Jean-François Floch condamné pour agressions sexuelles

Jean-François Floch, co-dirigeant avec son épouse Dominique Joubert, de Bioréalités puis d’Eramondi, startup montpelliéraine prometteuse dans le domaine médical, a écopé de dix mois avec sursis pour harcèlement moral, tentative d’agression sexuelle et plusieurs agressions sexuelles sur ses salariées.

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« Ce ne sont pas tant ses recherches qui sont intéressantes que son fondateur. » Cette phrase qui prend un sens tout particulier aujourd’hui, c’est Objectif Languedoc-Roussillon qui l’écrit dans son édition de juin 2011 à propos de l’entreprise Bioréalités (devenue Eramondi), en introduction des trois pages consacrées à son patron Jean-François Floch. Le magazine est visiblement tombé sous le charme de ce chef d’entreprise « atypique qui se dit au service de ses cadres (et non l’inverse) » et semble oublier un peu vite que la richesse de Bioréalités, c’est surtout ses recherches très prometteuses dans le traitement de plusieurs cancers dont le cancer colorectal. Tellement prometteuses que Servier, premier groupe pharmaceutique français indépendant (3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012, 20 000 salariés), a racheté Bioréalités en juillet 2011. Il faut dire que le marché potentiel est énorme et Servier ne s’y est visiblement pas trompé.

Inspection du travail
Quelques mois plus tard, c’est une autre facette de l’entreprise que vont découvrir les policiers, les gendarmes, le procureur et l’inspection du travail. Car ce sont pas moins de sept salariées de l’entreprise, aidées par l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui dénoncent à l’inspection du travail des faits de harcèlement sexuel et/ou d’agressions sexuelles.

Dans un courrier daté du 7 mars 2012, l’inspectrice du travail écrit ainsi à Jean-François Floch : « En tenant des propos blessants ou humiliants et en mettant intentionnellement en place des actions de déstabilisation de ces personnels, en adoptant un comportement non désiré à connotation sexuelle s’exprimant tant verbalement que physiquement avec pour effet de créer un environnement intimidant et portant atteinte à la dignité des personnels, vous avez outrepassé les limites de l’exercice de votre pouvoir de direction. » Conséquence : l’inspectrice dresse un procès-verbal et le transmet au procureur de la République de Montpellier.

Procès-verbaux d’audition
L’enquête démarre et ne traine pas. Les auditions ont lieu puis Jean-François Floch est placé en garde-à-vue le 10 avril pendant près de quatre heures à la gendarmerie de Clapiers. Il sera de nouveau entendu le 15 mai pendant près de 2h30. Et à la lecture des procès-verbaux d’audition que Montpellier journal a pu consulter, on est frappé : les accusations sont convergentes et, plus étonnant encore, Jean-François Floch reconnaît certains faits.

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