Journée de l'alerte citoyenne, à Bastia : « c'est maintenant que tout commence ! »

L’association Umani a organisé « Sintinelle 2018 : la journée de l’alerte citoyenne », le 12 avril 2018, au Théâtre de Bastia, devant plus de trois cents personnes. J'étais invité à la table ronde « Transformer l’alerte en victoire ».

L’association Umani a organisé « Sintinelle 2018 : la journée de l’alerte citoyenne », le 12 avril 2018, au Théâtre de Bastia, devant plus de trois cents personnes.

Après la projection du documentaire « Meeting Snowden », Daniel Ibanez et Jean-François Bernardini ont brillamment ouvert les travaux..

La première table ronde, animée par Daniel Ibanez, avec Vincent Carlotti, Karim Ben Ali, Colette Castagnoli, David Brugioni et Céline Martinelli, avait pour thème « Alerte, mode d’emploi ».

Pour Vincent Carlotti, coréférent d'Anticor Corse, "il est paradoxal que les voyous repentis disposent d’un statut qui les protège alors que les le honnêtes citoyens qui ont lancé une alerte citoyenne n’en disposent pas et se trouvent, de ce fait, en butte à l’hostilité de ceux que  leurs révélations ont mis en difficulté."

La 2e table ronde, animée par Hélène Constanty, avec Fabrice Rizzoli, Jean-Christophe Picard,  Martin Tomasi, Philippe Pascal et moi-même, avait pour thème « Transformer l’alerte en victoire ».

Fabrice Rizzoli, administrateur d'Anticor, a insisté sur l'intérêt "d'affecter les biens confisqués à des activités d’intérêt général afin de rendre tangible les fruits de la lutte contre la corruption et la fraude fiscale".

J'ai exposé que "la question posée (comment transformer l'alerte en victoire ?) est essentielle car, sans victoire possible, le courage des lanceurs d'alerte ne servirait à rien. En leur donnant un statut, la loi Sapin II reconnait leur spécificité : non les lanceurs d'alerte ne sont pas des délateurs ! Mais cette loi impose aux lanceurs d'alerte de respecter une procédure qui n'est pourtant pas toujours adaptée, notamment lorsque l'employeur est lui-même mouillé. Il reste à espérer que les juges appliqueront intelligemment la jurisprudence actuelle, la loi Sapin II et la future loi sur le secret des affaires..."

Jean-Yves Lucas, membre du Bureau d'Anticor, a fait ensuite une annonce : "Depuis quelques temps déjà, un petit groupe d’une vingtaine d’ONG ‒ dont Anticor ‒ planche sur un projet de création d’une Maison des Lanceurs d’Alerte, sous la forme d’une association. Ce projet est à présent bien avancé : les statuts sont pratiquement terminés et les formes de financement sont en cours de discussion. Ainsi, en amont et en aval, le lanceur d’alerte sera accompagné juridiquement, procéduralement, psychologiquement et financièrement."

Le lendemain et au même endroit, les groupes Incantèsimu et I Muvrini ont donné un concert solidaire. Le final a mis les lanceurs d'alerte et les représentants d'Anticor à l'honneur, derrière une banderole qui proclamait : "c'est maintenant que tout commence" !

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