Selon les critères d'Éric Ciotti, Éric Ciotti n'est pas de droite

Selon Éric Ciotti, « quand on est de droite, on n'augmente pas la dette, on n'augmente pas les impôts ». Cette déclaration est à mettre en perspective avec sa gestion du département des Alpes-Maritimes, révélée dans un récent rapport de la Chambre régionale des comptes...

Le 4 mars dernier, Éric Ciotti a posé un principe fort : « Quand on est de droite, on n'augmente pas la dette, on n'augmente pas les impôts ».

Cette déclaration tombe bien puisque la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur a rendu public, le 12 décembre 2017, son rapport d'observations définitives sur la gestion du département des Alpes-Maritimes, pendant la période 2010-2015, c'est-à-dire pendant la présidence d'Éric Ciotti (2008-2017).

Et ce document contient quelques pépites...

Des impôts et taxes en hausse

Éric Ciotti a toujours nié avoir augmenté les impôts et taxes perçus par le département : « Nous n’avons pas, contrairement aux socialistes, augmenté la fiscalité et nous ne le ferons pas ! » (son compte Twitter, le 19 mars 2015) ; « Nous avons pris des engagements, notamment celui de ne jamais augmenter la fiscalité » (Cnews Matin Côte d'Azur, le 18 septembre 2017), etc.

Le rapport de la Chambre régionale des comptes confirme pourtant l'augmentation de la pression fiscale départementale, sous sa présidence : « La majoration des taux des impôts locaux de 15 % opérée en 2009 conjuguée au dynamisme des bases d’imposition de la taxe foncière, le relèvement au taux maximal de 4,50 % des droits de mutation et accessoirement leur embellie en 2015 ont permis au département d’améliorer l’équilibre de son fonctionnement, qui reste toutefois à surveiller. » Au final, les bases fiscales par habitant du département des Alpes-Maritimes « sont les troisièmes plus élevées de sa strate, après celles de Paris et des Hauts-de-Seine » !

Une mauvaise gestion des ressources humaines

Le rapport révèle également une mauvaise gestion des ressources humaines : « Le retour, à partir du 1er janvier 2016, à une durée de travail proche des 1 607 heures légales, au lieu de 1 582 heures auparavant, devrait générer des économies substantielles, bienvenues dans un contexte de contrainte financière. Le non-respect de la durée légale de travail a suscité pour la collectivité un coût de 2,5 millions d'euros par an, soit l’équivalent annuel de 57 équivalents temps plein, sur la période 2010-2015 ».

Donc, la violation par le département de la durée légale du temps de travail dans la fonction publique, pourtant en vigueur depuis 2004, a coûté aux contribuables la bagatelle de 12,5 millions en cinq ans !

Trop de petits fours 

Avec insolence, les magistrats de la Chambres régionale des comptes préconisent de lever le pied sur les petits fours : « Les crédits affectés aux "fêtes et cérémonies", aux "foires et expositions" et aux "réceptions" offrent également matière à des économies, qui seraient certes de bien moindre ampleur compte tenu de la faiblesse relative du poids financier de ces postes, mais dont la portée symbolique ne saurait être négligée. »

Ces trois postes ont quand même coûté 653 027 euros aux contribuables rien que pour l'année 2015, soit une progression de 45 % en cinq ans !

Une dette qui a augmenté

Le rapport l'affirme : « À périmètre constant, l’encours de la dette a augmenté au cours de la période examinée [2010-2015] de plus de 120 millions d'euros »... soit une augmentation de 13 % en cinq ans !

Bref, Éric Ciotti a augmenté à la fois la dette et les impôts pendant qu'il était président du Conseil départemental. Il faut donc en conclure que, selon ses propres critères, il n'est pas de droite. CQFD

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