Avec Mélenchon, dépassement ou échec du trotskysme en France ?

Avec Mélenchon, les idées trotskystes peuvent soit se dépasser autour du programme "l'avenir en commun". Soit conduire à l'échec de la France Insoumise, par sectarisme.

Avec Mélenchon, dépassement ou échec des idées trotskystes en France ?

Avec Mélenchon, qui, dans sa jeunesse fut formé aux idées de Léon Trotsky, le mouvement trotskyste en France vit ses derniers moments comme force politique vivante : soit il se dépasse dans un nouveau mouvement politique, adapté au capitalisme informationnel numérique avec une perspective éco-socialiste démocratique ; soit il se transforme en diverses sectes, qui peuvent durer longtemps, mais sans influence de masse sur la société.

Regardons l’histoire politique française : les idées de Trotsky, qui séjourna en France avant la guerre de 1914-18 et dans les années 1930, ont essaimé dans notre pays, comme opposition de gauche au Parti communiste français.

En mai 1968 et dans les années 1970,-80 trois organisations trotskystes étaient influentes dans l’extrême gauche française : la JCR-LCR (dirigeant Krivine), Lutte Ouvrière (avec Arlette Laguiller et Hardy) et l’AJS (dirigeant Pierre Bousel-Lambert) qui recruta Mélenchon.

Avec l’écroulement de l’URSS en 1991 et de la perspective trotskyste d’une révolution socialiste dans ces Etats, les idées trotskystes ont pris un dernier coup de vieux, avec un pronostic totalement erroné : les Etats dits « ouvriers » ne passaient pas du socialisme bureaucratique au socialisme ; mais au vrai capitalisme privé, avec du capitalisme d’Etat.

Mais les mouvements politiques trotskystes ont continué d’animer la scène politique de gauche en France, notamment au moment des élections présidentielles. Les trois grands mouvements trotskystes ont, à un moment, percé.

D’abord Lutte Ouvrière, autour de la candidature d’Arlette Laguiller (5 % deux fois). La direction du mouvement refusa de remettre en cause son fonctionnement élitiste au nom de la construction du parti révolutionnaire. Régression du mouvement ensuite (moins de 1% en 2017).

Puis, la LCR, avec la candidature Besancenot (5 % deux fois). La direction de la LCR lança le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), un parti très large en programme et revendications, gagnant de nombreux jeunes à la politique de gauche, tout en voulant contrôler elle-même ce nouveau parti. Explosion en vol, mise sur la touche de Besancenot, échec (moins de 1 % en 2017).

Et enfin, une partie de l’ex-AJS (et du POI-FO), avec le groupe Mélenchon et ses amis ont lancé la France Insoumise en 2016. Succès en 2017 : près de 20 % à la présidentielle, 11 % aux législatives, un groupe parlementaire.

La malédiction du trotskysme, logiciel obsolète, celle du sectarisme, tendance naturelle dans la gauche française de la part des « sachants » contre l’auto-organisation démocratique des classes populaires et moyennes travailleuses va-t-elle encore frapper ? Nous aurons la réponse assez vite lors de la Convention de la France Insoumise d’octobre 2017 où l’enjeu sera : nouveau mouvement politique démocratique, pluraliste et ouvert sur la base de « l’avenir en commun » ou sectarisation des insoumis ?

Le 4 août 2017

 

 

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