Un numéro de "C dans l'air" consacré à Marine le Pen et à la "montée" du FN

Je suis étonné que dans une émission qui devait être consacrée à Marine Le Pen, on passe autant de temps à parler de Jean-Luc Mélenchon ! Comment expliquer cette dérive ?

Nos commentateurs de services déplorent que la droite, tout comme ce qu'ils qualifient la "gauche", n'ont pas trouvé de réponse permettant d'éviter la "montée" du FN. Ils emploient volontairement le terme de "gauche" pour qualifier le gouvernement actuel, alors qu'ils savent très bien qu'il ne s'agit pas de cela, mais d'une mouvance déguisée en gauche. En effet, elle n'a de gauche que le nom, car la petite fraction du PS au pouvoir mène une politique néolibérale tout comme les prédécesseurs. On ne peut donc pas légitimement la définir comme étant de gauche.
Pour ces commentateurs, il est bien pratique de reprendre le terme utilisé par le gouvernement lui-même pour se qualifier. Ils peuvent dire « la politique de la gauche ne réussit pas mieux que celle de la droite », soit parce qu'ils veulent un retour de la droite, soit parce qu'ils sont d'accord avec la politique néolibérale menée.

Ce qui leur fait peur, c'est l’avènement d'une vraie politique de gauche (celle proposée par le FdG). Il faut donc diaboliser les propositions de Jean-Luc Mélenchon, parler de lui et le qualifier d’extrémiste. Voilà pourquoi on a tant parlé de Jean-Luc Mélenchon au cours de cette émission.

Monsieur Calvi, il serait souhaitable de trouver chez vos commentateurs plus d’honnêteté intellectuelle pour admettre qu’au sein d’un parti comme le PS, plusieurs mouvances peuvent coexister et que d’autres partis, en dehors du PS, peuvent exister sous la qualificatif de gauche, sans être répertoriés comme des extrêmes ! Vos quatre invités ont oublié que la gauche pouvait être plurielle. Avec la même malhonnêteté intellectuelle, considérant qu’il ne peut y avoir qu’une droite, nous pourrions dire que Copé est d'extrême droite et Fillon de droite !

Sur cet acharnement à dénigrer Jean-Luc Mélenchon, nous pouvons décerner une mention spéciale à Nathalie Saint-Cricq qui n’a pas encore « avalé » sa prestation lamentable dans le dernier numéro de « Des paroles et des actes » !

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