Démondialisation et Europhobie sont le nouveau couple à la mode.
Charmeuses et alertes, elles se promènent en goguette et d'un pas nonchalant,
se dirigent avec appétit vers le grand rendez-vous des prétendants.
C'est au printemps prochain qu'avec éclat elles auront la vedette,
du moins l'espèrent-elles, tournant vers chacun leurs jolies bobinettes.
Démondialisation et Europhobie sont le nouveau couple à la mode.
Jeunesses insouciantes ou courtisanes affranchies ?
Avec ou sans malice, mais que valent donc leurs promesses ?
C'est la grande affaire du jour, on pense on réfléchit,
on se bouscule on s'apostrophe, c'est la grande foire aux délicatesses
Démondialisation et Europhobie sont le nouveau couple à la mode.
Fin du prélude littéraire.
1er mouvement : (pour la fête de la zizique Maurice aurait préféré une ode... tant pis pour lui)
Tout se bouscule un peu, c'est la cohue.
Protectionnisme, souveraineté, démocratie, sauvetage du modèle social, fin de l'euro, fin de l'europe... démondialisation.
Les chroniqueurs bafouillent, les micros saturent... ça fuse de tous les côtés.
Plus démondialisateur que moi tu meurs.
Mais attention, il y a démondialisation et démondialisation.
Faut pas confondre.
Nous, c'est la démondialisation de gauche.
La vraie.
Sociale.
Il s'agit donc d'une hypothèse de sortie de crise, par le haut (ou le moins bas possible) et pour le plus grand nombre, ayant vocation à constituer ni plus ni moins qu'un programme de mandature pour la prochaine présidentielle.
Nous sommes en pleine politique, c'est un projet politique. N'ayons pas peur des mots.
Un projet qui s'offre... au mieux disant parmi les prétendants.
Clefs en main, et avec tous les accessoires : dénonciation des traités et accords constitutifs de l'Union Européenne, abandon de l'Euro, barrières douanières, contrôle des changes, dévaluation, nationalisations etc. etc. tout un arsenal de mécanismes bien huilés, nickel-chrome. (selon sa version la plus élaborée qui semble être celle de Jacques Sapir.)
Nos ingénieurs ont tout vérifié, c'est infaillible, mieux encore que le nucléaire, avec labellisation, traçabilité et tout le toutim.
Mais, à bien y regarder,ce projet politique suppose pour être mise en oeuvre avec succès, par la voie démocratique et dans la perspective sociale revendiquées, d'abord bien évidemment sa validation de principe par les urnes, mais surtout l'adoption d'une série assez complexe de mesures techniques clairement annoncées qui supposent elles-mêmes, à bien y regarder toujours, quelque prélable conséquent.
Comment imaginer en effet qu'un tel projet puisse être validé par une majorité de citoyens toujours soumis au dogme libéral ?
Toujours convaincus :
1. que la recherche du profit matériel personnel est la seule source de bonheur et la motivation première (si ce n'est unique) de tous les individus (citoyens)
2. qu'en conséquent la solidarité c'est du bidon, la vie c'est la loi de la jungle et que le meilleurs gagne,
3. et finalement que l'intérêt général n'est que la somme naturelle des intérêts particuliers, il n'y a qu'à laisser faire et surtout... ne pas faire de politique.
De plus, il procède, en tant que projet politique, par extrapolation depuis les analyses d'économistes, elles-mêmes fondées sur la problématisation de la sauvegarde du modèle social acquis.
Autrement dit, ces analyses sont fondées sur un implicite, un impensé (?) politique : il faut préserver le modèle social... qui n'est rien d'autre que le produit de l'idéologie productiviste et consumériste néo-libérale selon laquelle, il ne faut surtout pas faire de la politique.
Il y a comme qui dirait un peu d'irréalisme et un gros paradoxe.
Mais tout ça ne fait rien, vive le spectacle... comme à la boxe.
Et en avant tous !... il ne reste plus qu'à rouler des mécaniques,
tous sur le pont, prêts pour le mastic, c'est la fête à la Zizique.
Démondialisation et Europhobie sont le nouveau couple à la mode.
La suite au prochain temps de la valse.
Guinchez bien.