Aujourd’hui, à 10 h, le parvis et la façade de la Gare du Sud ont été inaugurés. Cet évènement n’est pas sans me faire rappeler certains souvenirs…
En novembre 2001, le maire de Nice, Jacques Peyrat annonce que la façade de ce bâtiment sera déplacée pour permettre la construction d’une nouvelle mairie, assez laide.
À l’époque, président du comité de quartier des Baumettes, je fais partie de ceux qui s’opposent à cette décision : « Le comité de quartier des Baumettes est extrêmement déçu d'apprendre que la façade de la gare du Sud va être prochainement déplacée... Son maintien sur place aurait pourtant eu l'avantage de contraindre les architectes à revoir leur copie pour proposer enfin aux Niçois une nouvelle mairie susceptible de s'intégrer harmonieusement dans le quartier Malausséna-Libération. Surtout, cette décision de déplacer la façade va à l'encontre des engagements initiaux du maire de Nice. En effet, il avait promis, en 1999, que "le maintien du jardin et du marché dans le quartier est acquis de même que la conservation de la façade de l'ancienne gare du Sud" ».
Avec dix autres comités de quartier, j’avais saisi Catherine Tasca : « Nous, comités de quartier de Nice, demandons au Ministre de la Culture et de la Communication de bien vouloir classer définitivement la Gare du Sud parmi les monuments historiques ».
Et, en mai 2002, après une forte mobilisation de la population, nous apprenons… le classement de la façade !
Voici une petite revue de presse pour nous replonger dans l'ambiance de l'époque :
NICE-MATIN DU 15 NOVEMBRE 2001
Gare du Sud / Les grandes manoeuvres. Appel à une table ronde.
Le classement provisoire de la totalité de la gare du Sud, à titre conservatoire, continue de provoquer de nombreuses réactions, parmi les élus, hommes politiques, responsables associatifs.
Pour le chef de file de la gauche plurielle, Patrick Mottard, c'est « peut-être la fin d'une folie. Contre l'avis d'une majorité de la population, avec une concertation orientée, à la sauvette, en plein été, le maire a voulu faire passer en force une réalisation de prestige en même temps que la démolition de la gare du Sud, monument symbolique et historique. C'est raté ! »
Même satisfaction pour les conseillers municipaux communistes (Simone Monticelli, Robert Injey, Marie Billi) : « Après la destruction de l'ancien Ruhl, du Casino municipal, du Palais de la Méditerranée, il est urgent de préserver ce qui n'a pas été livré aux pelleteuses. Saisissons la chance offerte par la décision du ministre de la Culture. »
Un jugement que n'est pas loin de ratifier l'ancien député-maire, Jean-Paul Baréty : « Il est temps de concilier conservation du patrimoine, animation du quartier, intérêts des résidants et des commerçants, équilibre de la ville et souci des deniers publics (...) Il faut conserver et réhabiliter cette façade qui représente plus d'un siècle d'histoire économique et sociale du quartier et de la commune. Sans oublier la grande verrière qui constituait une galerie dans laquelle pourront être organisées de multiples animations. Il faut utiliser les espaces alentours pour installer une mairie annexe, des équipements publics, sportifs, des salles de réunions...»
Le comité de Nice des Alternatifs (« Rouges et Verts » se réjouit également de la mesure de classement : « Pour les citoyens attachés à la qualité de vie et à la défense de l'environnement, c'est une première victoire qui en annonce d'autres ».
Pour Jean-Christophe Picard (comité de quartier des Baumettes), le « milliard de francs que la Ville va économiser en ne faisant pas la nouvelle mairie, pourra financer la création du deuxième axe du tramway Est-Ouest, immédiatement après l'achèvement de l'axe Nord-Sud. Continuons donc à écrire au ministre de la Culture pour que le classement de la gare du Sud, de provisoire devienne définitif...»
Enfin, Christian Razeau (« Quartiers de Nice »), appelle à la tenue d'une « table ronde pour un nouveau projet de quartier ».
Philippe Fiammetti
NICE-MATIN DU 30 AOÛT 2002
Gare du Sud : réactions...
L'annonce de la signature prochaine d'un protocole entre la Ville et l'Etat concernant le démontage de la façade de la gare du Sud et son remontage sur un autre site (voir Nice-Matin du 27 août), a suscité diverses réactions.
Pour le comité de défense du jardin Thiole et de la Libération, la façade doit demeurer là où elle est, « quoi qu'il arrive » : « Nous utiliserons toutes les procédures à notre disposition pour qu'il en soit ainsi. On ne touche pas au patrimoine ».
Le conseiller général Jean Icart se montre également hostile à l'éventualité d'un transfert : « L'implantation de la gare du Sud s'inscrit dans notre urbanisme. Elle est aussi le symbole du lien entre le littoral et l'arrière-pays. Au-delà de la question de la protection de ce vestige, se pose la problématique du besoin d'une méga-mairie. « La mairie centrale est en effet appelée à des fonctions restreintes nécessitant beaucoup moins de personnel : des domaines entiers de compétence sont transférés à l'intercommunalité ; d'autre part, la création de huit mairies annexes entraîne, là aussi, des mouvements de fonctionnaires municipaux importants en direction des quartiers. Enfin, le développement et l'utilisation de systèmes de type Internet drainera de moins en moins d'usagers vers les services de la mairie centrale ».
Pour sa part, le président du comité de quartier des Baumettes, Jean-Christophe Picard se déclare très « déçu d'apprendre que la façade de la gare du Sud va être déplacée. « Son maintien sur place aurait pourtant eu l'avantage de contraindre les architectes à revoir leur copie pour proposer enfin aux Niçois une nouvelle mairie susceptible de s'intégrer harmonieusement dans le quartier Malausséna-Libération. D'autre part, ce transfert va à l'encontre des engagements initiaux du maire qui avait promis la conservation de la façade ».