Il y aurait déjà beaucoup à dire sur toutes ces spéculations assorties de jugement définitifs, et plus acharnées les unes que les autres à propos du jeu politique intérieur grec et des luttes de tendances au sein de Syriza, venant pour la plupart de nos chantres du souverainisme national.
Faudrait savoir ?... de quoi je te mêle.
Mais bon... passons.
Au delà, s'exprime une bien curieuse aptitude si ce n'est à la solidarité, au minimum de réserve et de sollicitude que devrait inspirer le sort du peuple grec.
L'obsession europhobique joue ici à plein régime. Et Tsipras est coupable de traitrise puisqu'il n'a pas "renversé la table"... pour nous.
Quant à Varoufakis...
En fait, et si l'on comprend bien, peu importe le sort des grecs, pourvu qu'ils fassent le job. La meilleure politique étant, si besoin, celle du pire.
D'ailleurs... très chers grecs, si vous voulez un "plan B", vous n'avez qu'à vous servir, en kit à monter soi-même, ou en sur mesure avec livraison à domicile et assemblage par nos experts, toutes les options son disponibles dans les rayons.
Pour le SAV en revanche...
Désolé mais il va falloir probablement solder.
Car en toute hypothèse socialement et politiquement souhaitable, de "plan B" il ne saurait y avoir et il n'y aura point.
- Ou alors c'est que les fachos auront pris le pouvoir.
Bien dit Maurice.
- Mais alors, la bonne solution, c'est quoi ?
Il faut d'abord entendre Tsipras (j'ai bien dit entendre, pas écouter, entendre, nul besoin de se prosterner, juste entendre).
- Faut pas être sourd quoi ?
C'est cela Maurice.
- Et alors il dit quoi ?
Il parle tout autant à l'ensemble des européens qu'aux seuls grecs. Il le dit lui-même (voir TSIPRAS S'EXPLIQUE SUR STO KOKINO de Pascal Gerin-Roze). Et c'est en effet un exercice d'équilibriste particulièrement délicat et difficile compte tenu du peu de solidarité qui s'est manifestée hors de grèce.
Ici même, dans le mediapartclub il a fallu attendre le référendum du 5 juillet pour que ça bouge vraiment. 6 mois ! 6 mois pendant lesquels à l'abri de toute contestation populaire les guignols de la troïka et les dirigeants souverainement élus de nos nations souveraines ont essayé de dégomer Tsipras et Syriza. Et on vient ergoter sur leurs erreurs stratégiques, sur leur soit-disant reddition ! J'en passe et des meilleures.
- Y'a pas de vergogne.
Tu l'as dit Maurice.
Il faut ensuite admettre une chose, sauf à nier le caractère essentiellement dynamique du fait politique, on ne peut pas savoir à l'avance quelle sera la bonne solution et il est par définition faux de prétendre la détenir ou à quelle échelle et sous quelle forme elle pourra advenir. Et c'est une grosse partie du problème politique que ces solutions toutes faites, brandies comme autant d'appels (venant de gauche, paradoxaux) à la dépolitisation de masse.
Et il faut enfin concevoir qu'il n'y a d'autre alternative à la guerre civile que le multilatéralisme et l'art du compromis, autrefois au sein même d'une nation comme aujourd'hui dans un ensemble trans-national, européen en l'occurrence. S'il est vrai par ailleurs que toute guerre est aussi une guerre civile.
- Et c'est bien vrai.
Merci Maurice.
Donc, pour l'instant, la bonne solution pour les grecs, la seule en réalité, c'est d'exporter leur crise. En fait de la "renvoyer à l'expéditeur". C'est à dire aux institutions croupionnes et coupables de l'UE, volontairement croupionnes et coupables. Naines politiques face à l'oligarchie (pour plus de précisions voir l'excellent billet de Michel Feher).
La bonne solution c'est de jouer la montre et de réveiller les consciences populaires de toutes les nations européennes.
La bonne solution, la seule, comme toujours, c'est de ne pas rester seuls, c'est de trouver des solidarités.
- Et après ?
Après est un autre jour. Les cartes sont rebattues, et à chaque jour sa peine.
Pragmatisme Maurice, pragmatisme.
Mais, et c'est d'une tristesse achevée, il est de coûtume que les faibles se déchirent pour le bénéfice des puissants. Et c'est l'immuable scénario auquel nous invitent les souverainistes de tous poils, de gauche comme de droite. Les uns jouant un drole de jeu, les autres, dans leur partition naturelle et somme toute cohérente.
- Warren Buffet se marre.
Coquin de Maurice.
- Et les surréalistes ?... tu les as oubliés les surréalistes.
Je voulais dire irréalistes.
- Ah... oui... bon... euhhh... tout dépend de quel côté on se place.
En effet.
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Rajout en lien sur le blog de Monica :
"L'Accord Grec commence déjà à perdre ses roues (Frances Coppola)"
... ou comment la Grèce va peut-être réussir en exportant sa crise, à la rendre à qui de droit et à la replacer au bon endroit.
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Rajout complémentaire sur le blog de Pascal Gerin-Roze :
Varoufakis... "L'objectif de Schäuble est d'imposer la Troïka partout, surtout à Paris".