Il fait partie de ceux, rares, qui parlent en millions d’euros de salaire, et pour lesquels les rémunérations d’un premier ministre ou d’un président (15 000 euros par mois) correspondent à peine à leurs notes de frais. Banquier d’affaires chez Rothschild, Emmanuel Macron a touché 1 million sur le seul premier trimestre 2012, soit 300 000 euros par mois…
Cela s’entend d’ailleurs lorsqu’il indique que le passage à la politique, et aux 10 000 euros par mois à l’Elysée, a été un sacrifice financier de sa part, comme s’il avait rejoint les gueux dans leur dépouillement en un geste sacrificiel inestimable. D’ailleurs, interrogé par les Déc odeurs du Monde sur son étonnante déclaration de patrimoine (il n’a que 200 000 euros en 2014, alors qu’il en a gagné 4 millions sur les trois années précédentes…), son entourage répond qu’il a « adapté son train de vie à sa rémunération » : comprendre, il a claqué du pognon comme un ultra-riche. Les oreilles attentives ont d’ailleurs noté que ses conseillers s’inquiètent que cela commence à se voir, et ont demandé à Brigitte d’y aller mollo sur les tenues de soirées à 50 000 euros pièce.
Cet ethos d’ultra riche, s’il n’est pas moral, est tout à fait légal. Le problème, c’est que ces comportements dépensiers ont marqué la relation à l’argent de Macron. Et dès qu’il a eu accès à de l’argent public, ses habitudes ont refait surface. A Bercy, les journalistes Marion l’Hour et Frédéric Says ont révélé qu’il avait consacré 120 000 euros de frais de bouche en trois mois, à lancer sa campagne, ce qui aurait horrifié Michel Sapin et déclenché une enquête interne rapidement étouffée. A Las Vegas, lors d’une soirée d’auto-promo organisée en urgence pour soutenir ses nouvelles ambitions, ce sont près de 400 000 euros qui ont été dépensés en une soirée, nous apprend le Canard Enchaîné.
Si l’on rapporte cette propension à confondre l’argent public avec ses intérêts personnels à la brièveté de sa carrière politique, il est difficile de prétendre que le leader d’En Marche représente une rupture avec les anciennes pratiques, bien au contraire. L’affaire Fillon, à titre de comparaison, c’est 800 000 euros sur vingt ans, et une pratique qui prend fin (selon le PNF) en 2014. Macron, c’est 520 000 euros en trois mois. Quand Fillon est attaqué pour 3500 euros de dépenses par mois, Macron est sur une tendance à 150 000 euros par mois !
S’il faisait de la politique depuis aussi longtemps que Fillon et les autres, sans même tenir compte du fait que la tolérance en la matière était plus forte en 1988 (embauche de Pénélope) qu’en 2016 (Macron à Bercy et à Las Vegas), Macron aurait dépensé 36 millions d’euros. Une broutille rapportée aux bonus de Rothschild, mais une source d’inquiétude pour un futur président : depuis Giscard et Balladur, jamais un candidat n’aura connu une telle déconnexion du niveau de vie de ses compatriotes.