C'est l'absence de réponse au 21 avril 2002 qui a amené le 23 avril 2017

Le 23 avril 2017, les électeurs ont choisi de qualifier Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce résultat inédit s’inscrit dans le prolongement du 21 avril 2002.

Le 23 avril 2017, les électeurs ont choisi de qualifier Emmanuel Macron (avec 24,01 %) et Marine Le Pen (avec 21,30 %) pour le second tour de l’élection présidentielle.

Ce résultat inédit s’inscrit dans le prolongement du 21 avril 2002 où, à la surprise générale, Jean-Marie Le Pen se hissait au second tour (avec 16,86 %).

À l’époque, la France était en état de choc. Désormais, la présence d’un candidat FN au second tour de la présidentielle ne provoque plus les mêmes remous. La seule chose qui ait fait débat après les résultats du premier tour a été… le dîner d’Emmanuel Macron au restaurant La Rotonde ! On croit rêver.

Pourtant, la situation a de quoi susciter bien d’autres interrogations : les deux partis dits de gouvernement ont été balayés tandis que le candidat du FN a progressé, en quinze ans, de 26 % (ce qui représente 2 874 721 électeurs supplémentaires). Quant au second tour, il se présente également sous de meilleurs auspices qu’en 2002 pour un parti qui parvient désormais et c'est là aussi une nouveauté à nouer des alliances.

Cette différence dans les réactions s’explique aisément. Aujourd’hui, personne n’est étonné du désaveu cinglant infligé aux deux poids lourds de la politique française... 

Après la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, en 2002, des élus et des citoyens ‒ dont j'ai fait partie avaient décidé de créer une association qui avait pour ambition de réhabiliter la démocratie représentative, de promouvoir l’éthique en politique et de lutter contre la corruption. Elle prit pour nom « Anticor ». Et, depuis quinze ans, cette association fait des propositions en vue de rétablir la confiance entre élus et électeurs.

Force est de constater que, de leur côté, les partis politiques n’ont jamais pris la peine de répondre vraiment au « coup de tonnerre » du 21 avril 2002. C’est peu dire que la moralisation de la vie politique n’a jamais été leur priorité. Les récentes révélations sur la pratique des recrutements familiaux au Parlement sont symptomatiques des mauvaises habitudes prises. Et la standing ovation qui a été réservée à Penelope Fillon, le 29 janvier dernier, en dit long sur l’incroyable déconnexion entre une partie de la classe politique et le reste de la population.

Au final, c'est bien l'absence de réponse au 21 avril 2002 qui a amené le 23 avril 2017.

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