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Billet de blog 20 déc. 2019

l’« INDIO » EVO.

Le jour où j'ai filmé l’« INDIO » EVO. "Au nom de la Coca" de Jawad Rhalib

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BA : Au nom de la Coca © Jawad Rhalib
Au Nom de la coca © Jawad Rhalib

En 2003, j'apprenais l'histoire d'un homme qui tenait tête à un gouvernement "corrompu" et à son allié américain. Je décide alors d'aller à sa rencontre à travers un documentaire d'investigation "Au nom de la coca", juste un an avant sa prise démocratique du pouvoir. Mais la tâche n'était pas facile et pour cause, cet homme était enfermé dans le Chapare (forêt amazonienne ) encerclé par l'armée bolivienne et l'énorme soutien militaire et financier de la grande Amérique. Cet homme est Evo Morales Ayma. Difficile de contacter "l'Indio", de le choper.

Avec mon équipe, nous allons nous rendre dans une zone militarisée et grâce à nos véhicules estampillés "UN", nous allons traverser les checkpoints et...lors d'une pause pipi, un homme se met à côté de moi pour se soulager...c'était Evo, l’incarnation de la lutte des "Cocaleros" contre l'hégémonie américaine et la corruption. Après un court échange, Evo va nous ouvrir sa porte révolutionnaire.

Nous allons passer du temps avec cet homme juste, équitable, attachant, défenseur de la cause indigène...et avec ses camarades "cocaleros (producteurs de la hoja de coca) au fin fond du Chapare. Les Etats-Unis voulaient en finir avec cet homme qui de son côté n'avait qu'une obsession: jeter les américains et leur influence régionale hors de la Bolivie.

A l’époque, la coca et le trafic de drogue représentaient au bas mot 650 millions de dollars par an pour l'économie bolivienne. À la demande pressante des États-Unis ,qui ne parvenaient pas à maîtriser le problème de la cocaïne dans leur propre pays, le gouvernement bolivien combattait la production illégale de coca et... Evo Morales, présumé grand manitou des trafiquants. Ce que nous avons pu vérifier sur le terrain, c’est que c'était plutôt le neveu du président de l'époque qui s'enrichissait grâce au trafic de cocaïne avec la bénédiction du pouvoir et du ministère en charge de la lutte contre les narco-trafiquants.

Dans un premier temps, le gouvernement va proposer aux agriculteurs une compensation pour changer de culture. À titre de compensation, le gouvernement avec le soutien de l'Europe a promis une prime de 2 500 dollars par hectare de coca détruit. Mais, à peine 10 % de cet argent aurait été vraiment investi dans quelques projets, le reste se l'aide s'est "envolé" dans les poches de politiciens véreux. De plus, les expériences sur des cultures alternatives n'ont guère remporté de succès, faute de marché extérieur. Résultat : la région du Chapare, dans la forêt amazonienne est devenue un foyer permanent de violence entre les "Cocaleros" avec à leur tête Evo, qui s'opposait à l'éradication forcée des terres de coca et aux forces armées.

La diffusion de ce documentaire "Au nom de la Coca" va permettre à Evo Morales de faire connaître la cause des Cocaleros et surtout de pouvoir quitter en toute sécurité cette prison qu'est devenue le Chapare. En 2006 Evo Morales va devenir l’incarnation de la Bolivie ...Depuis, les USA ne cesseront jamais de chercher à le renverser. En 2013 en Russie, dans le cadre d'une conférence des pays exportateurs de gaz, Evo Morales parle de son envie d'offrir l'asile à Edward Snowden qui se trouve au même moment en Russie. Quelques jours plus tard, le vol qui ramenait Evo Morales en Bolivie est soudainement derouté vers l’Autriche pour un prétendu problème technique. La France, qui détenait une « info » américaine affirmant que Snowden est à bord  et à la « demande » des autorités américaines, refuse l'accès de l’avion à leur espace aérien. Sur le sol autrichien, l’avion va faire l'objet d'une perquisition. Les médias autrichiens confirment qu'au moment où l'avion atterri àVienne, l'ambassadeur des États-Unis en Autriche, William Eacho, affirme, avec certitude, qu'Edward Snowden se trouve à bord. Il n'en n'était rien. Snowden n’a jamais quitté le territoire Russe et la France, le laquais des américains,  présentera ses excuses par la voix de son président François Hollande. 

Aujourd'hui, les américains se sont appuyés sur l'élite et les grands terriens de Santa Cruz et à leur tête un certain Fernando Camacho, riche entrepreneur de Santa Cruz et sosie - réactionnaire de Jair Bolsonaro pour en finir avec la Bolivie de l’« lndio » EVO.

Camacho et ses amis, adorateurs de l’ancienne Bolivie blanche, contrôlée par l’Église évangélique, cherche aujourd'hui à éradiquer le processus "libératoire et démocratique" mis en place par Evo pour donner plus de droits à chaque Bolivien. Aujourd'hui, la plus grande crainte est le retour en force des extrémistes et racistes blancs, hostiles à "los indígenas" et...aux femmes. 

https://www.youtube.com/watch?v=Y9MVhjBNVKw

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