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Billet de blog 20 sept. 2014

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Grève des pilotes d’Air France : vers un plafonnement des cotisations sociales ?...

Jean-Charles Duboc
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Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) et le Syndicat des pilotes d’Air France (SPAF) ont lancé un appel à la grève pour le lundi 15 septembre 2014.

Cette grève est extrêmement bien suivie avec un taux d’annulation des vols de 85% d’après le SNPL.

Ce qui en dit long sur le « ras le bol » des pilotes qui font des efforts de productivité depuis des années sans voir une fin aux exigences continues de la direction d’Air France.

Les propositions de la compagnie nationale visent à développer l’activité de TRANSAVIA, dont le siège est à Amsterdam, afin de faire face au développement des compagnies aériennes « low-costs ».

Pourquoi aller travailler aux Pays-Bas ?...

En fait, la réponse est très simple.

C’est juste une histoire de cotisations sociales !...

D’après le site « Perdre la raison », on constate qu'en matière de cotisations sociales pesant sur le revenu, la France est championne du monde des prélèvements car, pour un salaire brut de 78.000 euros – un salaire de copilote - les cotisations sociales sont de 63% (22% en part salarié et 41% de part employeur) !...

Alors qu’elles sont de 24% aux Pays-Bas !...

Les prélèvements sociaux sur les salaires sont plus du double en France !...

Aussi, il est impossible pour la compagnie Air France de faire le poids face aux compagnies « low-costs » avec un tel taux de prélèvement sur les salaires.

La solution, logique pour la compagnie, est donc de développer son activité aux Pays-Bas et de casser les contrats en cours à la compagnie Air France pour espérer être concurrentielle face à EasyJet, RYANAIR et tant d’autres compagnies.

Une course sans fin qui ne peut que condamner la compagnie nationale à moyen terme, car demain ce sera le tour des long-courriers.

Le mécanisme du détachement social est parfaitement au point puisqu’il permet, depuis des lustres, de cotiser là-bas et de se faire soigner ici (ou ailleurs d'ailleurs) puisque c'est prévu par les règlements européens depuis bien longtemps.

Par exemple, une grande compagnie pétrolière embauche en Suisse ses cadres supérieurs et les détache à son siège de la Défense.

Ce qui donne des cotisations Suisse, des fonds de pension Suisse, des avantages Suisse, mais un domicile à Paris avec des soins sur place pour la famille et les ayants-droit.

Il y a juste une demande à faire, parce que le détachement est obligatoirement de 3 mois à 2 ans.

Une fois l’habitude prise, le détachement peut être porté à 3 ans, renouvelable une seule fois.

Depuis qu'ils ont découverts le système, les personnels de cette compagnie pétrolière en sont à négocier leur 4ème ou 5ème renouvellement de détachement, et cela fait de 12 ans que ça dure…

Il est vrai qu’ils savent se faire entendre !...

A titre d’information, l'organisme d'Etat qui accorde ce type de détachement est le « Centre des liaisons européennes et internationales de Sécurité sociale » (CLEISS), rue de la tour des dames, Paris 9ème.

C'est un agent cadre A qui a délégation de signature, sans même que sa directeur ne lui demande des explications ni même la moindre justification de ses décisions.

Le système marche tellement bien qu’elle fait des conférences dans le monde entier (mais attention : elle dit avoir peur en avion !…).

Comme vous le voyez, la mise au point d’un système de détachement performant est la meilleure solution pour casser le coût des charges sociales et faire face à la concurrence !...

Un tel système permet de briser les contrats sociaux (parfois les êtres humains) et d’expatrier les salariés dans des conditions avantageuses pour une entreprise, mais pas du tout pour la Sécurité Sociale !...

Car réfléchissons un peu.

Lorsque la compagnie Air France demande une rupture de contrat à ses pilotes afin qu’ils puissent être embauchés à TRANSAVIA, à Amsterdam, dans le but d’avoir moins de charges salariales, c’est une PERTE TOTALE DE RECETTE POUR LA SECURITE SOCIALE !...

Le pilote embauché aux Pays-Bas va payer ses cotisations sociales dans ce pays et rien ne va rentrer dans les caisses de notre « Sécurité sociale à nous » !...

Aussi, c’est une opération destructrice pour la compagnie Air France, mais aussi pour la Sécurité sociale !...

En fait, LA SOLUTION RÉSIDE DANS LE PLAFONNEMENT DES COTISATIONS SOCIALES POUR LES HAUTS SALAIRES, parce qu’au moins, là, même s’il y a une diminution des prélèvements, il en reste une part (environ la moitié) qui reste chez nous !...

Ce qui est quand même mieux que rien du tout !...

Evidemment, avec des dirigeants complètement « démagos », il n’y a pas de danger que l’on plafonne les cotisations sociales pour les hauts salaires !...

Sauf…

Sauf, si mes petits camarades pilotes utilisent le « missile thermonucléaire politique » qu’ils ont sous le coude !...

Et ce « missile thermonucléaire politique » n’est rien d’autre que le détournement, par François Mitterrand, des 3,5 milliards de dollars des indemnités de la guerre du Golfe attribuées à la France, en 1991, par le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes-Unis.

Cette affaire est largement disponible sur le web, notamment sur le site « Alerte éthique » (300 à 400 connexions/jour) que j’ai créé pour dénoncer la corruption qui gangrène notre pays et détruit progressivement l’économie et l’Etat.

Les principaux documents relatifs à cette affaire sont :

1/ Les lettres envoyées aux différents ministres des finances depuis juin 1998 ;

2/ La demande de prime d’aviseur adressée à Laurent FABIUS le 13 juin 2000. Cette demande de prime lève la prescription des dix ans ;

3/ Un article du New York Times de septembre 1992 qui précise que les banques centrales du Koweït, des Emirats arabes Unis et de l’Arabie Saoudite, ont viré aux USA, à la Grande Bretagne et à la France, un montant total de 84 milliards de dollars au titre des frais de guerre de l’Opération « Desert Storm » ;

4/ La réponse du chef de cabinet de Christine LAGARDE à l’Union nationale des sous-officiers en retraite (UNSOR) qui spécifie qu’il n’y a rien à ce sujet dans les archives du ministère des finances ;

5/ La réponse de Hervé MORIN, ministre de la défense, qui estime que les allégations ne sont pas fondées ;

Le fait que le New York Times diffuse une information selon laquelle plusieurs milliards dollars ont été virés à la France alors qu’il n’y a rien dans les comptes du ministère des finances et du ministère de la défense établit la réalité de ce détournement de fonds !...

Et c’est fort gênant pour le pouvoir en place, car TOUS savent…

Même, d’ailleurs, le PDG d’Air France, Alexandre de Juniac, qui, de 2009 à 2011, a été le directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi.

A ce poste, il a été naturellement informé de ce détournement de fonds représentant, en valeur actuelle, 7 milliards 600 millions d’euros (le prix d’une centaine d’AIRBUS 320 NEO).

En effet, trois courriers ont été envoyés à Christine Lagarde à ce sujet : le premier est en date du 20 juin 2008, le second du 14 août 2009 et le troisième du 12 mai 2010.

Aucune réponse n’a été donnée à ces lettres qui accusent un Président de la République d’avoir détourné des milliards en toute impunité !...

Aussi, compte-tenu de la large diffusion de cette affaire, et des risques de passer en « phase explosive », le public va être, vraisemblablement, très surpris dans le courant de la semaine prochaine.

Car les syndicats pilotes peuvent faire un communiqué de presse sur cette affaire quand ils le veulent.

Dans ce cas-là, c’est la Vème République qui explose en plein vol !...

Aussi, après un temps de réflexion, dans le milieu de la semaine du 22 septembre, logiquement – car tout cela n’est qu’une analyse logique et humaine de la situation - les ministres concernés n’auront pas d’autre choix que d’annoncer que, finalement, les cotisations sociales des pilotes de ligne seront plafonnées dans l’intérêt même de la compagnie Air France et de la Sécurité Sociale !...

Et ce sera aussi valable pour les pilotes long-courriers !...

A suivre !...

Jean-Charles DUBOC

Commandant de bord B747/200 (Retraité)

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