Éric Ciotti, un questeur qui sait être pudique

Le questeur Éric Ciotti a obtenu l'augmentation de 15% de la dotation matérielle des députés, qui passe donc de 18 950 € à 21 700 € par an. Le député se gardera bien de communiquer sur cette petite victoire et fournira une explication lunaire.

Comme chacun a pu s'en rendre compte, Éric Ciotti (LR) ne quitte pas les plateaux télé. Il donne son avis sur tout et donne surtout son avis...

Pourtant ce monsieur n'est pas un vulgaire choniqueur. Il est député. Surtout, il est un des trois questeurs de l'Assemblée nationale. Ces derniers établissent et exécutent le budget de l’Assemblée. Ils ont notamment en charge des conditions matérielles de l’exercice du mandat de député.

Pour exercer les fonctions de questeur, Éric Ciotti perçoit d'ailleurs une indemnité spéciale de 5 024,49 € brut qui s'ajoute à l'indemnité de 7 239,91 € par mois versée à chaque député (à laquelle il faut ajouter l'avance de frais de mandat de 5 373 € par mois et les crédits collaborateurs de 10 581 € par mois).

Très curieusement, Éric Ciotti n'évoque jamais son activité à la questure...

Ainsi, lorque l'affaire des homards du président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, éclate, c'est silence radio ! Les dispositions figurant dans le réglement de l'Assemblée nationale sont pourtant particulièrement légères : « Les frais de réception et de déplacement du président de l’Assemblée nationale ainsi que les rémunérations et les frais de mission des membres de son Cabinet font l’objet de crédits inscrit au budget de l’Assemblée nationale. » Le questeur n'avait vraiment rien à dire sur cette question ? Il n'avait absolument aucune proposition à faire pour éviter les abus ?

Le 14 janvier 2021, lors d’une réunion du bureau de la questure, il obtient avec le soutien d'un autre questeur, Florian Bachelier (LaREM), l'augmentation de 15% de la dotation matérielle des députés, qui passe donc de 18 950 € à 21 700 € par an. Toujours aussi pudique, Éric Ciotti se gardera bien de communiquer sur cette petite victoire... Il faudra attendre une fuite dans La Lettre A, le 25 janvier dernier, pour que l'information commence à circuler...

Devant la polémique, le questeur Éric Ciotti fournira une explication lunaire dans Nice-Matin : « Avec la crise et le télétravail, de nombreux députés ont vu leurs dépenses d’informatique et d’affranchissement augmenter » ! Dans le même article, on apprend que le député « assume ». Ce n'était pas évident.

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