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Billet de blog 24 avr. 2017

Continuité

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François Bayrou, Manuel Valls et quelques autres auront donc droit à un nouveau tour de manège par la grâce de Jean Lecanuet ressuscité le septième jour après N.S. Jésus-Christ. Ce que des éditorialistes ont appelé « séisme », « double 21 avril », « fin d’une époque », « crise de régime » et j’en passe, c’est juste que l’idéologie néolibérale dominante en France, en gros, depuis 1978 (à la seule exception de la parenthèse 1981-1983) va maintenant s’appliquer au plus haut niveau de l’Etat sans se prétendre « de gauche » ni « de droite ». Ni même « du centre », d’ailleurs, mais juste comme la seule chose que les gens qui savent sont supposés penser et mettre en œuvre. C’est donc toujours la même chose, mais maintenant à l’état brut. Nous avons eu la variante de gauche (avec souci de la « diversité », usage à tout bout de champ du mot « citoyen » en substantif aussi bien qu’en adjectif, voitures électriques et quinoa équitable) et la variante de droite (avec effet de levier, Rolex, usage héroïque des mots « nation » et « identité » face à l’oppression gauchiste, Porsche Cayenne et viande en sauce). Là il va juste rester l’essentiel : compétitivité, mise en concurrence de tout et de tous, grilles d’évaluation dans tous les sens, discours purement adaptatif. Les entrepreneurs d’eux-mêmes rêvant d’être milliardaires vont peut-être se réveiller un jour dans un vrai cauchemar. En attendant on est à l’os.

Notre nouveau Global Head France (oui bon l’AG doit encore ratifier mais c’est plié, d’ailleurs l’info est déjà dans les cours) n’est pas tant un « banquier » qu’un homme des « revolving doors » : il n’a jamais eu à distinguer sa gauche de sa droite parce que, passant de l’un à l’autre et vice versa, il n’a jamais vu de différence sérieuse entre Etat et entreprise. Tout ça c’est du management ; seuls les benchmarks changent, et encore. Le discours néolibéral qui pouvait avoir l’air nouveau dans les années 80 a traversé les décennies et nous revient dans un état chimiquement pur.

Bien sûr il faut voter pour lui au deuxième tour pour éviter de petits désagréments du genre guerre civile, il faut surtout espérer que d’autres options se présenteront plus tard.

Seuls les gens pour qui les partis politiques étaient importants, c’est-à-dire peu de monde, peuvent penser qu’il y a quelque chose de changé. Rassurons-les : il ne se passe rien, mais alors strictement rien d’important. C’est tout le problème.

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