C'est un peu comme un suicide en direct.
Une histoire de fous.
Nous assistons semble-t-il avec gourmandise et complicité au saccage (la mise à sac) de ce qui pourrait encore être possible, de sorte qu'il n'y aura bientôt plus en effet d'autre alternative que la guerre. TINA.
Et pour cause, il n'y a personne, absolument personne, même ici à Mediapart pour faire entendre autre chose que les sempiternelles conneries toujours rabâchées depuis les tréfonds du nombril national.
Oh si... il doit bien y avoir quelques hurluberlus moitié obsessionnels, moitié vaporeux, comme Maurice, qui soliloquent dans leurs petits coins, mais à part ça... ?
Et bien tant pis. Soliloquons.
Car enfin cette histoire de macronnerie, de frondeurs, de 49-3, de censure de la carpe et du Lapin... cette histoire qui occupe tout le monde et au premier chef ceux qui parlent de tout le monde et font parler tout le monde, cette histoire complètement débile dit la profonde débilité nationale d'un "no futur" finalement très consensuel, et très débile.
Et, de la "gauche de la gauche" jusqu'à Manuel Valls, ils sont bien tous d'accord pour s'enfumer tout seuls et nous enfumer avec eux, jusque dans le théâtre ridicule de leur guéguerre en chambre.
Pour le meilleur profit de Marine... et du petit Nicolas (ou peut-être de son successeur) en embuscade.
Qu'est-ce que c'est que cet agenda politique national de petits narcisses irresponsables ?
Ennivrés d'eux-mêmes.
Qu'est-ce que c'est que ce truc, qu'il faut bien se résoudre à nommer pour ce qu'il est : un véritable foutoir.
On a souvent parlé d'autisme pour caractériser et stigmatiser le comportement de gouvernements insensibles aux bruits qui montent de la rue.
Maintenant c'est non seulement le gouvernement, non seulement l'ensemble du microcosme politico-politicien, mais le bruit de la rue lui-même qui est autiste, lui aussi. Ou du moins ce qu'en rapportent ceux dont c'est la fonction fièrement revendiquée de le nourrir en même temps qu'ils en témoignent.
La collusion médiatico-politique... bon... ce n'est pas la première fois.
Mais là !
Impressionnnant.
Très impressionnant. C'est comme une censure inouïe, quasi-inimaginable, qui fonctionne comme un véritable déni de la moindre capacité à penser.
Et tôt ou tard (probablement assez tôt), ça va se payer, cher.
Ou alors, il faut admettre que ce n'est que le reflet de la réalité.
Et qu'en effet il n'y a plus de pensée, juste de la réaction... action/réaction.
De la réaction aux stimulis, une succession de réactions plus ou moins articulées entre elles, plus ou moins mises ou non en cohérence, au gré de stratégies et d'échecs absolument sans autre queue ni tête que les ambitions d'amibes parasitaires en quête d'un organisme nourricier.
Où je veux en venir ?
Ah oui !... à la fin, quand même... c'est bien joli de le prendre de haut, de toujours donner des leçons, mais comme dit l'autre, c'est quoi ton problème ?
Bon alors voilà, mon problème, c'est que :
Depuis des décennies, en fait depuis toujours, j'ai entendu la gauche (toute la gauche), j'ai reconnu la gauche et je me suis construit à gauche, à travers la dénonciation du "parti du fric", de sa malhonnêteté fondamentale, de son mépris essentiel de l'intérêt général et de la démocratie.
Et depuis des décennies, en fait depuis toujours, je m'emmerde à subir en tant que citoyen de gauche des divisions et des querelles inutiles, sans aucun intérêt, aucune efficacité, aucun résultat, rien, que dale, nada.
Or voilà qu'en ce début de XXIème siècle, peu à peu, viennent enfin à la surface les preuves indicutables, publiques, immenses, des spoliations méthodiques et permanentes infligées à l'immense majorité des citoyens par le parti du fric.
60 à 80 milliard d'euros de fraude fiscale annuelle (rien qu'en France).
Des milliers et des milliers de fraudeurs identifiés (rien que chez HSBC).
Et on nous emmerde avec la dette publique, on nous emmerde avec le coût pour chaque français (rendez-vous compte ma pov'dame) de la dette des grecs.
Et de quoi nous parle-t-on ?
De Macron.
De quoi nous parle Hollande et Valls ?
De quoi nous parle Hamon ?
De quoi nous parle Mélenchon ?
De quoi nous parle la télé ?
De quoi nous parle la radio ?
De quoi nous parle le journal ?
De la loi Macron.
Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel !?
Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas qu'il puisse y avoir un autre sujet politique à l'ordre du jour politique de tous les agendas politiques de gauche, que celui du nécessaire procès public de la fraude fiscale et de la délibération publique c'est à dire politique qui doit le conclure.
Bon... il faudrait aussi et en suivant parce que c'est très précisément lié, parler de la Grèce et de l'urgente nécessité de soutenir les grecs pour transformer l'UE et non pas pour la foutre en l'air. Et en suivant aborder aussi comme il faut la question de l'Ukraine.
Mais ce serait sans doute un peu long...à suivre donc...
Mais en attendant, à ce point, d'anachronisme et d'ineptie du débat politique, du débat public national auquel il nous est donné d'assister, sans doute faut-il conclure, définitivement, à une véritable plongée en débilité ou je ne sais quelle autre psychopathologie collective profonde.
Certains disaient il y a peu "qu'ils s'en aillent tous !"
Eux aussi !