PARIS : « Non, la fin de justifie pas les moyens ! »

Dans le cadre de la conférence-débat sur le thème « Quelle éthique politique ? », organisée, le 15 septembre 2017, par l'Institut d'éthique contemporaine, je suis intervenu en ma qualité de président d'Anticor.

L’Institut d'éthique contemporaine, présidée par Gérard Vignaux, a organisé une conférence-débat sur le thème « Quelle éthique politique ? », le 15 septembre 2017, au Patronage laïque Jules Vallès, à Paris, devant plus de 100 personnes.

Agathe Vidal, philosophe et consultante en éthique et philosophie, Bernard Cretin, ingénieur, consultant, diplômé en Philosophie, et moi-même étions invités à débattre de cette question.

Pour Agathe Vidal, « si l’éthique réfléchie sur la finalité et les valeurs qui motive chaque action, contrairement à la morale qui est un ensemble de règles et de lois. Elle pose la question de nos actions comme le soulève Kant : "Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle." Nous pouvons voir la nécessité de l’exemplarité pour Kant, et ainsi interroger la ou les formes d’exemplarité que pourrait représenter nos élus, quelle prenne la forme de valeurs personnelle (honnêteté courage, franchise transparence) ou collective (respect des valeurs républicaines, des droits de l’homme, de la Constitution...). »

Bernard Cretin a poursuivi : « Ainsi l’association Anticor (que nous accueillons aujourd’hui en la personne de son président) résume bien cette logique de moralisation par la loi. On peut lire sur son site : "La loi doit renforcer un socle sur la base duquel une culture de probité et d’exemplarité devra se développer". On savait que la peur du gendarme rendait prudent, c’est un principe simple que chacun peut vérifier, sur la route ou ailleurs ! Mais la peur du gendarme rend-elle vraiment plus vertueux ? En tout cas c’est le pari qui est fait, et les lois se sont succédées, au cours des dernières années, allant à chaque fois, par petites touches, vers une réglementation de plus en plus stricte des situations de conflits d’intérêts, de l’utilisation de l’argent public, de la rémunération des élus, du financement des activités politiques. Il y en qui proposent, là ou la loi ne peut agir, ou pour éviter d’y avoir recours, de mettre en place un code de déontologie que chaque élu s’engagerait à respecter, comme cela se pratique pour d’autres professions … mais pas encore en politique ! C’est une idée à creuser, mais est-ce bien si différent dans le principe ? Il s’agit toujours de compter sur une contrainte d’où découlerait la vertu, contrainte extérieure par la loi ou contrainte intériorisée dans le cas d’un code de déontologie ! L’intériorisation du gendarme le rendrait-il plus efficace ? C’est possible ! et c’est pourquoi le code de déontologie est une piste à étudier. »

En ma qualité de président d'Anticor, j'ai ajouté : « Contrairement à ce que prétendait Machiavel, non, la fin ne justifie pas les moyens ! Seule une méthode vertueuse conduit à des résultats légitimes et, nous le prétendons, efficaces. Le respect d'une éthique politique et la mise en place d'une transparence de l'action publique permettent d'obtenir de bons résultats, comme on peut le constater dans les pays scandinaves. [...] Doit-on instaurer une éthique politique ? Il me semble que les citoyens ont, à travers leur vote, répondu à cette question. Ils ont, en effet, réclamé, à plusieurs reprises, une moralisation de la vie politique, notamment depuis le 21 avril 2002 (premier tours de l'élection présidentielle qui a abouti à la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour) ! C'est peu dire que la classe politique, dans sa majorité, n’a pas su apporter de réponse satisfaisante à ces appels. [...] Doit-on avoir des élus qui nous ressemblent ? Nous pensons que notre responsablité de citoyen est de plutôt choisir des élus qui nous tirent vers le haut et de les forcer à mettre en place des mécanismes qui empêchent les abus. »

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