Aéroport de Nice : comme une légère contradiction

Le conseil métropolitain, réuni le 12 juillet 2019, a voté la cession de 4 des 5% des parts que la métropole Nice Côte d'Azur détient dans la SA Aéroports de la Côte d'Azur. On peut déceler une légère contradiction entre les propos officiels tenus en 2015 et ceux tenus 4 ans plus tard.

Le conseil métropolitain, réuni le 12 juillet 2019, a voté la cession de 4 des 5% des parts que la métropole Nice Côte d'Azur détient dans la SA Aéroports de la Côte d'Azur.

Sur le fonds, ce n'est pas une bonne idée de vendre pour 81 millions ces 4% qui ont rapporté 3 220 480 € de dividendes, en 2018. Dans 25 ans, nous perdrons de l'argent !

Mais c'est surtout sur la forme que cette opération interroge...

Christian Estrosi avait organisé une consultation sur la privatisation de l'aéroport Nice Côte d'Azur, le 19 février 2015. Et le résultat fût sans appel : 97,5 % des votants se sont exprimés contre la vente des parts de l'État.

Dans la circulaire que le maire de Nice avait envoyée, un peu avant, à chaque électeur (pour un coût de 100 000 €) critiquant la cession des parts de l'État, on pouvait lire :

« Les dangers sont réels, cette privatisation entraînera une baisse de notre attractivité économique et de la fréquentation touristique.

Sans cette maîtrise de l'aéroport, les biens immobiliers des Niçois perdront de 30% à 40% de leur valeur et les grandes enseignes quitteront le territoire azuréen. »

L'État avait finalement cédé ses parts le 30 octobre 2016.

Aujourd'hui, dans la délibération du 12 juillet 2019 vantant les mérites de la cession des parts de la métropole Nice Côte d'Azur, on peut lire :

« Considérant l'évaluation positive réalisée par la Cour des comptes de l'ouverture du capital de l'aéroport de Nice et notamment l'appréciation positive portée par les actionnaires publics locaux aux projets industriels des acquéreurs retenus en 2016 et le fonctionnement serein de la gouvernance de la plateforme aéroportuaire de Nice, [...]

Considérant le haut niveau de service apporté aux passagers et usagers de l'aéroport de Nice Côte d'Azur et l'ouverture de nouvelles lignes permettant, d'une part, d'asseoir la vocation touristique de Nice, de sa métropole et de toute la Côte d'Azur, à l'échelle internationale et particulièrement depuis des destinations à fort potentiel et, d'autre part, de confirmer l'attractivité du territoire métropolitain au bénéfice de l'implantation de nouvelles entreprises, de la croissance et de l'emploi, »

Bref, on peut déceler une légère contradiction entre les propos tenus en 2015 et ceux tenus 4 ans plus tard !

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