Quand le JT de France 2 passe sous silence LES DAMNÉS DE LA TERRE.

EL EJIDO, THE LAW OF PROFIT © Jawad Rhalib EL EJIDO, THE LAW OF PROFIT © Jawad Rhalib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un petit marché, deux clients « éco-responsables » préfèrent les circuits de proximité pour leurs achats de fruits et légumes, le voisin espagnol est un excellent choix...alors nos deux "éco-consommateurs" privilégient l’Europe…

Dans les allées de « Trops », une des nombreuses et « monstrueuses » coopératives espagnoles regroupant des milliers d'agriculteurs, la responsable qualité vante les mérites de son « prêt-à-Manger », un avocat bien particulier qui permet « un bilan carbonne moins lourd, un véritable atout pour l’économie espagnole…» selon la voix-off du JT de France 2 (L'avocat espagnol est-il plus écologique ) qui enchaîne sur le bilan écologique des avocatiers « des grands gourmands en eau », une catastrophe écologique dans des régions où la pluie se fait désirer. Jusqu'ici tout va bien, mais dans le sujet du JT de France 2 (14 mars 2019) qui dure 4’09, le « rapporteur de l'information » omet de nous transmettre deux éléments cruciaux.

1. Derrière ce « super prêt-à-Manger», ce « Milagro espagnol », cette nouvelle trouvaille au vertus incroyables, se cache l’utilisation intensive de pesticides extrêmement dangereux.

2. L’exploitation des ouvriers agricoles immigrés (dans le reportage les patrons ont pris soin de les cacher au regard de la caméra).

En effet, l’esclavage moderne dans les exploitations agricoles espagnoles, comme d’ailleurs c’est le cas en Italie, en France, en Allemagne, en Pologne…garnit les assiettes de nos deux clients « éco-responsables » et... de millions de consommateurs européens dont la seule préoccupation est de consommer les fameux 5 fruits et légumes par jour, été comme hiver.

Ce « miracle économique espagnol », encouragée par la mondialisation et sous « les Yeux bandés » de l’Europe, repose sur le travail de plus de 80.000 immigrés, pour moitié des sans-papiers, dans un environnement saccagé par les pesticides.

Les travailleurs sont embauchés à la journée, pour un salaire de misère, la plupart, sans contrat de travail. Ils logent dans des chabolas, petites constructions de carton et de plastique, sans eau ni électricité. Un quasi esclavage qui remplit nos assiettes.

Voici une indispensable piqure de rappel : Mon long métrage documentaire, malheureusement toujours d’actualité, « El Ejido, la loi du profit / El Ejido, the Law of profit » qui vous est offert gracieusement EL EJIDO, THE LAW OF PROFIT 

Je vous invite à voir et faire voir la réalité des immigrés clandestins dans le sud de l'Espagne, là où se situe la plus importante concentration de culture sous serre au monde. Le film vous emmène à El Ejido, une ville modèle jusqu'à la caricature du système d'exploitation industrielle des êtres humains et de la terre. C'est l'histoire de la dégradation des conditions de vie, de l'environnement et des rapports humains.

Qui sait, peut-être, en faisant vos courses, vous aurez une petite pensée pour « les esclaves des temps modernes ».

Jawad Rhalib

 

 

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