Quand l'office HLM Côte d'Azur Habitat prétend être obligé d'assouplir ses critères

Côte d'Azur Habitat s'est vu infliger une sanction pécuniaire d’un montant de 19 480 € « au vu des irrégularités constatées » et « de la gravité des faits ».

La ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales et le ministre chargé de la ville et du logement ont décidé, le 16 mai 2019, d'infliger une sanction pécuniaire d’un montant de 19 480 € à l'office public de l'habitat (OPH) Côte d'Azur Habitat « au vu des irrégularités constatées » et « de la gravité des faits ».

Il résulte, en effet, du rapport de contrôle diffusé le 24 octobre 2017 que cet office « a attribué six logements sociaux à des personnes dont l'ensemble des ressources, à la date d’entrée dans les lieux, dépassent significativement » les plafonds de ressources annuelles des bénéficiaires d’habitation à loyer modéré.

Concrètement, six attributions de logement ont été épinglées pour des dépassements allant de 11,2 % à… 77,2 % !

En guise de réponse, la présidente de l’OPH, Dominique Estrosi Sassone, s’est réfugiée dans le déni : « Ce contrôle est un phénomène marginal qui ne concerne que six logements sur les plus de vingt mille que compte l’office HLM. La pénalité est minime et concerne des logements peu attractifs, situés dans le haut et le moyen pays, d’où un assouplissement des critères de notre part pour éviter qu'ils ne restent vides ».

Surtout, elle ment : les six logements concernés ne sont pas tous situés « dans le haut et le moyen pays » : un se trouve à Cagnes-sur-Mer et quatre sont à Nice !

Dans un département où 37 000 familles sont actuellement en attente d’un logement social, il est un peu étonnant d’apprendre que Mme Estrosi Sassone est obligée d’assouplir les critères de Côte d'Azur Habitat pour trouver des locataires…

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