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Billet de blog 21 août 2010

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Opération « Juliette-Siéra » (XXII)

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Pour les vacances d’été, je vous propose une reprise des aventures du Capitaine de corvette Paul de Bréveuil.Elles forment un polar estival, intitulé « Opération Juliette-Siéra », mis en ligne durant tout le mois d’août sur le blog de « l’Ignoble Infreequentable » :http://infreequentable.over-blog.com/Bonne lecture.Jean-Charles Duboc………….Vingt-deuxième chapitre : De fox au sémaphore Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite ! À Paris, la note blanche matinale fait son effet. C’est journée « comité restreint » de défense à l’Élysée. Le Président ne manque évidemment pas de demander de « préciser » cette affaire, ni à son chef d’état-major, ni au ministre de la défense.Réponse embarrassée du ministre : « Tu sais bien, c’est l’équipe qui s’est mise au boulot sur ta mission des recherches de fonds détournés demandé par les américains ! »« Ah, c’est Charlotte ? » Comme si il ne savait pas déjà !...« Oui, ça je sais ! Mais que viennent faire les coréens dans ce cirque ? Et que fait ton agent avec un prisonnier qui est sûrement un diplomate ? Et où est-il au juste ? Il en fait quoi ? »Gêné, le ministre lui répond qu’il n’en sait trop rien.« Il est dans son cantonnement du Var et je suppose qu’il doit l’interroger pour pouvoir répondre à toutes vos questions ! » propose le Chef d’état-major qui se tient à côté de son patron politique.« Un diplomate entre les mains d’un militaire ! Je te jure, on va droit au conflit armé avec les coréens du nord ! J’espère qu’il le remettra à notre disposition avant ce soir et en bon état, sans ça je ne raconte pas tes oreilles ! », fait-il au ministre.Le ministre n’a pas le temps d’évaluer la menace que déjà son collègue des affaires étrangères s’avance vers lui à pas rapides.« Dis donc, man, tu te débrouilles pour ne pas biseauter les cartes avec cette affaire de diplomate coréen enlevé hier à Paris par tes militaires, apparemment : c’est l’affaire des ricains, la Corée, pas la nôtre ! Faudrait peut-être à voir à tenir tes troupes, camarade ou ça va chauffer ! »L’algarade s’arrête là : Le président, sur un ton impérieux comme à son habitude, fait commencer la réunion ! Il a un emploi du temps surchargé en ce moment.Comme d’habitude, pense le ministre de la défense. Mais de retour au ministère, il fait convoquer d’urgence le lieutenant-colonel Solre et le général Wimereux pour le début d’après-midi.Comme quoi, c’est encore sur lui que retombe les emmerdements pour quelque chose dont il ne sait absolument rien, comme il le redoutait.Celui-ci l’apprenant, téléphone au Capitaine de corvette Gijou pour avoir des nouvelles fraîches de cette histoire abracadabrante.« Monsieur le ministre, avec tous mes respects, le capitaine de corvette de Bréveuil ne ressort pas de ma compétence. Nous n’avons reçu d’ordre de l’amirauté que de protéger le capitaine… » Et de lui raconter par le menu les événements de l’après-midi d’hier.« Pour le reste, nous n’avons pas compétence : il faut voir avec la hiérarchie de l’amirauté ! » « Vous lui avez pourtant bien confié une mission, général ? » dit le ministre en s’adressant à l’autre interlocuteur. L’autre acquiesce, mais les ordres viennent directement de l’état-major élyséen.Là, c’en est à la fois trop et pas assez pour le ministre.« Écoutez messieurs, premièrement, vos équipes ont échoué à protéger l’agent « Charlotte ». D’après ce que vous me racontez, je pensais, colonel, que vous étiez missionné pour ça et que vous aviez demandé les moyens optimum pour remplir votre mission.Deuxièmement, elle agit en solo, général, et manifestement hors hiérarchie de l’amirauté. Je croyais vous avoir déjà dit que ce n’est pas normal. C’est juste un agent détaché. Il ne devrait répondre qu’à moi, et moi je n’ai de nouvelles que par vous, c’est-à-dire rien.Alors troisièmement, vous vous débrouillez pour lui faire savoir qu’il faut qu’elle remette en liberté le diplomate coréen qu’elle a enlevé au plus vite et qu’elle fasse son rapport ici même demain matin.C’est entendu ? »« À vos ordres, Monsieur le ministre ! » Et les trois hommes se séparent sans un mot.Le général Wimereux note tout juste que le ministre semble essayer de tirer la couverture à lui, même si elle est bien trop grande pour lui. Il lui en faudra rapporter à son supérieur au ministère qui rapportera à son collègue de l’Élysée… Solre, de son côté, réussit effectivement à passer la consigne au capitaine Gijou, en plus d’un savon à la hauteur de l’humiliation qu’il a dû subir silencieusement dans le cabinet du ministre, sans pouvoir ni se défendre ni en savoir plus sur la mission de « Charlotte », un comble pour un des patrons des services de renseignements intérieurs unifiés du pays !Une injure, même !Il y a un secret particulièrement bien protégé qui circule autour du haut de l’État. Invraisemblable d’avoir des chefs politiques aussi suspicieux !Honteux, même !Le Capitaine Gijou reste calme pendant l’orage téléphonique : elle sera sur place vers midi et fera son rapport si tôt après avoir transmis les ordres du ministre.Un bon agent. Évidemment, « Canal habituel » transmet très rapidement à Langley l’information des nouveaux ordres reçus par la DCRI.Charles Almont, dès qu’il apprend les nouvelles informations, comprend aussitôt qu’il faut fournir une échappatoire à « Charlotte ».Saborder une mission en plein milieu d’opération, pour cause de grain de sable, ce n’est vraiment son ambition.Et il faut que ni la « Maison-Blanche » ni le Pentagone n’ait vent de cette affaire.Miho Mihado est en tout cas fichée à l’agence.Agent double.Née en février 1980, études d’informatique moyenne à l’université de Pyongyang, un seul séjour de 4 semaines en Californie en stage chez Sun, affectée aux services de transmission de l’armée nord-coréenne, mariée soi-disant de force à un sous-officier en 2001, passée en Corée du sud par la mer fin 2002, dans une équipée où elle a été la seule survivante.Elle avait été débriefée par l’antenne locale de l’agence après celle des services sud-coréens en janvier 2003.Rapport mitigé : le détecteur de mensonge s’est un peu trop affolé ! Elle a été affectée aux écoutes chez les sudistes. Victime de deux attentats sur le sol coréen quand même dans le courant de 2003, elle a été ensuite consignée sur la base d’Osan.Volontaire pour une mission avec Paul De Bréveuil en octobre 2003, elle est blessée à son retour par son officier traitant, l’agent-double, venue l’arrêter.Soupçonnée d’avoir tenté de faire capoter la mission, elle est relaxée mi-2005 par le tribunal militaire après que son officier traitant ait été reconnu coupable d’avoir dissimulé une balise automatique à retardement dans son équipement de vol.Celui-là est encore en prison à purger une peine de 30 ans pour haute trahison et fait actuellement l’objet de tractations pour un échange de prisonniers avec Pyongyang.2006, réaffectée aux écoutes.2007, obtient le grade de sergent-major[1] chez les coréens de Séoul.Démissionne en 2008, part au Japon à la recherche de sa famille et obtient un poste de pigiste dans un quotidien du pays pour les affaires coréennes. Quelques déplacements pour son journal à l’étranger et en Europe.Jusqu’à ce qu’on la retrouve dans le dos de « Charlotte » fin 2009 ! Bien étrange parcours d’un agent-double manifestement tourné et retourné par son pays d’origine. Pas fiable, et à y regarder de près, il faudra aussi faire le détail sur ses déplacements depuis 2008, à recoller avec quelques affaires en archive : on ne sait jamais.En attendant si « Charlotte » la détient, il faut savoir où et l’inviter à l’exfiltrer rapidement jusque sur une base de l’Otan, en Allemagne par exemple : il ne va pas pouvoir garder une bombe pareille très longtemps, pense Monsieur Charles pour lui-même.Trop dangereuse.À moins de l’éliminer tout de suite.Il pèse le pour et le contre.Emily ne sera pas capable de « l’effacer » proprement, ni aucune personne de son équipe. Il faudrait envoyer un agent depuis Londres, elle n’aura qu’à assurer l’intendance.Non, pas facile pour une « amatrice du NSA ».Et puis ce serait prendre le risque que son agence à elle s’inquiète du changement de cap de la mission d’accompagnement de jusqu’alors : un coup à ce que ça remonte via le Pentagone jusqu’à la Maison-Blanche.Il vaut nettement mieux qu’Emily transmette les informations sur Mihado à « Charlotte » et lui propose l’exfiltration en Allemagne.Lui au moins, on peut compter sur lui, pas comme tous ces ringards de français !« Ah ! Si Rackchi avait bien voulu jouer le jeu au lieu d’en passer par son cornac de Pindevil : on n’en serait pas là », pense tout haut Charles Almont avant de donner ses ordres qui sont doubles : Plan 1, l’exfiltration, plan 2, Londres : Abattre la prisonnière de « Charlotte » le plus vite possible avant que les français ne la renvoie en Corée par la valise diplomatique.Une question de jour, voire d’heures. Pendant ce temps-là, Paul se repose : deux attentats, un kidnapping, c’est beaucoup.Une affaire à régler, une prisonnière à gérer, c’est trop.Il faut qu’elle parle au plus vite de façon à « déléguer le problème » rapidement.Sûr qu’en plus, on va lui mettre la pression pour ça.Mais revenir demain au sémaphore comme il en avait l’intention, ce n’est pas suffisant pour la faire craquer, il faut trouver une autre astuce.Et la faire craquer sur quoi ? Quelle information manque pour expliquer que les nord-coréens se mêlent dans la danse de ces affaires de milliards disparus ?Car il y a forcément un rapport…Avant d’aller se coucher, il reprend son ordinateur nomade et poursuis ces lectures et recherches sur Internet.Les morts suspectes des années 80/90 ?Ça veut dire quoi ? Il y a eu les morts dans « Clearstream » et les frégates, l’attentat de Karachi contre les ingénieurs de la DCN travaillant sur les sous-marins pakistanais.On lui a cité le nom de Lagardère-père, mais c’est une affaire liée, éventuellement à la mafia russe ou à la furtivité des frégates et qui a dégénérée avec « Clearstream 2 » jusque devant le tribunal correctionnel.Pas de trace de rien pour les ventes de Mirage 2000, ni le marché des missiles qui vont avec.Dans l’entourage du Président de l’union de la gauche de l’époque ? Il y a au moins deux noms : Grossouvre et Bérégovoy. Grossouvre est mort en avril 1994 dans le palais de l’Élysée.Durant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté comme médecin auxiliaire à un régiment de tirailleurs marocains, et rejoint ensuite une équipe d'éclaireurs skieurs dans le Vercors (où sa mère a une maison).Il y rencontrera Bousquet, et créera avec lui l'un des premiers réseaux de l'Organisation de résistance de l'armée (ORA), puis revient à Lyon où il obtient son diplôme de docteur en médecine en 1942, et devient médecin du 11èmecuirassiers. Il rejoint quelques temps le Service d'ordre légionnaire (SOL), mais en 1943 il part pour le maquis de la Chartreuse (près de Grenoble) et participe aux combats du Vercors.Après la guerre, sous le nom de code de « Monsieur Leduc », il devient le chef du réseau « stay-behind Arc-en-ciel », installé par l'OTAN en France, dans le cadre de l'opération « Gladio ».Fondateur de la Générale Sucrière, la boutique de sa belle-famille, il installe la première usine Coca-Cola en France. Parallèlement conseiller du commerce extérieur de la France (1952-67) et vice-président de la Chambre de commerce franco-sarroise (1955-62), dès 1953, il investit dans la création du magazine « L'Express » où il noue, à cette occasion, une amitié avec Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber. C’est un industriel qui reprend une entreprise de soierie. Dans les années 70, il devient actionnaire majoritaire des quotidiens « Le Journal du Centre » et « La Montagne », deux quotidiens régionaux du nord du Massif central.Avant-guerre, il est proche des milieux de l'Action française tout en se liant d’amitié avec le futur président de l’union de la gauche en 65, aux côtés de Charles Cornu (l’homme de « l’œuvre du diable » de l’affaire du « Rainbow-Warrior »). En 1974, il devient le parrain de Marazine Pageot, la fille qu'Anne-Laure Pageot donne à l’adversaire de Cisgard, et veille sur les secrets de famille, dont aucun ne sera révélé de son vivant.Nommé en juin 1981 chargé de mission auprès du Président de la République, qui lui confie les problèmes de sécurité et les « dossiers sensibles », notamment ceux liés au Liban, à la Syrie, à la Tunisie, au Maroc, au Gabon, aux pays du Golfe, au Pakistan et aux deux Corée, il est également président du « Comité des chasses présidentielles », fonction qu'il conservera jusqu'à son décès, et qu'il utilise pour des rencontres informelles avec des personnalités politiques nationales ou étrangères.En juillet 1985, il quitte ses fonctions de chargé de mission et embarque pour le rôle conseiller international des avions Marcel Dassault (1985-86), au moment de l’opération « Bravo » qui fournira frégates, missiles et avions à Taïwan. Le 7 avril 1994, peu avant 20 h, son garde du corps, un gendarme du GIGN, le retrouve mort, d'une balle tirée dans la tête, dans son bureau du palais de l'Élysée, situé au premier étage de l'aile Ouest. Le suicide présumé de de Grossouvre donne lieu à plusieurs versions et contestations. Aucune des thèses soutenant la version de l'assassinat ne s'est imposée à ce jour. Bizarrement, personne n'a entendu le coup de feu à l'Élysée, pas même le gendarme en faction sous sa fenêtre, alors que l'arme utilisée est de gros calibre, un 357, au point qu'il y a « du sang jusqu'au plafond ». L'enquête judiciaire est écourtée (il n'y a notamment pas eu d'expertise balistique), et conclut au suicide malgré des indices troublants : le rapport d'autopsie précise que le corps présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face », alors que le corps est retrouvé assis dans son fauteuil.Dans un de ses bouquins, Pierre Péan indique que le responsable des chasses aurait tout fait pour diffamer le Président. Ce qui est assez peu probable. Mais qu’il ait été dégouté par l'affairisme du Président et de nombreux socialistes arrivés au pouvoir, ça, on peut comprendre. Il serait allé, indique le journaliste, jusqu'à proposer ses services au « RPR » en 1988, ce qui est « n’importe quoi » pour un fidèle de plus de 30 ans !Pourtant, des éléments précis militent objectivement pour la thèse d’un assassinat. La disparition de la totalité de ses notes au Président de la République, de nombreuses autres archives et surtout du manuscrit de « souvenirs » que François de Grossouvre rédigeait…La luxation de l'épaule gauche de la victime, découverte lors de l'autopsie, qui pourrait être due au fait qu'il aurait été maintenu de force sur son fauteuil lors du « suicide »… On ne voit pas d’autres solutions, notamment pour expliquer l’ecchymose frontale. L’absence de bruit de la détonation de l'arme qui a nécessairement être masquée par un silencieux que personne n’a retrouvé, notamment pour éviter que le garde du corps, demeurant à proximité, n'intervienne trop vite. Et puis, des remarques de Grossouvre vers la fin de sa vie affirmant qu'il se sentait menacé : « Ils vont me flinguer. Je sais tout maintenant. Ils ont peur. Ce sont des salauds...», ou : « Je ne suis pas venu ici en 1981 pour que cela se termine comme ça. Certains sont là pour prendre de l'argent, ils se foutent de la France. Jusqu'où iront-ils ? ». Les derniers temps, il gardait en permanence une arme chargée près de lui, normalement toute désignée pour son suicide, et… qui n’aura curieusement pas servi.On peut aussi faire le lien avec son gendre, « suicidé sans aucun doute » le 11 juillet 1997, quarante-trois ans, dans la nuit de vendredi à samedi près de La Châtre (Indre), en se tirant une balle dans la tête. Le corps a été retrouvé par un promeneur samedi matin dans le bois de Bellevue. Philippe Brelot a utilisé une arme de chasse, a indiqué la gendarmerie.Curieux aussi, ça. On chasse à la chevrotine dans le coin, à moins que ce soit une chasse au sanglier. Mais pas facile de se tirer dessus avec un fusil, quand même, à moins de se plier en deux et d’accepter par avance de mourir en se vidant de son sang avec un coup porté à la poitrine…Lors des derniers mois de sa vie, François de Grossouvre invitait régulièrement des journalistes pour leur faire des confidences sur les dérives du pouvoir du Président de l’Union de la gauche, et il rédigeait des mémoires. Encore un qui n’aura pas su se préserver à suivre la course du soleil de trop près, pense Paul.« Isidore » : « I » comme Icare ? Paul arrive-t-il si près que ça du même soleil pour être la prochaine cible désignée du double attentat dont il a été victime en sus d’une tentative d’enlèvement.Mais quel soleil ? Et pourquoi dès avant qu’il ne commence à fouiner dans des archives « top-secret » que le ministère lui a fourni ? Puis la bonne idée lui vient enfin. Demain, c’est week-end de fin de saison. La période hebdomadaire où le Chef Rémarde quitte le domaine pour descendre « visiter sa sœur ». En fait, il se tape les putes du port de Toulon avec quelques copains de bordée depuis des années. Miss Lydia, son épouse, peut donc jouer « son numéro » de mère maquerelle en toute liberté, au lieu de flâner à ses lessives. Il lui en parle discrètement après le dîner.« Lydia, vous avez toujours vos tenues de cuir ? » Bien sûr qu’elle les a, mais ne sait pas si elle entrera encore dedans, répond-elle l’œil soudain brillant. « Je pars récupérer ma moto et je passe vous prendre en fin de matinée pour une virée discrète et exceptionnelle, si vous voulez bien me rendre service. »Bien sûr qu’elle veut bien « rendre service » depuis le temps qu’ils se connaissent, ce qui remonte à 2003, quand l’amiral avait flanqué Paul, devenu « Charlotte » dans le monde aéronautique militaire, aux arrêts après ses frasques afghanes. Arrêts qu’il avait faits ici même pour partie, avant de repartir pour Mururoa pour le compte de la DRM et finir par filer sa démission l’année suivante.Bérégovoy attendra. Vol du soir jusqu’à Aubenas. Rapatriement de l’avion école à Chérence dans la nuit, puis route de retour jusqu’à Aubenas en moto avec escale dans un motel au bord de l’autoroute d’Auvergne. …/ (Aparté n° 10) /… Arrivée en fin de matinée du samedi pour relever les e-mails où il découvre celui relatif à Miho venant d’Emily : Le CV complet de l’espionne qu’il allait retrouver !Plus les messages téléphoniques de Gijou qui dit de l’attendre à Fox. Elle arrive avec des instructions.Elle trouvera le nid vide. Lydia, l’œil brillant l’attend. Il lui explique brièvement la mission : « J’ai une prisonnière auquel je ne veux pas faire trop de mal mais qui doit me confirmer certaines informations. Motus et bouche cousue, secret défense et compagnie, bien sûr. Pas un mot à personne sur ce qu’on va faire et ce qui sera dit, hein ? Ni aujourd’hui, ni demain, ni même jamais ! »Promis, craché juré, bien sûr.Et ils s’envolent tous les deux pour le coffre d’amarrage sous le sémaphore de Saint-Florent qu’ils atteignent un peu avant midi.Pendant le trajet, il explique à Lydia le scénario qu’il attend qu’elle joue pour lui.« Bien sûr, il n’est pas question que je vous roue de coups. Mais vous, vous pouvez vous débattre férocement. Quant à la gégène, il vous faudra jouer la comédie et hurler comme si c’était bien une électrocution. Je veux que la fille soit impressionnée un grand maximum.Et au final, vous aurez dit « non » à tout et je serai dans l’obligation de vous abattre. On ne va pas faire ça sous ses yeux, mais à l’étage. Le tout, c’est que quand je l’amènerai en lui ayant fait croire que je vais lui faire subir le même sort, il faut qu’elle vous croie morte, allongée dans votre sang.Ce sera le coup de grâce émotionnelle. Si après ça, elle ne crache pas tout ce qu’elle sait, bé de toute façon, on rentre. »Lydia n’en demande pas tant. Ça lui plaisait assez, finalement cette séance de sadomasochisme, même simulée.« Mais vous allez la tuer ? »Non, même pas. Il suffit qu’elle croie fermement qu’elle va mourir.« On la ramène ensuite à Fox, dans la nuit. Je suis sûr qu’on aura à la remettre aux agents du ministère arrivés entre-temps. »Pas de problème ! …/ (Aparté n° 11) /… Retour au premier chapitre. Pour accéder aux chapitres précédents (ou suivants), cliquer sur les cases correspondantes sous le post. http://infreequentable.over-blog.com/article-operation-juliette-siera-xxii-53520654.html
[1] Equivalent de celui d’adjudant dans les armées européennes.

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