Le verdict fut unanime : ce choc incandescent entre le Maroc et le Nigeria avait des allures de finale avant l’heure. Une bataille titanesque, opposant deux formations rugueuses, armées d’un mental d’acier et d’un engagement physique à couper le souffle. Un duel électrique, haletant, où chaque ballon semblait peser une tonne.
Contrairement aux pronostics alarmistes, les redoutés Super Eagles, qui faisaient trembler tout le continent, ont vacillé sous la pression. Pris à leur propre jeu, étouffés, ils ont fini par plier dans un combat où l’intelligence collective a pris le dessus sur la seule puissance brute.
Car malgré leur impact physique et la richesse de leurs individualités, les Nigérians se sont heurtés à un mur tactique savamment érigé par Walid Regragui. Le sélectionneur marocain a livré une masterclass, anesthésiant son adversaire par un plan de jeu chirurgical, une gestion des temps forts et des temps faibles digne des plus grands stratèges. Un coaching d’orfèvre, où chaque effort était mesuré, chaque déplacement pensé, chaque intention maîtrisée.
Le spectacle fut total. Deux équipes valeureuses, des émotions à fleur de peau, une tension permanente. Aucun hold-up, aucune injustice : les Lions de l’Atlas ont arraché leur ticket pour la finale avec autorité, portés par une vision de jeu magistrale et une intensité collective réglée comme du papier à musique. Un match d’anthologie, gravé dans les mémoires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 tirs marocains dont 5 cadrés, contre seulement 2 tentatives nigérianes, une seule cadrée. Les attaquants adverses ont été muselés, neutralisés, réduits au silence par une organisation défensive implacable et des joueurs de très haut niveau, transcendés par l’enjeu.
On assistait à un véritable combat de rue, âpre, rude, mais parfaitement maîtrisé par le Maroc. Toujours à l’initiative, plus audacieux, plus entreprenant, les Lions de l’Atlas ont progressivement éteint la flamme nigériane, jusqu’à l’épreuve ultime des tirs au but.
Et dans ce moment suspendu, Bounou s’est dressé en héros. Après de longues minutes de vigilance silencieuse tout le long du tournoi, le portier marocain a jailli, repoussant magistralement deux penalties, ravivant dans tous les esprits le souvenir de l’exploit mythique face à l’Espagne lors du Mondial 2022 au Qatar. Un gardien de légende, encore.
Collectivement, le Maroc était au-dessus. Plus juste, plus serein, plus inspiré. Une équipe qui a gagné bien plus qu’un match : le respect unanime des amoureux du football à travers le monde.
Certes, le public marocain a tremblé. Les cœurs ont battu à rompre. Mais cette ferveur sans faille, ce soutien incandescent de la première à la dernière seconde, a été récompensé au terme d’un combat historique, intense, épique et clairement déconseillé aux cœurs fragiles.
À l’issue de cette victoire somptueuse, le stade était en transe. Une communion totale. Personne ne voulait quitter ce temple illuminé, féerique, vibrant encore des chants et des cris de joie. Une folie douce s’est emparée des tribunes, certains étant prêts à y camper jusqu’à la finale de dimanche.
Car un autre défi colossal attend les Lions de l’Atlas : le Sénégal, sérieux prétendant au sacre, dans une CAN 2025 déjà entrée dans la légende, la mieux organisée de son histoire et vitrine éclatante d’un football africain enfin hissé au rang mondial qu’il mérite.
Rendez-vous dimanche, pour la suite de cette épopée africaine qui fait vibrer le cœur de tous les Marocains, aux quatre coins du globe.