NICE / La Semiacs invente le « gaspillage intelligent »

Le conseil d’administration de la Semiacs a voté « la suspension du stationnement intelligent ». Les contribuables seront ravis d’apprendre que le coût de ce « gaspillage intelligent » est d'au moins 10 millions d’euros.

Le conseil d’administration de la Semiacs a voté, le 18 avril 2016, « la suspension du stationnement intelligent » afin « de poursuivre la remise en ordre de la société de la Semiacs et notamment les règles applicables en matière de commande publique »…

Il est vrai, comme l’avait relevé la Chambre régionale des comptes dans son rapport rendu public le 25 septembre 2015, que « la Semiacs a méconnu de manière quasi-systématique les règles de la commande publique, soit en fractionnant, soit en se bornant à une mise en concurrence très allégée, soit même en se dispensant de toute mise en concurrence ».

Mais les magistrats avaient également souligné que « le président de la commission d’appel d’offres et l’ancien président-directeur général n’ont pu expliquer ni l’absence de réunions de la CAO, ni la passivité du conseil d’administration devant cet état de fait ».

Il est donc curieux d’avoir justement nommé, en septembre 2013, le président de la commission d’appels d’offres, Philippe Pradal, à la présidence de la Semiacs ! Ce choix incompréhensible mérite sans doute d'être qualifié, au regard du vocabulaire interne, de « promotion intelligente »…

Et ce n’est pas la seule source d’étonnement… Alors que, toujours selon la Chambre régionale des comptes, les « manquements ont pris une dimension systématique au cours des années 2009 à 2013 », Philippe Pradal a attendu le 11 février 2014 (soit après l'ouverture de l'enquête) pour informer le Procureur de la République des violations du code des marchés publics. Or l’article 40 du code de procédure pénale dispose que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République ». Oui, vous avez bien lu : il est écrit « sans délai »…

Dans ce contexte, nul doute que « la remise en ordre de la société » annoncée est entre de bonnes mains !

En attendant, les contribuables seront ravis d’apprendre que le coût de ce « gaspillage intelligent » est d'au moins 10 millions d’euros. Qu'est-ce que cela aurait été si on avait mis en place un « stationnement stupide » !

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