Nice : le retour des grands projets inutiles

Si le candidat Estrosi avait pris soin de ne plus évoquer dans sa profession de foi du second tour des élections municipales ses « grands travaux », ces derniers ont été mis à l’ordre du jour du conseil municipal du 31 juillet 2020... soit en plein été !

Si le candidat Estrosi avait pris soin de ne plus évoquer dans sa profession de foi du second tour des élections municipales ses « grands travaux », ces derniers ont été mis à l’ordre du jour du conseil municipal du 31 juillet 2020... soit en plein été !

Les questions portant sur le prolongement de la Promenade du Paillon (qui aura pour conséquence la destruction du palais Acropolis et du Théâtre national), la reconversion du Palais des Expositions, la réalisation du Parc des Expositions et des Congrès et la poursuite de l'aménagement du Grand Parc Paysager de la Plaine du Var ont ainsi été évoqués pendant 1 h 30 par les conseillers municipaux. Problème : le groupe écologiste n’a eu droit qu’à 5 minutes pour s’exprimer sur l'ensemble de ces importants dossiers décisifs pour l’avenir de Nice !

Jean Marc Governatori est intervenu au nom du groupe écologiste sur la destruction du palais Acropolis et du Théâtre national (extraits) :

« Réaliser ce projet créerait un grand désordre pour les habitants. Détruire Acropolis 10 ans après l’avoir rénové, c’est très surprenant. Et Acropolis et le Théâtre national de Nice sont en période de profitabilité maximale ! Une politique de grands travaux, c’était avant. Aujourd’hui, elle est démodée à cause des désordres sociaux et environnementaux qu’elle a causés. Détruire le palais Acropolis et le Théâtre, c’est nier le dérèglement climatique, c’est contribuer au dégel du permafrost (20% de la surface terrestre) !

Par ailleurs, nous sommes dans une période d’incertitude financière, voire face à un krach boursier mondial. Dans ce contexte, nous sommes assez surpris que l’on puisse imaginer d’investir des centaines de millions d'euros dans l’opération que vous projetez.

Le groupe écologiste demande l'organisation de trois mois de réflexion préalable avant de faire voter cette délibération. »

Réponse :

Christian Estrosi a fait une réponse à l'opposition complètement surréaliste : « Sachez que dans le dossier – et j’insiste beaucoup là-dessus – que Gérard Baudoux défendra en notre nom devant les ambassadeurs des pays concernés par le vote sur le classement de Nice au patrimoine mondial de l’Unesco, en  2021, il n’y a plus Acropolis. Revenir sur l’engagement de la disparition d’Acropolis pourrait mettre à mal notre classement au patrimoine mondial de l’Unesco ! Je demande à chacun d’y réfléchir… »

Au regard du temps de parole consenti au groupe, Julette Chesnel-Le Roux n’a pas pu intervenir. Voici néanmoins l'analyse qu'elle avait prévue (extraits) :

« Vous déclarez qu’il manque à Nice un auditorium/théâtre de 800 places assises et un Palais des sports et des spectacles d’une capacité de 2 000 places assises. Je vous rappelle que nous avons au théâtre de Nice la salle Pierre Brasseur qui fait 964 places assises, Nous avons, je cite, une salle mythique entièrement rénovée de 2 500 places avec une acoustique exceptionnelle (c’est ce qui est écrit sur le site internet de l’Acropolis), c’est la salle Apollon. Pour le sport, nous avons la salle multisport Leyrit et ses tribunes de 1 748 places, Comme Palais des sports et de spectacles, nous avons le Palais Nikaïa qui est déclaré comme une salle de sports et de spectacles avec une capacité maximale de 9 000 places. Nous sommes d’accord sur la demande d’un espace culturel et muséal sur le carnaval de Nice. Et c’était d’ailleurs dans notre projet de campagne que d’ouvrir un centre culturel incluant des scènes de musiques actuelles et un musée du carnaval. Mais nous le pensions à l’emplacement de l’hôpital Saint Roch.

Votre projet d’aménager un nouveau Centre de Congrès, c’est le lancement d’une grande partie de Monopoly au détriment des contribuables de Nice ! On détruit l’Acropolis, le Théâtre national, la cinémathèque, d’un côté… On déplace le marché d’intérêt national (MIN) jusqu’à La Gaude, et on installe à la place un nouveau palais. Et bien sûr on sacrifie 25 ha terres fertiles de la plaine du Var pour y déplacer le MIN. Notre ville n’est pas un plateau de Monopoly. On ne détruit pas ici pour construire là-bas. On n’abandonne pas la culture en centre-ville pour des projets pharaoniques. On ne sacrifie pas la plaine du Var au béton. »

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