Pour Robert Hébras

Robert Hébras est un survivant. Le 10 juin 1944, il a fait partie de celles et ceux qui ont été raflés, rassemblés et massacrés par la Division SS Das Reich. Mais alors que l'immense majorité a perdu la vie, des balles pour les hommes, le feu dans l'Eglise pour les femmes et les enfants, il a eu la chance d'échapper à ce crime contre l'Humanité. La Cour d'Appel de Colmar (Alsace) vient de le condamner à payer un euro mais surtout 10.000 euros (!) pour frais de justice aux "Associations des évadés et incorporés de force". Dans un livre, Robert Hébras a émis des doutes sur le caractère forcé de l'enrôlement de jeunes alsaciens dans des unités militaires allemandes. "Dans son livre Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure, publié pour la première fois en 1992, Robert Hébras écrivait que, «parmi les hommes de main, il y avait quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS». Il avait toutefois nuancé ce propos dans les éditions suivantes publiées à partir de 2004, mais en 2008-2009, un nouveau tirage avait repris la première version, d’où la plainte." Or si "L’incorporation de force", comme l'estime la Cour d’appel, est une «vérité historiquement et judiciairement établie»", comment la Cour d'Appel peut considérer implicitement ou non que TOUS les incorporés le furent de force et ont fait ce qu'ils ont fait contre leur gré ? L'Alsace a été sous le contrôle de l'Allemagne, à partir de 1871 jusqu'en 1918. Pendant cette longue période, les autorités allemandes ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour germaniser les consciences, langue et pensée. Nous savons que bien des Alsaciens ont lutté contre cette germanisation, mais que, comme sous l'Occupation, il s'est trouvé des collaborateurs enthousiastes. De jeunes alsaciens étaient ainsi des sympathisants nazis, avant la seconde guerre mondiale et pendant celle-ci. Qu'ont-ils fait lorsque les autorités allemandes les ont invitées à s'enrôler ? Ces pas-malgré-nous ont côtoyé d'authentiques malgré-nous. Robert Hébras a rappelé ce fait. Et Robert Hébras n'est pas n'importe qui : c'est un survivant-témoin de la folie nazie. Qu'il ait pu être condamné pour de tels propos provoque l'indignation, chez beaucoup. Nous les invitons à lui témoigner, ici ou par écrit, à Oradour-sur-Glane, notre admiration pour son témoignage constant depuis la fin de la guerre. Les dirigeants des associations alscaciennes qui ont engagé cette plaine contre Robert Hébras s'honoreraient à ne pas lui réclamer le paiement des 10.000 euros. 
Robert Hébras par nour_films
In Prima avec Robert Hebras par ALTA-FREQUENZA

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Les photographies ci-dessus et ci-dessous sont de Nicotoulouse. Elles sont publiées avec l'autorisation du STAP 87 (responsable de la protection et de la "gestion" du site). Après une première note, il s'agit de rappeler ce que fut le Nazisme partout en Europe et dans le reste du monde où cette clique de criminels est allée : la destruction de la vie et du monde. Oradour-sur-Glane est un village-cimetierre, dont certains corps, ceux des femmes et des enfants enfermés dans l'église, se sont dissous dans les flammes allumées par ces criminels. Parmi ceux qui formaient cette Division Das Reich, il y avait des "malgré-nous", alsaciens, mais aussi ukrainiens, etc. La fiche wikipédia (même imparfaite, puisque venant de) indique "La division de Waffen-SS Das Reich, responsable de la destruction du village et du massacre des habitants d'Oradour-sur-Glane, comptait dans ses rangs treize incorporés de force, obligés de servir leTroisième Reich sous peine de représailles et un engagé volontaire. Lors du procès du massacre, tenu à Bordeaux en 1953, les accusés ont reconnu les faits et ont adopté un profil bas. Tous se sont sentis solidaires, tant des victimes de la barbarie nazie que des victimes de l'incorporation de force. Le procès se déroula dans une ambiance extrêmement tendue entre les Limousins et l'opinion publique alsacienne. À l'issue du procès le 12 février 1953, les treize malgré-nous furent condamnés aux travaux forcés alors que l'engagé volontaire fut condamné à mort. Les treize condamnés aux travaux forcés furent amnistiés par la loi du 20 février 1953 qui amnistiait les crimes ayant pu être commis par des malgré-nous"

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