JALIL BERRADA

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Billet de blog 24 janvier 2026

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LE FOOTBALL AFRICAIN : OÙ VA-T-ON ?

La finale de la CAN 2025, organisée au Maroc, restera un moment fort du football africain, tant par son organisation que par l’engouement qu’elle a suscité. Les incidents survenus en fin de rencontre appellent toutefois à une réflexion collective sur le respect des règles, des valeurs sportives et l’avenir du jeu sur le continent.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La finale de la CAN 2025, organisée au Maroc, aurait dû être une célébration du football africain à son apogée. Elle restera malheureusement marquée par des incidents graves venus ternir un rendez-vous sportif pourtant historique, tant par son niveau d’organisation que par l’engouement populaire qu’il a suscité.

Ces événements, loin d’être de simples débordements émotionnels liés à l’intensité d’une finale, traduisent une dérive préoccupante qui interpelle l’ensemble des acteurs du football africain. Saisie par la Fédération Royale Marocaine de Football, la Confédération Africaine de Football (CAF) examine actuellement les faits impliquant des membres de l’équipe sénégalaise et de son encadrement. 

Des personnes présentes en tribunes, dont certaines font aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires parmi lesquelles figurerait le propre frère de l’entraîneur adjoint algérien de l’équipe.

La commission de discipline de la CAF est donc appelée à se prononcer sur un dossier particulièrement sensible, dans un contexte où l’image du football africain est en jeu.

Consciente des impératifs d’impartialité, la CAF a procédé à un réaménagement de la composition de ladite commission, écartant tout membre issu d’un pays directement concerné par cette finale, en l’occurrence son président actuel, le sénégalais Ousmane Kane. La vice-présidente kényane, Jane Onyango, assure ainsi la présidence des travaux, épaulée par des représentants sud-africain, égyptien, tchadien et nigérian.

Au-delà des sanctions financières, plafonnées à 200 000 USD dans la pratique récente des sanctions disciplinaires, ce sont surtout les suspensions sportives individuelles qui constituent l’enjeu majeur. Celles-ci pourraient avoir des répercussions directes sur la participation de certains joueurs et membres de staff lors de la prochaine Coupe du monde, prévue cet été aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Il convient de rappeler que ces sanctions, une fois prononcées, sont immédiatement exécutoires, même si les voies de recours restent ouvertes. Dans ce climat tendu, les rumeurs et interprétations excessives ne font qu’alimenter des clivages inutiles, alors même que le football devrait demeurer un facteur de rassemblement et non de division.

Le verdict est attendu dans les prochains jours, ce week-end ou en début de semaine.

Quelles que soient les décisions prises, visiblement inspirées par Gianni Infantino, patron de la FIFA, elles se devront d’être à la hauteur de la gravité des faits, non dans un esprit de vengeance, mais dans une logique pédagogique, afin que de tels incidents ne se reproduisent plus et que le respect des règles et des valeurs sportives soit pleinement restauré.

Le malaise suscité par cette finale explique sans doute l’absence, à l’heure actuelle, des félicitations officielles habituellement publiées par la CAF et la FIFA à l’issue d’une compétition continentale. Un silence révélateur de la profondeur de la blessure infligée à l’image du football africain et mondial.

C’est dans ce contexte que la réaction du Roi Mohammed VI prend tout son sens. 

Dans un communiqué officiel empreint de sagesse et de hauteur de vue, le Souverain a reconnu que la finale avait été entachée par des incidents regrettables, tout en appelant à dépasser les émotions et les passions du moment. Il a réaffirmé avec force que la fraternité interafricaine finira naturellement par reprendre le dessus et que rien ne saurait altérer les liens historiques et profonds unissant le Maroc aux autres nations du continent.

Le Roi a également salué le succès organisationnel de cette CAN et son apport au rayonnement du football africain, réitérant l’engagement du Maroc en faveur des valeurs de fraternité, de solidarité et de respect, au service d’une Afrique unie et tournée vers l’avenir.

Cette parole apaisée et humaniste rappelle l’essentiel : le football est un jeu, mais aussi un puissant vecteur de rapprochement entre les peuples. Une leçon précieuse pour le sport africain, dont le meilleur reste encore à écrire.

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