NICE / Recrutement politisé

Gérald Simatos, président départemental des jeunes de l'UDI, vient d’être embauché à la mairie de Nice en qualité de Chargé de mission à l’animation des quartiers, sous l'autorité de l'adjoint au maire Rudy Salles, président départemental de l'UDI. Cette nouvelle recrue était également colistier – non élu – de Christian Estrosi aux dernières municipales. Il s’était notamment illustré, pendant la campagne électorale, en vociférant « Retourne dans le formol ! » à l’adresse de Jacques Peyrat, pendant un des débats organisés par Nice-Matin.

Il convient visiblement de rappeler le cadre juridique qui s’applique au recrutement dans la fonction publique territoriale. Tout d'abord, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen a posé un principe fort : « Tous les Citoyens étant égaux […] sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires a apporté une précision : « Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques ».

Bref, le recrutement dans une mairie doit se faire exclusivement au mérite. En principe, après un appel à candidatures, un jury doit être organisé pour sélectionner le meilleur candidat parmi ceux ayant préalablement réussi le concours adéquat [1].

Or, non seulement M. Simatos n’a pas passé le moindre concours… mais il n’a même pas encore fini ses études ! On croit rêver.

Ce type de recrutement discrétionnaire, uniquement fondé sur l'engagement politique du postulant, est une injustice faite aux autres fonctionnaires, notamment ceux qui ont pris la peine de réussir un concours. Il a également pour conséquence de dévaloriser la fonction publique territoriale. Sans parler du coût pour les contribuables !

Pour ces raisons, j'ai saisi le Préfet des Alpes-Maritimes pour qu’il examine de près la légalité de ce recrutement politisé.

Note :

[1] Articles 36 et 41 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.

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