Pédagogie du ruissellement (réédition)

Pour en finir une bonne fois pour toutes, et ne plus prendre un entonnoir pour un arrosoir, brève leçon d'hydrographie.

Le ruissellement est un phénomène universellement connu, il suffit d'avoir un jour fait pipi dans la nature (ou même en ville).
Le mieux étant bien sûr de s'y mettre à plusieurs et si possible sur un sol pentu, tous en ligne, ou en arc de cercle, c'est plus convivial (par exemple, pour les urbains, sur le trottoir d'une rue en pente).

On observe immédiatement un phénomène de convergence.
Le liquide, soumis aux lois de la gravité et du chemin le plus court s'écoule.
Et chaque filet suit le trajet qui le mène au point le plus bas.
Ainsi, de proche en proche tous se rejoignent vers ce point pour former à partir de lui un torrent. Plus ou moins impétueux, en fonction de la pente à dévaler et du nombre de pisseurs ou de pisseuses (on peut même jouer en équipe mixtes pour un peu plus d'hilarité).
Soit une équation à deux inconnues selon laquelle il est parfaitement possible d'évaluer le degrés d'impétuosité du torrent. Pour les plus joueurs, une troisième inconnue peut être rajoutée, déterminée par le nombre de bières préalablement ingurgitées par les contributeurs et contributeuses. Et on voit immédiatement toutes les variantes et expérimentations saugrenues qui peuvent agrémenter ce jeu, on peut même créer des compétitions à handicap, comme aux courses de chevaux, en chargeant plus ou moins les mules en fonction des performances précédentes.

Quoiqu'il en soit le torrent, lui, poursuit sa route tant que le point le plus bas n'est pas atteint. Et en chemin il va enfler, à mesure que d'autres torrents, en provenance d'autres bandes d’allumés, viendront se joindre à lui selon le principe de la confluence. On obtiendra ainsi un cours de pipi bientôt conséquent auquel viendront s'adjoindre des cours de pipi adjacents jusqu'à former une rivière et ainsi de suite jusqu'au fleuve. C'est fractal.
Voici un exemple :

 

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Le périmètre en pointillé délimite ce que l'on appelle "le bassin versant".
Tout en bas, est l'exutoire qui est au point le plus bas du réseau. En amont, à chacune des extrémité du réseau, soit en ses points les plus hauts, il est possible d'imaginer sans risque de se tromper un pisseur ou une pisseuse. Sur cet exemple on peut en dénombrer 39 ce qui n'est pas si mal !

En fait, peu importe, ce qui compte, c'est qu'on voit bien que le ruissellement obéit à la loi de l'entonnoir. Et non pas à celle de l'arrosoir comme quelques esprits malins auraient voulu nous le faire croire.
C'est comme dans les usines, il y a plein d'ouvriers et un seul patron.
Là, ça ruisselle bien.

"Les lois de la physique et des liquidités sont impitoyables" observe Maurice.

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