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Billet de blog 12 août 2015

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tel aviv sur seine

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Je comprends mieux maintenant les raisons du haut le cœur qu'a provoqué chez moi l 'affaire de Paris Plage, Tel Aviv sur Seine. C'est d'abord le climat de lynchage qui règne autour de cette histoire, puis surtout la veulerie absolue dans laquelle verse aujourd'hui la gauche extrême, enfin le recyclage des thèmes antisémites les plus éculés.

Le climat de lynchage, je l'ai connu deux fois, il y a plusieurs décennies. La première fois à propos de la mort de Gabrielle Russier, la haine de « l'assassin Rossi » et les commandos de Mao-jungen qui arpentaient les facs en justiciers. Ce fut ensuite, toujours dans la même veine, l'affaire de Bruay en Artois où l'appel à la justice populaire faillit couter la vie à un brave homme reconnu par l'excitation populaire coupable, forcément coupable, parce que notaire donc bourgeois donc assassin d'une enfant. 
Notons qu'il y a toujours de l'enfant, et de la femme dans l'air.

Aujourd'hui on veut nous faire passer pour politique une affaire de lynchage. Car l'affaire Tel Aviv sur Seine est un affaire de justice populaire. La preuve en est tellement évidente qu'on ne la verrait presque pas. Elle tient en ceci : pourquoi ceux qui s'opposent à cette manifestation ne demandent pas aux parisiens de la boycotter , mais s'adressent à la maire de Paris pour qu'elle la supprime ?

Si les opposants n'ont pas à s'adresser au peuple, c'est parce qu'ils s'en auto-désignent les représentants. Ils sont la voix du peuple qui demande justice. Ils sont la voix du peuple qui veut la justice populaire, qui veut venger Gaza et ils trouvent contre Tel Aviv et contre Madame Hidalgo des arguments émotionnels propres à galvaniser. Cette justice rétributive veut le talion . Elle passe sur le fait qu'il n'y a pas en droit de culpabilité collective, qu'une ville n'est pas un Etat, qui d'ailleurs n'a pas (encore ) était condamné. Et cet argument de la capitale permet aux bonnes âmes de se ranger auprès de la juste colère. Mais entre nous, vous croyez vraiment qu'ils auraient réservé un autre sort à Haïfa sur Seine ?

Ils poussent loin. Ils utilisent avant tout l'image. Goebbels reconnaîtra ses 
enfants. L'immondice de Tardi, rien moins qu'un Paris occupé par les israéliens, les enchantent. Ils se gavent d'images d'enfants sacrifiés, pas par soucis de justice en Palestine, mais par soucis de sang à Paris.

Les justiciers font peur, et la gauche extrême en catastrophe se refait un portrait. La cause palestinienne est devenue le lieu commun de toutes les arnaques. Tant pis si elle n'en sort pas gagnante. Que pas une pierre ne repose sur une autre dans la lutte pour la justice.

Dans son désopilant article Barthe de Beyrouth voit la jeunesse remplacer la génération d'avant celle qui croyait à Camp David. Comme le raccourci plait ! Mais il obère ceci : ce sont de vieux maoïstes en recherche de jouvence qui sont à la manœuvre.

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