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Billet de blog 24 juillet 2015

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Petite plongée matinale dans l'infini.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est un petit exercice qu'il n'est pas malsain de renouveler de temps à autres, ça revigore.
Surtout en période de surmenage comme c'est le cas en ce mois de juillet 2015 où vous êtes coincé entre les étapes du Tour de France et le feuilleton des aventures de Tsipras.
Il y faut une petite préparation à base de temps et d'espace.
Les quantités étant inépuisables vous pouvez vous laisser aller, allez-y donc franchement, robinets grands ouverts soyez généreux.
Quand le bain est à votre convenance, bien dosé (n'hésitez pas à tremper un neurone pour gouter), plongez.
Observez un petit temps d'accoutumance (avec l'expérience vous pourrez l'écourter).
Puis mettez en route votre spéculeur.
Attention, allez-y progressivement, n'appuyez pas trop brutalement sur la pédale, vous risqueriez de mettre le spéculeur en surrégime ce qui provoquerait instantanément une perte de contrôle de la vitesse, avec sortie de route en bout de ligne droite. Et possiblement un impact violent et dommageable contre le platane.
 
Une fois en vitesse de croisière, vous pouvez baisser les vitres et respirer à pleins poumons l'air du large, laissez-vous envahir par la sérénité des lieux et par votre curiosité, c'est ici que commence les choses intéressantes.
(Si vous êtes en bateau, ouvrez les écoutilles et lors de la phase précédente, rappelez-vous qu'à la place de l'honnête platane c'est un écueil sournois).
Vous êtes donc en voyage. Il n'y a plus aucun obstacle et vous allez où vous voulez. Votre vitesse est constante et confortable, assez rapide elle vous permet cependant d'admirer le paysage et ses détails.
Et parmi ces détails vous voyez très nettement votre petite planète terre, toute jolie, toute bleue, vous vous dites qu'avec un petit détour, en regardant bien vous pourriez même apercevoir votre petite maison dans la prairie, ou votre barre d'immeuble dégueulasse, mais vous n'avez pas le temps, votre curiosité n'a que faire de ces banalités et vous entraine toujours plus loin.
Elle a bien raison.
Car plus loin, c'est le début de l'infini.
(A tout hasard, je répète ici ce que j'ai du expliquer à Maurice, l'infini bien sûr n'a pas de début, ni de fin, en revanche votre voyage dans l'infini, lui, a un début et aura une fin.)
Et dans l'infini du temps et de l'espace, soudain vous découvrez qu'il n'y a aucune raison pour qu'il n'existe pas quelque part, dans le présent ou le passé ou le futur et ailleurs comme ici, la même petite planète bleue... identique, en tous points, avec la même petite maison dans la prairie, ou la même barre d'immeuble dégueulasse, identiques totalement... avec les mêmes gens dedans... avec vous, le même, avec la même histoire, la même vie, dans son bain... c'est vertigineux... c'est génial... je ne suis plus seul.
Mais ce n'est pas tout !
Ce n'est même rien, dirait Maurice.


Car si l'en existe un, le même, que moi, s'il en existe une, une autre terre, la même... alors... il faut se rendre à l'évidence, dans l'infinité du temps et de l'espace, en fait, il ne peut y avoir qu'une infinité de mêmes.
A côté d'une infinité de différents qui chacuns ont leurs infinités de mêmes.
Voilà, là, vous ête à point, en état de vapeur, vous flottez dans l'infini, savourez l'inattendue sérénité qui vous gagne...
Bientôt il sera temps de revenir, éventuellemnt en observant quelques paliers de décompression.
Mais grouillez-vous, vous avez rencard à 9 heures et vous n'avez pas pris votre douche.

Il était exactement 7h51.

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