<< Faut pas être dans le virtuel , mais dans la réalité >>

Cette affirmation, lancée par le bras droit d'un spécialiste français des maladies infectieuses,  doit nous interpeller sur la main mise du virtuel sur la gestion de la crise sanitaire .

<<Faut pas être dans le virtuel , mais dans la réalité >>

Cette affirmation, lancée par le bras droit d'un spécialiste français des maladies infectieuses doit nous interpeller sur la main mise du virtuel sur la gestion de la crise sanitaire .

Comment est gérée la crise ? Sur quelles données sont prises les décisions ministérielles ?

La crise sanitaire mondiale du Coronavirus Covid-19 a démontré le rôle des modélisations mathématiques dans la prise de décisions politiques et sanitaires et sans aucun doute le comité des experts de santé groupé autour du Président Macron a pris ses décisions à partir des modélisations mathématiques .

Il est évident que pour les États et pour les organisations internationales, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou l’Union européenne (UE), connaître l’évolution d’une épidémie humaine (grippe H1N1, virus Ebola, coronavirus), animale (grippe aviaire, peste porcine, rage) ou végétale est primordial.

Mais comment sont faites ces modélisations ? Est ce que l'impondérable est pris en compte ?

Comment ça marche ?

Les informaticiens utilisent des méthodes numériques compliquées car complexes . .

Ces modèles prennent en compte 3 populations : les S saines , les I infectées et les R retirées , aux quelles s'y ajoutent la démographie de la population . Sont comptabilisées les personnes infectées non-infectieuses c'est à dire non contagieuses pour prendre en compte la durée d'incubation . Et on complète avec l'ajout du taux de mortalité de la population sans oublier la population totale qui évolue dans le temps .

On confie toutes ces données à la machine , qui va mouliner et sortir de belles courbes que les exploitants vont lire et les transmettre aux décideurs . Des simulations peuvent être faites en faisant varier les différents paramètres .

Et ce sont ces courbes qui confiées aux politiques permettent de prédire l'avenir .

Cette modélisation présente de nombreuses failles , par exemple le paramètre environnement . Comment comparer Marseille , Paris, Nice , Lille ? Un lieu de vacances , ou un lieu peu fréquenté ? Comment trouver les personnes asymptomatiques ? Et les personnes contagieuses mais qui sont confinées ? Et les confinées qui sont totalement isolées , sortent finalement du problème qui se ramène à un problème avec moins de population : ça ne correspond pas à la réalité . Et les mutations du virus ? Et  la positivité de tests pourtant incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries ?

 Alors on nous parle de projection de la courbe à partir de l'instant '' T ' mais en occultant la réalité du terrain . Car les choses évoluent plus vite que les recensements des paramètres .

Les modélisations restent des outils mathématiques qui aident à prévoir l’évolution d’une épidémie donnée ; ils sont certes précis et rigoureux, mais calculés à un moment donné, avec des paramètres donnés et dans un contexte plutôt idéal vous diront les scientifiques .

Pas étonnant donc que des incohérences apparaissent dans les décisions prises par le gouvernement , ce qui augmentent la colère des médecins hostiles à l'arbitraire et qui dénoncent le manque de concertation .

L'Insoumission , n'est pas de douter des progrès scientifiques , l'Insoumission c'est de lutter contre les technocrates qui se complaisent dans une bureaucratie où les sentiments humains sont absents , en pleine dérive d' autoritarisme .

Et si on ramenait la projection à une augmentation du nombre de lits et une à augmentation du personnel soignant , est ce que le calcul et les décisions ne seraient ils pas plus aisés ?

 

Jean Castelnau

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