1945-1946 : Espagne, l'abandon par les Alliés, USA, UK, sous l'influence du Vatican

C'est l'un des plus grands faits et scandales de l'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale et de sa fin : la "protection" accordée au régime franquiste, fasciste, et à Franco, par les Alliés, alors qu'il s'agit du pays qui aura le plus bénéficié de l'aide de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste entre 1936 et 1939.

Si Jean Lopez a eu raison de parler du choix de soutien au régime impérial nippon par les Etats-Unis dans l'immédiate guerre froide avec l'Union Soviétique, il est curieux de constater que, où que vous vous tourniez, où que vous cherchiez, l'abandon de l'Espagne aux mains d'un ami d'Hitler et de Mussolini, qui dirigeait un régime comparable à celui de l'Italie, ne soit pas traitée à la hauteur de la gravité du fait en question. Si un "boycott diplomatique" est instauré par l'ONU, le renversement, nécessaire, du régime, n'est pas décidé, et les Espagnols qui tentent une action militaire contre le régime ne sont pas plus soutenus que les Républicains entre 36 et 39 - par les pays d'Europe de l'Ouest. C'est que si ce pays s'était trouvé dans la zone d'invasion de l'URSS, Franco et son régime auraient été balayés. Mais avec les "Alliés", il a obtenu l'inespéré : l'immunité... "diplomatique". 25 ans plus tard, Franco rencontrera l'un de ses "admirateurs" : selon Michel Droit, Charles de Gaulle qui rencontre Franco le 8 juin 1970, a reconnu lui avoir dit  "Je lui ai dit ceci : en définitive, vous avez été positif pour l'Espagne. Et c'est vrai, je le pense. Et que serait devenue l'Espagne si elle avait été la proie du communisme". Il est certain que Ch. de Gaulle, comme son "ami Franco", préférait les membres de l'Opus Déi...

Et c'est par cette Espagne franquiste que tant de nazis, fascistes, français, ont réussi à fuir l'Europe, pour aller vers les Amériques, ou même à s'installer, comme le tueur de la Cagoule, Jean Filliol, réfugié en Espagne jusqu'à sa mort, et employé par l'Oréal...

 

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