Je m’inquiète de découvrir à retardement une grande perversité dans l’application de la Loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024.
En vain, je cherche à comprendre certaines des conditions exigées (par circulaire du Ministre de l’Intérieur en date du 5 février 2024) lors d’une demande d’Admission Exceptionnelle au Séjour et d’Autorisation de Travail au titre des Métiers en Tension.
Je n’ai pas trois ni deux, mais UNE SEULE QUESTION: Qui pour m’expliquer ?
Je lis l’intitulé du formulaire à remplir : « Demande d’Admission Exceptionnelle au Séjour ET d’Autorisation de Travail au titre des métiers en tension ».
Tout individu sensé comprendrait que lorsque la demande est formulée, l’autorisation de travail sur le territoire français n’a pas encore été prononcée. Les deux sont liés : le Séjour -exceptionnel- et l’Autorisation de Travail.
Qui peut m’expliquer alors pourquoi les pages 4 et 5 du formulaire à compléter exigent du demandeur qu’il apporte la preuve d’un emploi actuel ?
S’agit-il d’un piège pour justifier l’OQTF qui sera adressée à ceux qui oseraient demander le Séjour ET l’autorisation de travail sans preuve d’un « travail actuel » au jour de la demande ?
Pourtant, ce jour-là, il n’a pas encore l’autorisation de travailler !
Est-ce un moyen détourné pour connaître les entreprises qui recruteraient illégalement ?
Ou alors : une bonne blague à la française ?
Tout cela n’a aucun sens pour moi. Je manque d’humour.
Aboulaye vit à la maison depuis 4 ans. Jamais aucun problème de comportement, de saute humeur, de manque de politesse ! Ses professeurs louent une rare attitude de respect chez ce jeune.
En juillet, j’avais joint mon témoignage à ceux de ses professeurs et du coach du Club de Boxe où il est inscrit depuis septembre 2023. Son investissement y est confirmé par quelques belles victoires, déjà.
Le croiriez-vous : la Préfecture l’invite à compléter son dossier initial par :
1. Des preuves de l’insertion sociale et familiale à la société française et de l’adhésion aux modes de vie.
Et pour parfaire l’absurde, il lui faudra apporter aussi :
2. Les preuves de l’exercice actuel d’une activité salariée dans un métier en tension.
Lors du dépôt de sa demande initiale, début juillet, il était encore en apprentissage et 18 fiches de paie avaient été jointes au dossier.
Depuis, il retourne à l’école pour préparer un autre CAP car il ne peut continuer son apprentissage, faute d’ Aide Médicale d’Etat qui lui a été refusée faute de droit de Séjour.
Las, le dossier-réponse à la Préfecture vient d’être retourné, sans produire toutes ces preuves improbables réclamées !
Il comporte tout de même -entre quelques autres explications et justificatifs- la promesse d’embauche d’une Agence d’Emploi en Intérim. Elle indique dans son courrier "nous avons effectivement des entreprises qui recherchent activement du personnel dans son domaine."
Dès que tu auras le Séjour et l’Autorisation de Travail, il y a des places pour toi: bravo, Aboulaye !
La Préfecture trouvera peut-être qu’il ne s’agit que d’une promesse d’embauche. Ça ne suffira pas.
Aboulaye, tant pis pour toi si c'est l’OQTF car… car… car… tu es irrégulier, en fait ! N’oublie pas !
Alors…
Cette procédure exceptionnellement absurde prendra fin un jour…
Le 31 décembre 2026 !
On laisse faire?
J. Michel