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Billet de blog 1 mars 2016

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Ce qu'il faut savoir sur le conflit entre Apple et le FBI Home TECH & WEB Tech & Web Par Lucie Ronfaut Mis à jour le 25/02/2016 à 23:57 Publié le 25/02/2016 à 17:48 Un Apple Store à New-York. EN BREF L'entreprise s'oppose aux autorités américaines dans un bras de fer juridique.

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Ce qu'il faut savoir sur le conflit entre Apple et le FBI

EN BREF

  • L'entreprise s'oppose aux autorités américaines dans un bras de fer juridique.
  • Le FBI réclame son aide pour accéder aux données d'un iPhone impliqué dans une affaire de terrorisme.
  • Le Figaro revient sur cette affaire qui secoue la Silicon Valley.

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Je me lance

C'est une affaire qui aurait pu se régler à l'abri des regards, mais qui fait finalement beaucoup de bruit. Apple et le FBI se livrent depuis une semaine à un bras de fer juridique, technique et politique. Au cœur du scandale: l'iPhone de Syed Rizwam Farook, auteur de la tuerie de San Bernardino, aux États-Unis. Le Figaro revient sur une affaire qui pourrait déterminer l'avenir des nouvelles technologiques aux États-Unis et dans le monde.

● Le 16 février: début des hostilités

La juge californienne Sheri Pym exige qu'Apple aide le FBI à accéder au contenu chiffré du téléphone de Syed Rizwam Farook, l'un des auteurs de la tuerie de San Bernadino. «Apple aidera à permettre les recherches sur un téléphone cellulaire» (un iPhone 5C), et ce «en fournissant une assistance technique raisonnable pour aider les agents des forces de l'ordre à obtenir l'accès aux données sur l'appareil», écrit-elle dans sa décision. Les données des iPhone sont en effet chiffrées, c'est-à-dire illisibles à toute personne ne possédant par le code de déverrouillage de l'appareil. Apple a bien pris soin de ne pas stocker les codes de ses utilisateurs sur ses serveurs, afin de ne pas être forcée à les céder à la justice. En outre, les iPhone sont également protégés par une fonctionnalité de sécurité supplémentaire (et facultative), qui efface toutes les informations personnelles si l'on y entre plus de dix codes erronés. La juge réclame donc à Apple un outil permettant d'accéder aux données chiffrées du téléphone sans passer par l'entrée d'un code.

Apple refuse cet ordre au travers d'une lettre ouverte signée par Tim Cook, son PDG. «Nous nous opposons à cet ordre, qui implique des choses qui dépassent largement ce seul cas», écrit-il. «Le FBI exige que nous construisions une nouvelle version de notre système d'exploitation, désactivant des fonctionnalités de sécurité très importantes, pour l'installer sur des iPhone récupérés dans le cadre d'une enquête. Si ce logiciel tombait entre les mauvaises mains, cette personne pourrait potentiellement ouvrir n'importe quel iPhone.» Tim Cook compare carrément cette demande à la création d'une «porte dérobée», c'est-à-dire une faille laissée volontairement ouverte afin de laisser le FBI accéder aux données des produits Apple. Pour lui, accepter la requête du FBI, c'est accepter que ce logiciel soit utilisé à d'autres occasions ou par d'autres pays, et donc compromettre les données personnelles de tous les utilisateurs d'iPhone dans le monde. Une version que conteste le FBI, pour qui il s'agit simplement de développer un outil permettant de dévérouiller un seul téléphone.

● Le 17 février: la NSA s'en mêle

Dans une interview accordée à Yahoo News, l'amiral Michael Rogers, à la tête de la NSA, affirme que sans le chiffrement, les attentats de Paris auraient pu être évités. L'agence de renseignement n'a rien à voir avec le conflit qui oppose Apple et le FBI. Dans cette même interview, Michael Rogers a d'ailleurs également affirmé que le chiffrement était «fondamental pour le futur». «Je ne pense pas que la question soit de savoir s'il faut s'en débarasser, ça ne serait pas réaliste», a-t-il expliqué. Cette intervention avait surtout pour but de réaffirmer le travail des services de renseignement face au terrorisme, en plein contexte électoral aux États-Unis. Apple recevra d'ailleurs quelques jours plus tard le soutien de Michael Hayden, ancien chef de la NSA, qui estime que les portes dérobées «abîment la sécurité et la vie privée des Américains».

Néanmoins, les propos de Michael Rogers sont venus accentuer la pression sur Apple. Depuis que les iPhone sont chiffrés par défaut, de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le fabricant et l'accuser d'entrave aux enquêtes de la justice. La société américaine, de son côté, a justement pris la décision de chiffrer ses produits après les révélations d'Edward Snowden sur l'espionnage de la NSA. À l'époque, Apple et d'autres entreprises avaient nié avoir autorisé l'agence à créer des portes dérobées dans leurs produits.

» LIRE AUSSI: Entre Apple et le FBI, le difficile équilibre des géants du Web

Le même jour, Tim Cook reçoit le soutien de nombreux acteurs du Web et des nouvelles technologies, dont Google, WhatsApp (propriété de Facebook) ou la fondation Mozilla, éditeur du navigateur Web Firefox. La plupart ont eux aussi pris des mesures en faveur du chiffrement après le scandale de la NSA, et tous s'opposent aux portes dérobées. Ils expriment leur crainte de voir se réaliser un précédent judiciaire, qui les forcerait ensuite à ouvrir leurs produits à la demande du gouvernement. «Nous construisons des produits capables de protéger vos informations, tout en collaborant avec les autorités dans le cadre de demandes valides et légales», explique Sundar Pichai, PDG de Google, qui propose une option de chiffrement sur la version la plus récente d'Android. «Mais c'est une tout autre histoire de forcer une entreprise à permettre le hacking de nos propres appareils. Cela pourrait créer un précédent très inquiétant.»

● Le 19 février: les accusatio

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