaise à plus d'un titre. Déjà parce que ce n'est pas le travail qu'il faudrait ici incriminer mais l'emploi. Et ce sont là, deux notions radicalement antagonistes, au regard de celles et ceux qui subissent de plein fouet ces emplois qui dénaturent leur travail. Demandez-donc par exemple, à la grande majorité des journalistes, si ce qu'ils ou elles sont contraint d'exécuter dans le cadre de leur emploi, correspond à la nature même de ce métier. On pourrait étendre cela à un nombre incalculable de métiers, comme ceux de l'agriculture, de l'enseignement, de la santé...

Sachant qu'il nous faudrait 3 millions de permaculteurs et permacultrices, à l'horizon de 2040 si nous souhaitions être mesure d'enrayer la stérilisation des sols et offrir à l'ensemble de la population les besoins en produits maraîchers sains et aux valeurs nutritives proches de ce qu'elles étaient au début du siècle dernier. Globalement, nos fruits et légumes actuels, ont perdu 70% de leur valeur nutritive.

Et ce n'est là qu'un exemple, du choix de société que nous souhaiterions promouvoir, en réorientant le travail vers l'intérêt commun universel, quand Hamon, propose ni plus ni moins d'accompagner par un revenu de dupe, l'offensive ultra libérale capitaliste, dans ce qu'elle génère de plus destructeur, du point vue humain, social et environnemental.

Visiblement, Benoit Hamon, notre homme de gauche de la "Belle Alliance Populaire", facilitateur de l'extrême droite au second tour de la présidentielle, a encore une fois, très clairement choisi son camp, en prononçant cette phrase fatidique, en titre plus haut. Une autre phrase de cette interview, illustre bien le raisonnement de cette gauche mendiante et soumise : à 6:10 dans la vidéo.

Hamon aura bien du mal à se présenter en opposant à Macron, son ex-collègue du PS et de gouvernement sous Hollande...

 

 

1- Denis Kessler, l’ex-vice-président du Medef, qui, en 2007, suggérait aux candidats à la présidentielle : « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. »

 

 

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