Le partenariat "cooperate+share" de la DGSE et la GCHQ et leur "partenaire privé" spécialisé dans le développement protocolaire

Dans un brève publié aujourd'hui par Mediapart, reprenant des informations relayées par la chaîne de télévision britannique Channel 4,  nous apprenons l'accumulation des preuves de la coopération entre les agences de renseignement américaine et britannique, et l'existence d'un accord secret entre le gouvernement britannique et la NSA.  

Dans un brève publié aujourd'hui par Mediapart, reprenant des informations relayées par la chaîne de télévision britannique Channel 4,  nous apprenons l'accumulation des preuves de la coopération entre les agences de renseignement américaine et britannique, et l'existence d'un accord secret entre le gouvernement britannique et la NSA. 

 

Espionnage : l'accord secret entre la NSA et le gouvernement britannique

21 novembre 2013 |     Par La rédaction de Mediapart

Alors que s'accumulent les preuves de la coopération entre les agences de renseignement américaine et britannique, la chaîne de télévision britannique Channel 4 News révèle l'existence d'un accord secret entre le gouvernement britannique et la NSA. 

 

Au début du mois de novembre, des révélations dans le Guardian ont, en outre, précisé l'existence d'un partenariat "cooperate and share" (coopérer et partager) entre la GCHQ et la DGSE, ainsi que l'existence des rélations qu'entretient la GCHQ avec un partenaire privé de la DGSE spécialisé dans le développement protocolaire...

La GCHQ dit même avoir pris contact avec ce "partenaire privé" de la DGSE, spécialisé dans le développement protocolaire ("who has some innovative approaches to some internet challenges, raising the potential for GCHQ to make use of this company in the protocol development arena"), afin de faire face à certains défis dans le domaine du développement protocolaire et la reconnaissance des flux sur Internet.

http://www.theguardian.com/uk-news/2013/nov/01/gchq-europe-spy-agencies-mass-surveillance-snowden

The country-by-country survey, which in places reads somewhat like a school report, also hands out high marks to the GCHQ's French partner, the General Directorate for External Security (DGSE). But in this case it is suggested that the DGSE's comparative advantage is its relationship with an unnamed telecommunications company, a relationship GCHQ hoped to leverage for its own operations.

"DGSE are a highly motivated, technically competent partner, who have shown great willingness to engage on IP [internet protocol] issues, and to work with GCHQ on a "cooperate and share" basis."

Noting that the Cheltenham-based electronic intelligence agency had trained DGSE technicians on "multi-disciplinary internet operations", the document says: "We have made contact with the DGSE's main industry partner, who has some innovative approaches to some internet challenges, raising the potential for GCHQ to make use of this company in the protocol development arena."

Ces informations révélées par The Guardian/Ed Snowden corroborent l'annonce faite en interne, devant l'ensemble du département R&D de l'entreprise Qosmos, spécialiste française du développement protocolaire, par son Vice-Président Communication Erik Larsson, au mois de mars 2012 : "Nous sommes en train de négocier auctuellement un contrat avec le gouvernement Britannique."

Le partenaire privé de la DGSE - "the DGSE's main industry partner" selon les documents révélés - est l'entreprise française Qosmos, entreprise au statut Confidentiel Défense spécialisée dans le domaine du développement protocolaire, et qui à ce titre a reçu €10 millions du Fond Stratégique d'Investissement (FSI) en août 2011.

En tant que Responsable de la Documentation Technique au sein du département R&D de l'entreprise Qosmos, j'ai assisté personnellement à cette réunion de mars 2012, et suis prêt à la raconter dans ses détails à la justice française.

Ces révélations et faits établis inspirent quelques questions précises d'une grande importance :

  • Quelle est la nature du partenariat "cooperate and share" (coopérer et partager) entre la GCHQ et la DGSE, et quels moyens de contrôle démocratique existent en France permettant de préciser, encadrer et contrôler ce partenariat "coopérer et partager" ? Autrement dit : quel contrôle démocratique existe aujourd'hui en France, concerant la coopération révélée par Channel 4 et The Guardian/Ed Snowden entre la DGSE et la GCHQ ?
  • Etant donné "les preuves de la coopération entre les agences de renseignement américaine et britannique", quel est la nature des rapports entre La DGSE et la NSA ?

  • Est-ce que la DGSE coopère également, de manière directe ou indirecte, avec la NSA, étant donné qu'elle coopère déjà avec la GCHQ dans un partenariat "cooperate and share" et que nous savons aujourd'hui que ce dernier coopère directement et massivement avec la NSA ?
  • Quel contrôle existe en France concernant des entreprises française privées au statut Confidentiel Défense, et considérées comme stratégique pour la France, mais qui en même temps travaillent directement avec des gouvernements étrangers ?

  • Quelle est la réponse du gouvernement français concernant ces questions fondamentales ?

 

James Dunne

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.