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Billet de blog 13 juin 2011

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D'impostures en procès d'intention... (épisode Cassen),

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...on n'en finira donc jamais de savourer avec amertume les querelles vaniteuses et inconséquentes auxquelles auront donné naissance les errements théorico-idéologiques des apprentis sorciers découvreurs d'eau chaude d'un certain printemps 2005.
Il semblait acquis qu'il fallait tourner la page, faire contre mauvaise fortune bon coeur et reprendre sans rancune, fraternellement, au prix d'un coup d'éponge consenti de bonne grâce, en dépit du temps perdu, le chemin difficile du réarmement idéologique et de la reconquête.
Et bien non.
Après s'être (et nous avoir) fourvoyés, voilà que les génies autoproclamés de la stratégie politique et de la nouvelle pensée progressiste remettent le couvert en venant polluer de leurs déchirements si prévisibles le débat pré-électoral de 2012 qui n'en a vraiment pas besoin, tant il est déjà passablement embrouillé du seul fait des incohérences et approximations des prétendants déclarés.
S'il y a des victoires à la Pyrrhus, celle de 2005 en est le prototype, qui fut le marche-pied inespéré offert à un certain Nicolas Sarkozy voyant tout d'un coup effacée par la grâce de ses adversaires théoriquement les plus résolus sur sa gauche, l'une des deux armes électorales les plus efficaces de son unique adversaire sur sa droite... un boulevard national.
Il n'est pas interdit de se tromper.
Persister devient inquiétant et pour le coup franchement dangereux, 5 ans ça suffit.
Certains donc, dans un éclair de lucidité viennent faire amende honorable. C'est mieux que rien. Etait-il bien nécessaire de le faire avec tapage ? On peut supposer que c'est à la mesure de leur mauvaise conscience. Soyons magnanimes.
Il en est d'autres par contre qui s'arc-boutent, ne veulent pas en démordre et n'ont visiblement cure des conséquences, pourvu qu'ils puissent faire valoir leur raison et au passage entretenir quelques inimitiés de chapelles avec les précédents.
Ainsi de Bernard Cassen, dans le texte publié sur son blog par Netmamou, et qui vient nous dire : "Dans un texte vieux de 15 ans, au titre explicite, "Et maintenant... démondialiser pour internationaliser" publié dans Manière de voir, n° 32, novembre 1996, je proposais une définition simple de la démondialisation : "Tendre à ce que le périmètre de la prise de décision démocratique coïncide le plus possible avec celui de la capacité de régulation des flux économiques et financiers". Ce qui n'est évidemment pas le cas au niveau européen et encore moins mondial."

Que nous dit-il en fait ?
Il nous dit que la démocratie, le politique doit s'organiser en fonction de l'économie, c'est à dire du marché... soit disant pour pouvoir le réguler.
On peut d'une part se demander s'il est bien raisonnable de prétendre réguler une économie mondialisée depuis le réduit d'un état ?

... on va la réguler localement la division internationale du travail ?
Comme il dit, c'était une définition simple.

Mais... yaka relocaliser ! C'est ça, yaka.

On peut ensuite remarquer que cette définition acte paradoxalement la soumission du politique à l'économie comme moyen d'inverser ce rapport. C'est pour le moins paradoxal, en tout cas discutable. Surtout dans un moment où nous voyons fleurir des mobilisations qui postulent cette inversion et n'en font pas l'objectif de manoeuvres préalables.



Et aujourd'hui en réponse à ses comparses d'hier que dit-il Cassen ?
Il nous dit, la démondialisation... un concept dont seraient préssentis "la pertinence et l'impact".
Oui, en effet, je ne sais pas pour ceux avec lesquels il règle des comptes et n'en ai cure, mais c'est exactement de cela qu'il s'agit pour ce qui me concerne, du mauvais, très mauvais pressentiment de "la pertinence" et de "l'impact"... on verra bien qui ramassera la mise.
Chacun joue avec ce qu'il veut.
Nicolas vient de s'amuser avec l'identité nationale, les roms et l'islam... avec les intentions et les conséquences que l'on sait et que l'on devine.
Personne n'a douté de son innocence et tout un chacun s'est égosillé d'indignation, à juste titre.
Quelques mois après, tant que la place est chaude... allons y gaiement.

On verra bien qui ramassera la mise (re).

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