OPÉRATION CARNAVAL déguisé en militaire à Istres, Macron enfreint le Code pénal

Encore une opération de « comm’ » inspirée des États-Unis

== OPÉRATION CARNAVAL == déguisé en militaire à Istres, Macron enfreint le Code pénal et révèle une nouvelle fois des aspects inquiétants de sa personnalité.

Après le désastre qu’il a provoqué sur la question du budget des armées – problème qui est moins réglé que jamais -, Macron a cru pouvoir remonter la pente dans l’opinion en misant, bien entendu, sur une opération de communication. Que sait-il faire d’autre ?

Macron et ses panoplies

Sans crainte du ridicule, il s’est donc rendu au plus vite – le 20 juillet 2017 – sur la base militaire aérienne 125 d’Istres-Le Tubé pour tenter de remonter le moral des troupes. Avec comme seul argument deux panoplies dans son bagage.

  • d’une part, sa panoplie de président de la République version magazine de salon de coiffure, avec costume sombre, pantalon moulant, chemise blanche, cravate étroite, teint hâlé et sourire Colgate :

 

  • d’autre part, et c’était là l’effet recherché, une panoplie de pilote de l’armée de l’air(peut-être offerte par le remplaçant du général de Villiers comme cadeau de remerciement ?) :

 

Notons au passage que l’histoire ne dit pas à quel moment de la visite de la base aérienne Macron est allé se déshabiller pour changer de panoplie.

Le nouveau chef d’état-major des armées avait-il réquisitionné les toilettes pour que le locataire de l’Élysée puisse retirer la panoplie de président et enfiler celle d’aviateur ? Le magazine Closer nous dévoilera peut-être sous peu quelques clichés intéressants sur cette affaire d’État.

 

Encore une opération de « comm’ » inspirée des États-Unis

Contrairement à ce qu’anticipait peut-être Macron – toujours désireux de profiter de l’imbécillité qu’il présume être celle de ses concitoyens -, l’idée de s’habiller en uniforme de l’armée de l’air n’a trompé personne. Même les médias les mieux disposés à son égard – c’est-à-dire presque tous – ont été obligés de titrer sur le caractère factice de toute cette opération.

Même si les propos des journalistes sont encore prudents et alambiqués, aucun média n’est dupe que la visite de Macron à Istres n’est qu’une opération d’enfumage de plus. Ici, le journal La Croix du 20 juillet 2017 titre aimablement sur « l’Opération reconquête ». Compte tenu de l’accoutrement de Macron, c’était plutôt une « Opération Carnaval ».

 

L’idée finaude de la panoplie n°2 – idée tellement lourde que de nombreux médias n’ont pas pu faire autrement que la relever – était d’essayer de faire naître, dans le subconscient des Français, un parallèle entre l’ancien élève de Brigitte Trogneux et Tom Cruise dans le film Top Gun.

Cette idée de déguisement lui a peut-être été suggérée par des consultants en communication ayant séjourné aux États-Unis. Quoi que Laurence Haïm (journaliste qui travaillait outre Atlantique avant de rejoindre l’équipe de campagne) a claqué la porte de l’équipe Macron quelques jours avant ce sketch. Il paraît qu’elle était assez mécontente – d’après le « Canard Enchaîné » – de n’avoir pas vu ses talents reconnus à leurs justes mérites.

En tout cas, il ne s’est agi que d’un copié-collé des opérations de communication lancées voici une quinzaine d’années par le président George W. Bush, de sinistre mémoire. Celui qui a déclenché la guerre en Irak en 2003, qui a coûté la vie à au moins un million de civils, s’est en effet plusieurs fois déguisé en militaire devant les caméras, sur fond de soldats américains.

 

À gauche : – L’acteur Thomas Cruise Mapother IV, dit « Tom Cruise », joue le rôle d’un pilote de l’armée de l’air américaine dans le film « Top Gun » (1986) qui connut un succès mondial – Au centre : Le président George W. Bush en combinaison de vol après son atterrissage sur l’USS Abraham Lincoln pour donner son discours « Mission accomplie » sur la guerre en Irak le 1er mai 2003. – À droite : Macron sur la base militaire aérienne 125 d’Istres-Le Tubé le 20 juillet 2017

 

En bref, force est de constater que Macron a 31 ans de retard sur Tom Cruise et 14 ans de retard sur George W. Bush pour nous faire ce numéro de comm’.

Cela n’a pas empêché Macron de vouloir revêtir de pied en cap tout l’uniforme militaire, jusques et y compris le tricot de corps assorti à la combinaison….

Mieux encore, un examen minutieux des photos révèle que l’uniforme factice qu’il a endossé portait la mention « ARMÉE DE L’AIR – Emmanuel Macron » sur le sein droit (et l’écusson « Forces Aériennes Stratégiques » sur l’épaule droite).

Or ceci est juridiquement et factuellement un mensonge : M. MACRON Emmanuel ne fait pas partie des militaires servant dans l’armée de l’air.

Comme nous allons le voir maintenant, un tel mensonge assumé publiquement est grave – et ne serait pas toléré dans de nombreux pays du monde.

 

 

Une séance de carnaval qui pose deux problèmes de fond

En bref, ce n’est plus Jupiter qui siège à l’Élysée, c’est le Polichinelle de Carnaval. Mais cette séance de déguisement du président de la République pose quand même deux problèmes de fond.

 

1°) un problème pénal

Une question toute bête qu’aucun journaliste ne semble s’être posé, c’est de savoir si le chef de l’État a le droit de se travestir comme un caméléon en public, pour endosser des fonctions qui ne sont pas les siennes.

Or, il se trouve que le Code pénal réprime fermement l’utilisation d’un uniforme par quelqu’un qui n’a pas le droit de le porter.

Soyons précis : le port illégal d’uniforme est, en droit pénal français, prévu et réprimé par les articles 433-14 et 433-15 du Code pénal. Dans leur rédaction issue de la loi du 5 août 2013, ces articles sont rédigés de la manière suivante :

 

SECTION 8 : DE L’USURPATION DE SIGNES RÉSERVÉS A L’AUTORITÉ PUBLIQUE.

Article 433-14

Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende le fait, par toute personne, publiquement et sans droit :

1° De porter un costume, un uniforme ou une décoration réglementés par l’autorité publique ;

2° D’user d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ou d’un insigne réglementés par l’autorité publique ;

3° D’utiliser un véhicule dont les signes extérieurs sont identiques à ceux utilisés par les fonctionnaires de la police nationale ou les militaires ;

4° D’user de l’emblème ou de la dénomination de l’un des signes distinctifs définis par les conventions signées à Genève le 12 août 1949 et leurs protocoles additionnels.

Article 433-15

Est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende le fait, par toute personne, publiquement, de porter un costume ou un uniforme, d’utiliser un véhicule, ou de faire usage d’un insigne ou d’un document présentant, avec les costumes, uniformes, véhicules, insignes ou documents distinctifs réservés aux fonctionnaires de la police nationale ou aux militaires, une ressemblance de nature à causer une méprise dans l’esprit du public.

[…].

 

Bien entendu, certains esprits indulgents tenteront de venir à la rescousse de Macron en faisant remarquer que « le président de la République est le chef des armées » en vertu de l’article 15 de notre Constitution.

Certes. Mais être le « chef des armées » ne transforme pas le chef de l’État en un militaire pour autant.

Si c’est un civil – ce qui est le cas de Macron qui n’a jamais été sous les drapeaux -, son élection à l’Élysée ne le transforme pas en « pilote de l’armée de l’air ». Il n’a donc aucun droit à porter l’uniforme correspondant. D’ailleurs, personne ne se risquerait à confier à Macron les manettes d’un Mirage 2000-5, dont il ne sait même pas mettre le moteur « en marche » (c’est le cas de le dire…).

Du reste, et sauf erreur, aucun président de la République depuis Louis-Napoléon Bonaparte (qui fit ensuite un coup d’État pour supprimer la 2e République… !), ne s’est jamais déguisé en militaire comme Macron. Même Sarkozy et Hollande n’avaient pas osé.

Le seul contre-exemple que certains pourraient objecter est celui de Charles de Gaulle, qui revêtait quelquefois son uniforme de général tout en étant chef de l’État. Mais c’était justement parce que de Gaulle avait le statut de militaire et le grade de général, placé en position administrative de détachement pour être président de la République mais conservant son droit au retour dans l’armée à l’issue de son mandat.

Le général de Gaulle AVAIT donc LE DROIT de porter un uniforme de général.

Tandis que Macron – qui n’a même pas été bidasse – N’A PAS LE DROIT de porter un uniforme de pilote de l’armée de l’air, poste qui est celui d’un officier ayant au minimum le grade de lieutenant.

Le déguisement qu’a revêtu Macron en public – y compris les emblèmes et la mention « Armée de l’air – Emmanuel Macron » – est donc bel et bien constitutif d’une « usurpation de signes » pour reprendre la terminologie du Code pénal.

Un juge condamnerait donc Macron à coup sûr.

  • S’il estime que Macron a revêtu un véritable uniforme, il le condamnerait sous le coup de l’article 433-14 du Code pénal pour avoir « publiquement et sans droit porté un uniforme réglementé par l’autorité publique ». Ce qui vaudrait à Macron une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

 

  • S’il est plus clément et s’il estime que Macron a revêtu une simple copie d’uniforme, il le condamnerait sous le coup de l’article 433-15 pour avoir « publiquement porté un uniforme présentant, avec les uniformes réservés aux militaires, une ressemblance de nature à causer une méprise dans l’esprit du public ». Ce qui vaudrait à Macron une peine de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

 

Ajoutons, pour parfaire l’analyse, qu’un juge sévère pourrait aller beaucoup plus loin. Car s’il estime que Macron a commis l’une des deux infractions définies par les articles 433-14 et 433-15 dans « l’objet de préparer ou de faciliter la commission d’un crime ou d’un délit », il pourrait alors le condamner sous le coup de l’article 433-16. Ce qui vaudrait à Macron une peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Or Macron n’a-t-il pas endossé cet uniforme factice d’officier de l’armée de l’air que pour tenter de mieux manipuler l’opinion publique et les militaires, afin de faciliter la destruction programmée de l’armée française et son assujettissement à l’Otan et à une armée européenne ?

Ce travestissement ne visait-il donc pas à « faciliter la commission d’un crime » – pour reprendre les termes du Code pénal – celui de « haute trahison » ?

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Bien entendu, aucun juge n’ouvrira la moindre enquête sur Macron pour cette affaire, qui est indéniablement délictueuse, au motif que le président de la République jouit d’une irresponsabilité pour tous les actes qu’il a accomplis en cette qualité, en vertu des articles 67 et 68 de la Constitution.

 

2°) un problème quant à la mentalité inquiétante de Macron

En tant que chef de l’État, Macron ne peut pas être jugé. Il ne sera donc ni jugé ni condamné pour avoir publiquement porté un uniforme militaire auquel il n’avait pas droit.

Cependant, ce nouvel incident confirme, hélas !, ce que plusieurs autres incidents, notamment au cours de la campagne présidentielle, ont déjà révélés quant à la santé mentale du personnage.

Car enfin ! Il suffit de réfléchir un instant : ne faut-il pas avoir l’esprit tordu pour venir déguisé dans une réunion publique, lorsqu’il ne s’agit pas d’un bal costumé et que l’on est, de surcroît, le premier personnage de l’État ?

Sérieusement, imagine-t-on Charles de Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand, se livrer à semblable pantalonnade ?

Si Macron se déguise en pilote de l’air lorsqu’il visite une base aérienne pour entourlouper les militaires, pourquoi ne se déguiserait-il pas en chirurgien, avec blouse blanche à son nom et stéthoscope en sautoir, lorsqu’il ira visiter un hôpital de l’Assistance publique pour justifier que l’on taille à la hache dans les budgets de la Santé ?

Pourquoi ne se déguiserait-il pas en gardien de la paix lors de la visite d’un commissariat afin de faire passer la pilule de énièmes coupes budgétaires féroces ?

Macron pourrait ainsi se déguiser en professeur d’université, en maire, en artisan taxi, en chercheur au CNRS, en champion de natation, en chauffeur poids-lourds, en institutrice, en éleveur de volailles, en migrant syrien, en conducteur de bus, en chef étoilé au Michelin, etc., au gré des problèmes d’actualité et afin de faire croire aux Français qu’il est « comme eux ».

Ce n’est plus Macron mais Macraméléon…

Depuis qu’il a été élu à l’Élysée, Macron est devenu une sorte d’enfant gâté paroxystique. Il estime au fond qu’il a tous les droits et qu’il n’est astreint à respecter :

  • ni le Code des marchés publics (cf. affaire de Las Vegas),
  • ni le Code pénal (cf. cette affaire d’uniforme),
  • ni la courtoisie et la décence (cf. plaisanterie raciste contre les Comoriens, humiliation du Premier ministre avec le discours au Congrès la veille de celui d’Édouard Philippe à l’Assemblée nationale, humiliation du général Pierre de Villiers, etc.),
  • ni la réalité (cf. les mensonges sur sa vie, ses diplômes, son patrimoine, le jour où il s’est fait passer pour un standardiste de l’Élysée, etc.),
  • ni etc.

 

Tout cela dénote un trouble de la personnalité qui risque de s’aggraver et de causer à la France des problèmes sérieux. En plus de tout le reste…

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