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Billet de blog 2 déc. 2014

Grèce : le taux de pauvreté infantile explose

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Dans un nouveau rapport, l'Unicef montre que 40,5 % des enfants grecs vivaient dans des ménages dont le revenu se situait sous le seuil de pauvreté en 2012, ce taux est le plus haut parmi les 41 pays les plus développés du monde.

Le rapport indique que 2,3 millions d'enfants ont sombré sous le seuil de pauvreté dans ces pays depuis 2008. Ainsi, la pauvreté des enfants connait la plus forte augmentation dans ce pays après l’Islande.

En effet, le taux de pauvreté infantile a subi un bond de 17,5 points, passant ainsi de 23 % en 2008 à 40,5 % en 2012. Le pays a aussi assisté à un triplement du nombre d'enfants venant de familles à faibles revenus et subissant de graves privations.

Le rapport explique que les enfants pauvres sont bien plus bas sous le seuil de pauvreté en 2013 qu'ils ne l'étaient en 2008. Les enfants venant de familles de migrants ont été encore plus affectés, avec une augmentation de 35 % du taux de pauvreté contre 15 % pour tous les autres enfants.

Le rapport constate aussi que le revenu moyen des ménages grecs en 2012 pour les familles avec enfants est retombé au niveau de 1998 – l'équivalent d'une perte de 14 ans de progrès des revenus. En termes réels, cela signifie que depuis 2008, le pourcentage des ménages avec enfants n'ayant pas les moyens de s'offrir un repas avec de la viande, du poulet, du poisson (ou tout autre équivalent végétal) tous les deux jours a augmenté de 18 % en Grèce.

Le rapport montre enfin que l’impact de la récession sur les jeunes a été particulièrement dur en Grèce, qui a connu la deuxième plus forte augmentation des jeunes entre 15 et 24 ans n 'étant ni étudiants, ni employés, ni stagiaires, entre 2008 et 2013, où le taux a augmenté de 9 points pour arriver à 20,6 %.

L’UNICEF a aussi interrogé les enfants et leur perception de la situation est éloquente. En effet, et malgré tous les efforts des familles pour protéger leurs enfants des plus graves conséquences de la récession, les élèves grecs ont montré qu’ils étaient parfaitement conscients des problèmes qui touchent leur environnement immédiat.

En 2014, plus d'un enfant sur cinq signalait qu'au moins un de ses parents avait perdu son travail, 5 % disaient que leur famille n'avait pas les moyens d'acheter à manger, et presque 30 % signalaient que leur famille avait cessé de partir en vacances. Environ un élève sur dix a dû arrêter les séances de tutorat ou a dû déménager dans un autre endroit ou chez un proche, et 3 % sont passés de l'enseignement privé à l'enseignement public.

Les enfants interrogés sont clairement conscients des autres conséquences de la récession, comme le stress accru des parents à cause de la baisse de leurs revenus ou de la perte de leur travail. Ces événements affectent les relations familiales, car 27% des enfants signalent des tensions et des disputes au sein de leurs familles. La proportion d'enfants disant être très satisfaits des relations à l'intérieur de leur famille a baissé de 3 % entre 2006 et 2014. Quant à leur satisfaction générale, la part d'enfants signalant une haute qualité de vie a baissé de presque 10 % sur la même période.

Jeudi dernier, des milliers de personnes sont descendues dans la rue à l’occasion d’une grève nationale de 24 heures en protestation contre de nouvelles mesures d’austérité dictées à la Grèce par ses créanciers internationaux. Les manifestants y dénonçaient le « sacrifice d’une génération »…

Voir le rapport

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