Jawad Rhalib
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Billet de blog 11 mars 2019

LE PROCHAIN...

L’HOMOSEXUALITÉ EST UN DÉLIT PÉNAL DANS 75 PAYS DU MONDE ET DANS 7 D’ENTRE EUX, C’EST À LA PEINE DE MORT QUE L’ON PEUT ÊTRE CONDAMNÉ.

Jawad Rhalib
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Des filles et des garçons naissent homosexuel(le)s dans des pays où l'homosexualité est passible de prison, de lynchage, de persécution…en application de lois d’un autre temps et de la stupidité féroce des hommes. Menacés de mort, ils et elles sont souvent sommé par leurs familles de quitter leurs pays d’origine pour trouver refuge en Europe et notamment en Belgique, deuxième pays le plus « gay friendly » d'Europe. Mais leurs demandes d’asile politique traînent souvent dans les tiroirs administratifs et quand ils et elles sont arabes, musulman(e)s et homosexuel(le)s on ne peut échapper à l’homophobie et à la persécution d’une communauté musulmane deBelgique de plus en plus attachée aux lois de la Charia. Ce havre de paix se transforme en boulevard des incertitudes...

Je n’ai jamais pu éviter d’apporter le réel dans mon travail d’auteur, de cinéaste, de journaliste. Le réel est un atout, un outil, l’essence même de mon écriture et de mes réalisations.Le point de départ est toujours une rencontre. Rencontre avec Ghizlane une mendiante dans « Les damnés de la mer », rencontre avec Farid, un sans-papiers, dans « El Ejido, la loi du profit », rencontre avec Mourade, LaDiva Live, Sachli et Farah dans « Au temps où les arabes dansaient »... C’est le cas dans mon prochain film pour lequel j’ai eu la chance de rencontrer Adil et Jaouad icône du milieu LGBT belge, oui il porte le même prénom que moi.

Si le monde arabo-musulman acceptait les gays, la planète serait plus tolérante. On ne pendrait pas les homosexuels en Iran. On ne les jetterait pas du haut des toits dans les territoires contrôlés par le Hamas ou l’EI (pour le moment). On ne les tuerait pas en Tchétchénie pour - je cite Kadyrov -« purifier le sang tchétchène » et « plaire à Dieu ». On ne les lyncherait pas en Tunisie, en Algérie, au Maroc, à Liège ou à Molenbeek... C’est une réalité que je vais porter au cinéma.

L'homosexualité est condamnée dans beaucoup de traditions religieuses, et encore il y’a peu de temps, la médecine la considérait comme une maladie et un grand nombre d’États (à majorité musulmane) comme un crime passible d'une peine de prison voire une condamnation à la lapidation…à la pendaison. Rompant, bien plus que les autres religions monothéistes avec l'esprit de tolérance, l'Islam rejette l'homosexualité et à la différence avec l’Eglise, par exemple, qui condamne l’homosexualité au sens moral, l’Islam, dans la plupart des pays musulmans comme depuis quelques années en Occident, condamne et l’acte et les personnes. Les traditionnalistes, les islamistes et leurs sympathisants partout dans le monde décrivent l’homosexualité comme une turpitude condamnée moralement et socialement.

Aujourd’hui, beaucoup de prêcheurs islamistes affirment que les tremblements de terre et les épidémies sont des châtiments divins pour punir les homosexuels.

L'homosexualité dérange autant qu’elle fascine. Avez-vous déjà été attiré par quelqu’un du même sexe que vous ? Avez-vous déjà été dérangé par deux hommes ou deux femmes ensembles ? Personnellement, deux hommes ensemble ne m’ont jamais dérangé. Ça me laisse indifférent, comme deux femmes ensemble. Je suis né d'un homme et d'une femme, mais je porte en moi la trace de l'autre sexe et de l'autre genre. Chacun de nous porte en lui une forme de bisexualité psychique. La sexualité n’est ni noire ni blanche, mais dans toutes les nuances de gris.

Il ne s’agit pas seulement d’une attirance envers les hommes, les femmes, ou les deux, c’est aussi la façon dont on se définit, mâle ou femelle, par rapport à la « normalité », un simple critère attribué à la naissance. Chaque personne a le droit de disposer librement de son corps et de sa vie… Mes parents me l’ont appris mais pas ma religion d’origine (l’Islam), pas ma société (marocaine) d’origine dans laquelle j'ai grandi.

Les associations de défense des droits de l’homme et les ONG étrangères présentes au Maroc comme partout dans le monde arabo-musulman, en Afrique, en Asie, s’agitent sans aucun résultat. Il y’a chez les associations et les ONG, surtout, un côté « infirmière ». Ils ménagent les gouvernements et les régimes en place, rassurent et promettent aux persécutés que ça ira mieux demain. Si la situation des homosexuels au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Cameroun, au Sénégal… ne change pas, si la persécution continue, rien n’empêchera son importation en Europe et en Occident. Les infâmes persécuteurs, tapis dans l’ombre de nos villes, guettent le bon moment pour passer sans aucun scrupule à l’acte et jetteront aussi du haut des immeubles toutes les « différences ».

Je viens de terminer un long métrage documentaire « Au temps où les arabes dansaient » qui donne la parole à des artistes, porte-drapeaux de la liberté d’expression et de la lutte contre le fascisme islamiste. « THE PINK REVOLUTION» est une suite logique de mes combats cinématographiques contre l’oppression, l’injustice et la persécution à l'encontre des minorités.

Le temps ne semble pas jouer en faveur de la communauté LGBT surtout quand elle est arabe, musulmane, africaine ou encore asiatique, beaucoup ont quitté leurs pays pour se lancer en mer à la recherche de la paix, abandonnant études, amis, proches...malheureusement l’Europe constitue pour eux un cul de sac.

En novembre 2013, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) rendait un arrêt décisif, reconnaissant, d’une part, l’homosexualité comme motif d’asile tout en établissant, d’autre part, le fait que les personnes homosexuelles peuvent désormais constituer un groupe social menacé dans certains pays. Face à l’afflux de demandes, l’Europe a ralenti l’examen des dossiers et l’octroi du statut de réfugié aux LGBT. Ce film sera aussi l’occasion de parler du droit d’asile et d’une Europe qui se ferme de plus en plus sous la pression des extrêmes et des populistes. Une Europe qui ferme les yeux sur les exactions commises contre des hommes et des femmes parce qu’ils sont différents.  

Jawad Rhalib

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