Fillon face à Salamé : gare au "sexisme bienveillant"

Lors de l'émission politique réunissant les candidats, François Fillon a tancé Léa Salamé qui lui posait une question à la quelle il avait déjà répondu à Pujadas, lors du congé maternité de Salamé. Le candidat LR lui en a fait la remarque, en la "chambrant" sur le fait qu'elle avait une bonne raison de ne pas avoir suivi son émission ce soir là.

Le neo-paternalisme bat son plein sur la twittosphere bobo : on prend la défense de la "pauvre petite Léa Salamé", sauvagement attaquée par le Grand Méchant Fillon (Phallus ?). Pourtant, ladite Salamé n'a rien de mandé à personne, et sait très bien se défendre toute seule, pour ceux qui l'ont déjà vue sur un plateau.
Alors pourquoi ce besoin de venir défendre "la faible et l'opprimée" (au féminin, bien sûr) ? C'est ce qu'une tribune de Libération aujourd'hui, appelle le "sexisme bienveillant", cette manière de tenir la porte à la fragile femme et à l'aider à faire un créneau parce que, forcément, "c'est difficime pour elles".

Tous les twittos qui, aujourd'hui, prétendent parler à laplace de Léa Salamé se rendent coupable de ce genre de sexisme. UN sexisme insidieux, car paré des atours de la bonne volonté, voire d'un authentique féminisme.

Salamé a communiqué elle-même sur le fait qu'elle n'interviewerait pas Fillon pour cause de maternité. Elle commet une erreur (de peu d'importance, mais une erreur quand même) en posant une question qui a en fait été posée en son absence : il est normal de le lui signaler.

En fait, c'est l'inverse qui serait du sexisme : s'interdire de reprendre un contradicteur pour "protéger" son exe prétenduement faible.

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