Jean-Christophe PICARD
Attaché principal territorial | Conseiller municipal de Nice et conseiller métropolitain de Nice Côte d'Azur (groupe écologiste) | Membre de l'équipe scientifique de l'Observatoire de l'éthique publique (OEP) | Auteur de "La Colère et le Courage" aux éditions Armand Colin
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Billet de blog 14 août 2013

NICE / La mystérieuse allocation Roms

Jean-Christophe PICARD
Attaché principal territorial | Conseiller municipal de Nice et conseiller métropolitain de Nice Côte d'Azur (groupe écologiste) | Membre de l'équipe scientifique de l'Observatoire de l'éthique publique (OEP) | Auteur de "La Colère et le Courage" aux éditions Armand Colin
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Visiblement, la question des Roms est perçue comme l’enjeu essentiel des prochaines élections municipales, à Nice, tant par l’UMP que par le FN…

En effet, selon le Canard Enchainé, Christian Estrosi aurait déclaré : « Il y avait à Nice une réelle avancée du Front national et une menace, pour moi, de triangulaire plus ou moins compliquée. Avec mon action sur les Roms, j’ai sans doute réussi à l’écarter. Après ça, les municipales seront une promenade de santé. » Au moins, maintenant, c’est clair !

Hier, à Nice, Jean-Marie Le Pen a enfoncé le clou : « Des dizaines de milliers, des centaines de milliers, de ces Roms vont partir pour revenir chez nous pour y trouver le pactole. En effet 75 euros par jour et par tête c'est le miracle pour eux. Et un jour peut-être serez vous obligés de débaptiser la Promenade des Anglais pour l'appelerla "Romenade" tant ils seront nombreux à avoir répondu à l'appel qui leur a été lancé ».

Il est nécessaire de dénoncer, sans attendre, ce mensonge avant qu’il ne répande partout : aucun Rom ne perçoit 75 euros par jour !

En réalité, cette affirmation fait référence à plusieurs d’ordonnances rendues par le tribunal administratif de Lyon, le 4 avril 2013. Mais ces décisions de justice n’ont nullement abouti à créer une quelconque allocation Roms ! Explications… Le juge des référés a, tout d’abord, rappelé « qu’il appartient aux autorités de l’État de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale ». Le magistrat a ensuite considéré que ce droit devait s’appliquer à certaines familles Roms, notamment celles avec enfant. Au final, il conclut : « il y a lieu d’enjoindre au préfet du Rhône de proposer […], dans un délai de quatre jours suivants la notification de la présente ordonnance, un hébergement d’urgence […] ; que, dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte de 75 euros par jour de retard ».

Précision utile : le préfet ayant exécuté cette décision de justice en temps et en heure, aucune somme d’argent n’a été versée aux familles Roms concernées ! Ce dénouement n'a d'ailleurs rien de surprenant : une astreinte n'a pas vocation à être liquidée. En effet, son objectif n'est pas d'enrichir le requérant, mais de forcer l'administration à exécuter une décision de justice.

Lire aussi :

« Bêtes et méchants » (07/07/13)

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