Le jeu perdant-perdant du PS

Ecouter les commentaires des apparatchiks du PS sur les élections municipales est affligeant. On a peine à croire que ces brillants politiciens soient surpris du résultat, et plus encore qu’ils puissent imaginer qu’il s’agit d’un « avertissement » et espérer une mobilisation de deuxième tour.

Les records d’abstention et de bulletins blancs (qu’on oublie), qui touchent majoritairement les électeurs de gauche, ne sont pas un « avertissement » mais un «  avis de rupture » : la confiance entre ces électeurs et le PS est rompue, définitivement.

La politique conduite par le Gouvernement PS-EELV  est un jeu perdant-perdant.

Perdant pour les électeurs qui ont à payer les « économies budgétaires » qui ne sont pas imputées sur le train de vie des élus, mais sur les services publics, les salaires, les retraites, les indemnités de chômage, les subventions aux collectivités locales pour les services sociaux, le pouvoir d’achat au travers de l’augmentation de la TVA ou des déremboursement des prestations de santé, …bref sur leur niveau de vie.

Perdant pour le Gouvernement dont les cadeaux aux grandes entreprises ne seront pas payés de retour par les créations d’emplois sur lesquels il a tout misé. Les baisses de « charges salariales » ne vont pas se traduire par des baisses de prix améliorant la compétitivité, mais par des augmentations des dividendes versés aux actionnaires, dividendes qui prendront directement le chemin des paradis fiscaux. Car ce qui grève la compétitivité de nos entreprises, ce n’est pas le « coût du travail » mais le « surcoût du capital » qui est passé de moins de 14% dans les années 1961-1981 à plus de 50% en 2011, selon une étude Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), atteignant 94,7 milliard d’euros.[1] Et on ne voit pas pourquoi les financiers  renonceraient à cette manne pour faire plaisir à M Hollande.

Entendre dire par des élus qui se prétendent de gauche, comme au mauvais temps de Mme Thatcher, qu’il n’y a pas d’alternative à la politique actuelle est mensonger, alors qu’entre 2008 et 2011 les 10% de français les plus riches se sont enrichis de 18 milliards d’euros tandis que les 10% les plus pauvres s’appauvrissaient de 150 millions d’euros[2].  Il y a une autre politique, qui implique une redistribution du travail et des richesses et les abstentionnistes ont signifié qu’ils ne comptaient plus sur les urnes pour la voir mise en œuvre. Mais alors, comment y parvenir ? C’est le défi lancé à tous ceux qui veulent une autre société, réellement démocratique.

 

 

 


[1] http://www.monde-diplomatique.fr/2013/07/CORDONNIER/49354

[2] http://www.inegalites.fr/spip.php?article632

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