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Billet de blog 2 janvier 2011

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Tenir debout, le chantier : REVOLUTION (et donc... bonne révolution 2011 à tous !)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il est question de tenir debout, en ce début d'année et en dépit des catastrophes annoncées, probables, en cours, accomplies...
Qu'est-ce à dire ?
Il est question de résister, de s'indigner... de s'indigner certes, comme nous y invite Stéphane HESSEL, mais avec quelques chances que ce ne soit pas en vain.
Le diagnostic est établi, clairement... la guerre de classe fait rage.
Elle est inscrite ici, dans les suicides... des jeunes, des paysans, des salariés...
Elle est inscrite ici, dans la misère rencontrée... sur nos trottoirs et dans nos banlieues.
Elle est inscrite dans les échos des lointaines misères de Chine, de Côte d'Ivoire, de Palestine et d'ailleurs.
Elle s'inscrit quotidiennement dans la concurrence contrainte et téléguidée des pauvres de partout avec les pauvres de partout.
"La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter." Waren Buffet
Avec l'aide inespérable d'un président, de ses ministres et de cette bonne vieille madame Béttencourt, les Pinçon Charlot nous ont récemment proposé son portrait en version nationale on ne peu plus réaliste ; un peu plus tôt, Pierre Dardot et Christian Laval nous avaient avertis de l'étendue des dégâts.
"...il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." avait prévenu Patrice Le Lay
Qui peut encore être assez inculte, ou sourd, ou naïf, pour croire qu'il ne s'agirait en fait, comme nous invitent à le penser toutes ces bêtes à concours électoraux qui nous encombrent et nous embrouillent l'esprit avec leurs chamailleries, (qu'il ne s'agirait) que de quelques questions d'intendance. Qu'il n'y aurait qu'à rétablir je ne sais quelle illusoire souveraineté nationale ou européenne, et quelque tout aussi illusoire bulle de redistribution sociale paradisiaque dans un océan de turpitudes planétaire.
Supercheries.
Comme nous y invite Pierre faisons quelques pas avec Simone Weil :
"(...) Par conséquent, la liste des obligations envers l'être humain doit correspondre à la liste de ceux des besoins humains qui sont vitaux, analogues à la faim.
Parmi ces besoins, certains sont physiques, comme la faim elle-même. Ils sont assez faciles à énumérer. Ils concernent la protection contre la violence, le logement, les vêtements, la chaleur, l'hygiéne, les soins en cas de maladie.
D'autres, parmi ces besoins, n'ont pas de rapport avec la vie physique, mais avec la vie morale. Comme les premiers cependant ils sont terrestres... Ce sont, comme les besoins physiques, des nécessités de la vie d'ici-bas. C'est à dire que s'ils ne sont pas satisfaits, l'homme tombe peu à peu dans un état analogue à la mort, plus ou moins proche d'une vie purement végétative.
(...)"


Mais la question n'est plus (l'a-t-elle jamais été ?) de donner à manger à chacun, de l'habiller, de le loger, de le chauffer, de le soigner... tout cela est désormais parfaitement possible et réalisable, les solutions existent et sont connues. Il ne s'agit en effet que d'intendance.
La seule vraie question qui vaille (et qui demeure), c'est de le faire, c'est à dire d'en avoir la volonté, d'avoir en fait la volonté d'assumer notre humanité.
Rien de moins !... mais pas plus !
Alors le problème, c'est peut-être notre incapacité à penser la globalité, c'est à dire la complexité. A ne pas nous laisser aveugler par la matérialité fragmentaire des obstacles apparents d'intendance. Simplifications commodes, mais abusives, leurres du petit bout de la lorgnette, qui nous éloignent paradoxalement du réel, et nous amputent de notre part de réalité immatérielle (au prétexte de réalisme), sans laquelle rien ne peut faire sens, tout n'est que chaos... cynisme et fatalisme.
Ce n'est pas facile il faut en convenir.
Recoller tous les morceaux, mettre de l'ordre, y voir clair... construire un monde.
La guerre des classes est idéologique, d'abord.
Mais... nous avons été alphabétisés, et nous sommes le nombre.
Nous sommes donc capables de mener la révolution idéologique par laquelle et dans laquelle se construisent la civilisation de la connaissance, l'économie de la contribution et le monde plus humain qui doivent advenir en marchant.

Merci d'y participer.

A vos claviers.

( les dernières contributions récentes de Fantie , de Pierre ... et la mienne )

(et puis pour une autre façon d'aborder la question : "L'oeil du tigre visite le Bauhaus" d'Ujamaa)

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